Le Syndicat libre des transporteurs terrestres du Gabon (Syltteg) est monté au créneau, le 21 février à Libreville, pour dénoncer les tracasseries policières et les rackets.

Le président du Syltteg, Jean Robert Menié et ses collègues, en gilets jaunes, pour dénoncer les tracasseries policières et le racket, le 21 février 2019, à Libreville. © AGP

 

C’est au marché de Nzeng-Ayong, dans le 6e arrondissement de Libreville, que le puissant syndicat des transporteurs terrestres du Gabon s’est réuni pour pousser un nouveau coup de gueule et dénoncer, à nouveau, l’expansion du phénomène de racket dans les villes du pays.

Vêtus de gilets jaunes, les professionnels du transport interurbain et urbain ont manifesté leur mécontentement afin d’interpeller la conscience collective, mais surtout les autorités du pays face à l’ampleur du racket. Un mal qui ronge dangereusement les marges des entreprises du secteur. Selon le président du Syltteg, Jean Robert Menié, «la situation sécuritaire du pays, les agents des forces de police et de gendarmerie ont élevé les tracasseries policières à un niveau jamais atteint au Gabon».

Syltteg dénonce une démultiplication de barrières de police ou de gendarmerie, aussi bien dans la capitale qu’à l’intérieur du pays. À Libreville par exemple, en partant du rond-point de Nzeng-Ayong pour le centre-ville, en passant par Nkembo et l’ancienne gare routière, on peut tomber sur 7 postes de contrôle dans ce petit périmètre.  Or, rien d’apparent n’explique ce déploiement. Dans les tronçons urbains, ce sont les taximen qui sont les plus contrôlés, contre généralement «un salut du képi» ou un «coca», affirment les gilets jaunes de Libreville. Mais le phénomène impacte négativement tous les professionnels du secteur.

«La multiplicité des contrôles routiers dans l’espace et dans le temps empêche les transporteurs de vaquer sereinement à leur activité ; ce qui impacte le quotidien des populations qui ont d’énormes difficultés à trouver un moyen roulant pour se déplacer», a dénoncé Jean Robert Menié. Ce dernier affirme que «des sommes d’argent faramineuses sont ainsi détournées tous les jours au profit des agents affectés à la circulation routière, appauvrissant ainsi les honnêtes citoyens qui veulent vivre de leur métier de transporteur».

Selon le leader syndical, Nzeng-Ayong est devenu le quartier général du racket à Libreville. Les points de contrôle sont devenus des «points de péage disséminés le long des routes», selon un système appelé «système de numéros». Dans ces «péages», des sommes sont «extorquées tous les jours par les policiers, les gendarmes, les motards de la police, etc. aux transporteurs, qu’ils soient en règle ou non.»

S’il rappelle que le racket est un frein au développement du pays, une asphyxie d’un secteur stratégique, il a annoncé une grande mobilisation des transporteurs terrestres du Gabon dans les prochains jours, laquelle pourrait paralyser les activités dans le pays.

 
 

1 Commentaire

  1. bill ngana dit :

    Le racket est, me semble-t-il, après la corruption, le fruit le plus juteux et le symbole le plus visible de la MAUVAISE GOUVERNANCE. S’il n’existe pas seulement qu’au Gabon, on observe qu’il s’est développé de façon spectaculaire sur notre voie publique et tend, pernicieusement, à devenir une coutume presque banale. Et c’est là son réel danger, qui se décline dans le fait que d’honnêtes citoyens sont braqués légalement par des agents assermentés de la puissance publique dédiés au maintien de l’ordre sur la route gabonaise. Ils prélèvent sur cette voie publique d’énormes sommes d’argent, tellement élevées que chacun voudrait rêver à les voir se transformer en routes, hôpitaux, écoles, soins de santé, etc. Au contraire, ON raconte un peu partout que ces contrôles sont ordonnés par des officiers parmi les plus gradés de nos forces de sécurité ou encore par d’autres éminentes personnalités politiques au-dessus d’eux. Pourtant, sauf si ma mémoire me trompe, je me rappelle avoir eu droit l’année dernière, à toute une théâtralisation télévisée au cours de laquelle on a démontré que les policiers, désormais, vont se désolidariser des pratiques des contrôles routiers illégaux. Ainsi, cette campagne a vécu ?
    Pour être relativement complet, je crois que le législateur doit être pointé du doigt. En ce début de mandature à l’Assemblée nationale, les questions liées au transport des passagers dans nos villes devraient être abordées à plus ou moins brève échéance. Car, à Libreville par exemple, le racket exercé par les forces de l’ordre est devenu l’unique moyen de contrer la liberté des transporteurs à fixer eux-mêmes le prix de leur prestation. Certes au Gabon, c’est l’économie libérale, mais une économie chancelante, mal charpentée. En effet ici, le prix de la course de taxi est fixé légalement, mais qui en tient vraiment compte ? Au contraire, faire référence à ces prix durant une course revient à se voir éconduit dans la seconde qui suit. Tout le monde peut dont comprendre alors la difficulté des ménages à confectionner leur budget mensuel en le faisant reposer simplement sur la mise aux enchères de la course de taxi, la seule alternative pour la majorité des travailleurs et d’autres nombreux citoyens. D’ailleurs, en attendant le législateur, qu’en pense la Mairie ?

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