Alors que le pays dispose de plusieurs textes de loi protégeant la femme de différentes sortes de violences, tout en lui garantissant l’égalité des droits et des chances, la ministre chargée de la Décennie de la femme regrette que «des réticences, voire des résistances» soient encore observées, notamment chez les femmes elles-mêmes.

Estelle Ondo, la ministre de la Famille, de la Décennie de la femme et de l’Egalité des chances, le 7 mars 2019, à Libreville. © D.R.

 

Pour Estelle Ondo, si le Gabon «a le mérite de disposer d’un arsenal juridique favorable à la femme», tout n’est pas gagné pour autant. Bien au contraire ! La femme semble elle-même s’opposer à sa propre émancipation. «Nous avons le sentiment que la femme n’en profite pas assez», regrette la ministre de la Famille, de la Décennie de la femme et de l’Egalité des chances, qui dit ne pas comprendre «à quoi sont dues les réticences, voire les résistances des femmes face aux évolutions qu’elles souhaitent pourtant voir se produire pour elles».

A l’occasion de la célébration, ce 8 mars, de la Journée internationale des droits de la femme, le membre du gouvernement tient à rappeler que dans sa Constitution, «la République gabonaise assure l’égalité de tous les citoyens devant la loi, sans distinction d’origine, de race, de sexe, d’opinion ou de religion». Aussi, se dit-elle convaincue que «dans ce domaine, rien n’est acquis et que les avancées pour l’amélioration des droits des femmes doivent être un combat de tous les instants». Un combat qui oppose d’abord la femme à elle-même.

«Les femmes gabonaises saisissent-elles réellement toutes les occasions qui s’offrent à elles ? Dans les domaines scolaire, professionnel, social, économique et politique ? […] Les femmes ne se construisent-elles pas des chaînes invisibles pour elles-mêmes ? À travers leurs croyances et attitudes ne sont-elles pas des obstacles à leur propre développement ? Ne s’autolimitent-elles pas ? » Ces interrogations d’Estelle Ondo se lisent comme autant de ressorts du combat qui oppose la femme à elle-même.

Pour cette 35e journée dédiée aux droits de la femme, la ministre propose comme thème national : «La perception de Soi, croyances et attitudes : le plafond de verre de la femme». Ce thème lui apparaît comme une interrogation fondamentale pour la femme elle-même, censée permettra à la femme de se remettre en question, afin d’évoluer résolument dans le bon sens et atteindre le 5e objectif de développement durable qui est de parvenir à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des toutes les femmes et filles. Mais Estelle Ondo le sait, «59 années d’indépendance ne sont pas suffisantes pour détruire les stéréotypes et pour déconstruire les attitudes néfastes dans nos communautés».

 
 

0 commentaire

Soyez le premier à commenter.

Poster un commentaire


 

 
 

RECEVEZ LE BULLETIN D’INFOS MATINALES DE GABONREVIEW