Emue par les révélations autour du décès de Svetlana Gwladys Maganga Boukinda, journaliste de Gabon 24, l’Organisation patronale des médias (Opam) réclame une commission d’enquête indépendante ainsi que la délocalisation de cette chaîne logée au sous-sol de la présidence de la République gabonaise.

Svetlana Gwladys Maganga Boukinda.© D.R

 

Décédée le 27 juin 2019 au Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL), après une courte maladie, Svetlana Gwladys Maganga Boukinda aura marqué aussi bien ses collègues, ses promotionnaires que le monde de la communication qu’elle a intégrée en 2016.

Sa mort ne laisse personne indifférents tant «elle est morte dans l’indifférence totale». C’est cette indifférence qui a d’ailleurs fait réagir l’Organisation patronale des médias (Opam). «Diplômée de l’Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication de Yaoundé (Estic), elle est l’une des premières journalistes à avoir intégré cette chaîne de télévision en 2016. Au moment où elle nous quitte, notre consœur, était en attente de son poste budgétaire depuis trois (3) ans», rappelle l’Opam qui s’est inclinée devant la mémoire de cette consœur «pétris de talents».

Emue par les révélations sur les conditions de travail difficile à Gabon 24, «surtout depuis l’arrivée de son nouveau directeur général, la française Laure Bigourd», l’Opam interpelle le secrétaire général de la présidence de la République qu’il considère comme «le patron de cette administration», ainsi que le ministre de la Communication, le ministre du Travail, tout comme président de la Haute Autorité de la Communication (HAC) pour faire la lumière sur ce décès.

Cette organisation réclame la mise en place d’une «commission d’enquête indépendante, qui fera toute la lumière, aussi bien sur les conditions du décès de notre consœur, que sur les conditions de travail à Gabon 24». Pour l’Opam, «il est intolérable qu’en 2019, des compatriotes excellent dans l’exploitation et la surexploitation de leurs propres compatriotes».

Dans un pays qui clame haut et fort l’indépendance des journalistes et la liberté de la presse qualifiée de quatrième pouvoir, l’Opam estime qu’il est incompréhensible qu’une chaîne de télévision soit logée au sous-sol de la Présidence de la République, un lieu sensible et stratégique. «Ce n’est donc pas un cadre idéal de travail aussi bien pour les employés, que pour les compatriotes invités à prendre part aux émissions», assure l’organisation. Dans cette optique, elle «souhaite la délocalisation de cette chaîne de télévision vers un lieu neutre. Quitte à la présidence de la République qui en est le propriétaire, de prévoir les conditions de sécurité adéquates».

Après l’exposition de son corps à la paroisse Sacré cœur d’Ozangué, puis le recueillement en famille le 4 juillet à Libreville, Svetlana Gwladys Maganga Boukinda sera inhumée ce samedi 6 juillet à Ndendé au sud du Gabon.

Ses collègues gardent d’ailleurs un bon souvenir d’elle. «C’est quelqu’un que nous n’oublierons jamais. Elle était professionnelle, toujours souriante. C’est une journaliste qui cherchait toujours à bien faire son travail», disent-ils. Ils veulent que la lumière soit faite autour de sa mort. «Svetlana Gwladys Maganga Boukinda disait toujours la vérité. Donc je garde le souvenir de quelqu’un qui avait fait de la vérité un devoir. Et, c’est pour nous également un devoir de mémoire de rétablir sur les circonstances de son décès», a déclaré Louis Philipe Mbadinga, ancien rédacteur en chef de Gabon 24.

 
GR
 

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