C’est un lieu commun : journaliste au long parcours, le patron de la Haute autorité de la communication (Hac) n’a jamais été un exemple de probité professionnelle. Sa pratique du métier faisait abondamment usage du mensonge et de l’injure. Une rubrique devra sans doute être créée devant régulièrement analyser sa production antérieure, pleine d’entorses à la déontologique, à l’éthique et à la loi.

© gabonactu

 

Il a géré ou été en lien étroit avec les journaux les plus truculents du paysage médiatique gabonais. Il a très souvent violé la déontologie et l’éthique. Nommé à la tête de la Haute autorité de la communication (Hac), il est aujourd’hui d’une radicale intransigeance envers ses confrères. De sa désinvolture d’hier, un aperçu de la titraille de «La Griffe», son journal, fera foi, tant la chose en preuve abonde dans ses écrits d’hier. Régulièrement, ceux-ci seront désormais analysés sur nos pages web avec les loupes de la loi, de la déontologie et de l’éthique.

Tout en bas : détail d’une bande dessinée illustrant le mensonge portant adultère imaginaire de Jean Eyéghé Ndong. Image juste au-dessus : l’avis d’un confrère qui essuie aujourd’hui les suspensions à répétition. © Gabonreview

Injurieurs publics

Dans les images ci-contre, on voit en effet le journal du père fouettard d’aujourd’hui traiter Alain-Claude Billie-By-Nze, alors porte-parole de la présidence de la République, de «vrai rigolo». Inimaginable de la part du Monsieur-la-rigueur s’étant tout récemment offusqué au point d’exiger notre fermeture pour avoir usé du mot «carriérisme». Arrogant de surcroit sur la même page, il donnait alors au Conseil national de la communication (CNC) une petite leçon lexicale. S’il était alors au poste où il est aujourd’hui et dont il partira forcément, il aurait sanctionné de fermeture le journal s’étant ainsi comporté.

On voit également son journal traiter de «bâtard» Léon-Paul Ngoulakia, cousin d’Ali Bongo et ancien patron du Conseil national de sécurité. Certes, celui-ci est passé à l’opposition, mais l’exigence d’éthique qu’il brandit aujourd’hui ne saurait justifier cette injure. Utilisant, face aux agissements de ses concitoyens, les qualificatifs péjoratifs de «banditisme» ou de «mythomanie», les journaux placés sous sa supervision éditoriale étaient, on le voit, de véritables injurieurs mais aussi menteurs publics.

Menteurs effrontés

L’un de ses titres avait, par exemple, poussé le bouchon jusqu’à la fabrication d’un mensonge selon lequel Jean Eyéghé Ndong, l’ancien Premier ministre passé à l’opposition, avait été surpris en flagrant délit d’adultère dans une maison du quartier Charbonnages avec une femme mariée bien connue du public. Le CNC n’avait pas manqué, en septembre 2012, de suspendre le journal. Déjà à l’époque Gabonreview déplorait la sanction. Toujours dans le mensonge, en janvier 2011, sous le titre «Enfin les forces armées de l’UN», il publia une histoire montée de toutes pièces racontant que l’Union nationale (UN) enrôlait dans l’Estuaire et l’Ogooué-Ivindo pour «se constituer une milice en vue de mener une guerilla». Il n’en jamais rien été dans les faits et aucun leader de l’UN ne fut inquiété à cet effet. Du roman, pour ne pas dire du mensonge pur jus.

Raphaël Ntoutoume Nkoghe se défendra toujours de ne pas avoir son nom dans l’ours des journaux cités, mais plus de 10.000 entrées sur Google l’attestent tandis que Hugues Laffont Beka, présenté comme directeur de la rédaction de La Griffe, lui est resté très proche et se retrouve aujourd’hui au cabinet du président de la Hac.

Profil de l’emploi, DGR

Du fait d’un jeu malsain de manipulation de l’opinion, l’actuel président de la Hac fut convoqué en juillet 2017, certes à l’encontre des procédures idoines, à la Direction générale des recherches (DGR, service de renseignements de la Gendarmerie) par Étienne Massard Kabinda, alors ministre de la Défense nationale et responsable des Affaires présidentielles. Le journal de Ntoutoume Nkoghe tirait alors à boulets rouges sur celui qui était pourtant son patron hiérarchique. Celui-ci voulait juste tirer les choses au clair, en le faisant convoquer à la DGR. Le Zorro de la communication d’aujourd’hui rua dans les brancards sur Facebook : «je n’ai ni volé ni tué. Bref, ce n’est pas Mamba qui me poursuit mais Massard». Il bride pourtant aujourd’hui la liberté d’expression de ceux qui n’ont ni volé ni tué. En tout cas, le moralisateur devenu des médias gabonais n’a jamais rien respecté.

Le média en ligne Info241 n’a pas été démenti qui écrivait, en juin 2018, «Attendu que le président de la HAC doit faire montre d’impartialité et de neutralité dans l’exercice de ses fonctions, Raphaël Ntoutoume Nkoghé semble n’avoir pas le profil de l’emploi.». Le concerné venait alors d’être nommé à la tête de la Haute autorité de la communication (HAC). En une année en effet il s’est transformé en exécuteur des médias, battant tous les records de suspension de médias depuis la création, en 1991, du Conseil national de la communication, régulateur des médias dont la Hac est un mutant. En 14 mois, Raphaël Ntoutoume Nkoghé a sanctionné plus de médias que durant les 27 ans d’existence du CNC. À titre d’illustration, le 24 juillet dernier, il a suspendu d’un seul coup une trentaine de sites d’information pour des raisons qui méritaient une simple mise en garde. La régulation de la situation administrative de nombreux de ces médias ayant été retardée par la lourdeur procédurale du ministère de la Communication.

Contre Ali Bongo

Ntoutoume Nkoghé travaille avec acharnement à donner du Gabon l’image d’une tyrannie rétrograde. On en vient à déduire que les ennemis d’Ali Bongo sont résolument dans son propre camp. Le président de la République regrettait, en janvier 2018 alors qu’il recevait les vœux de nouvel an de la presse, «les fausses nouvelles – les fameuses fake news –, ainsi que des messages de haine et de division entre les filles et les fils de cette Nation». Il faisait remarquer que «tout ceci bien que regrettable, traduit (…) une véritable liberté d’expression dans notre pays, gage de notre démocratie, contrairement à ce que certains parmi nous veulent faire croire. Pour sûr, le Gabon est un pays de liberté d’expression. C’est une réalité incontestable, en dépit des caricatures faites çà et là

Bien au contraire, Ntoutoume Nkoghé travaille à rendre crédibles les caricatures déplorées par le chef de l’État. Faisant la pluie et le beau temps, mais surtout des ouragans dévastateurs sur le paysage médiatique gabonais, le président de la Hac dément péremptoirement le président de la République. Il ne mesure pas les conséquences de son attitude sur l’image du Gabon, «un pays où on bâillonne la presse à tout va, un pays dictatorial», selon le mot d’un confrère européen après la récente suspension du correspondant de RFI au Gabon. Le patron de la Hac fait régresser le pays dans tous les indicateurs internationaux de la liberté. Si la liberté de la presse d’un pays est généralement en corrélation avec les libertés individuelles dans ce pays, sa restriction déteint nécessairement sur le climat des affaires. Bref.

Comment saper le projet de pays émergent d’un chef qu’on prétend servir” ou “Comment ternir l’image d’un pays en le couvrant des oripeaux d’une dictature“. Voilà sans doute les titres des vade-mecum de l’actuel gendarme des médias. Quelques tonnes d’archives existent sur l’homme qui seront absolument compulsées. Inch Allah !

 
 

11 Commentaires

  1. JACK dit :

    DEcidement ce type est une honte pour notre pays.. Voici un exemple d’abus de pouvoir et je me demande si il est vraiment un journaliste et s’il l’avait reellement été, Car il se doit de proteger la liberté d’expression et non de rendre le pays Dictatorial en matiere des libertés d’informer.. y compris les fakes news.. on est assez intelligent pour savoir ce qui est vrai ou pas.
    C’est franchement lui le dictateur !!!
    Pauvre collabo

  2. Gayo dit :

    Est-ce que ce zèle extrême émane de Ntountoume Nkoghé seul ou d’un proche de la famille ou du cercle fermé d’Ali Bongo quand on sait certains ne portent que les titres sans pouvoir? Quand-même curieux que Ntountoume Nkoghé ne soit pas viré bien qu’il enfonce davantage la mauvaise image du régime d’Ali Bongo même quand ce n’est pas nécessaire. L’information de RFI sur Ali Bongo qui aurait été incapable de se lever pour saluer les troupes était presque passé sous silence, sans être commenté mais la sanction de la hache a donné un plus écho à cette phrase qui certainement à fini par attirer plus d’attention de plus de gabonais et des chancelleries. Preuve que Ali aime les collaborateurs stupides. Pour peu qu’il soient zélés pour sa dictature, quelque soit la nature nocive de ce zèle. Voilà un autre : Bilié Bi Nzé dont l’incapacité à tourner sa langue avant de parler à certainement provoqué des frustrations inutiles jusque chez les partenaires du Gabon. J’attends voir Bilié avec l’union européenne dont il avait proféré des paroles méprisante prétendant que leur partenariat ne vaut pas grand chose pour le Gabon.

  3. Mintsa M'Engone dit :

    Il est d’ou ce batard des canivaux ?
    Il est né ou ?
    AU Cameroun ou en Guinne ?

  4. Hô Chi Minh dit :

    Jean François Ndogou,Président du CNC a fait les frais de son éducation sommaire.De ce que l’on sait du système qu’il croît défendre ,”il devient un problème “et à pareille circonstance la se saura d’ici là.Est-il compatible à la réconciliation?

  5. Ah bon !? C’est un “ancien journaliste ” qui fait ça, de l’expression libre soit bâillonnée ! Mais, qu’il est assez STUPID comme dirait un Anglais. Vous autres avez fait mieux de le tailler de toutes pièces. Le métier le plus noble qu’il soit au monde; qui est celui de défendre, l’opprimé, l’oppression dans toutes ses tares, la liberté de vivre, que ce dernier monsieur le “néo chef ” zélé se plaît d’oublier d’où il vient, hein ? Il a vite oublié avec la grosse odeur de l’argent ramassé auprès de Fargeon le dircab de pacotille, qu’on ne chie pas en contre sens du vent, au risque de recueillir toutes les odeurs nauséabondes.

    Voilà, ” qui sème le vent récolte le Tempo “! Il n’a qu’à aller écouter le titre de Solaar, hein.

    Et, vous, les confrères journalistes ne le lâchez pas ! Qu’il coule. Ahahahahahahahah! Comme, il a voulu jouer au Picsou.

    Comme Alfred Lord Tennyson : ” Chercher, lutter, trouver, Ne Rien Céder “.

  6. Leo dit :

    Et voilà… L’homme manque donc d’humilité !

  7. William dit :

    Article édifiant!Qui aurait cru que cela était ainsi là-bas? Je comprends mieux pourquoi je ne vois plus certains visages!!Et quelle idée de mettre ça

    Et voilà !

  8. Mahmat Yahya dit :

    Décidément ce monsieur a le profil même du moralisateur sans moralité!

  9. ENFIN DES COUILLES dit :

    Bonjour GABONREVIEW, je savais que je pouvais continuer à vous lire et vous suivre.
    je suis réconforté par votre courage et votre verbe à ne pas fléchir devant les despotes, les restes de cuisines et les fonds de verres.
    c’est de cette façon qu’il faut réactiver la mémoire de tous ceux qui pensent qu’occuper un pan de l’autorité leur confère l’immortalité ou la mise à zéro de tout ce qu’ils ont fait avant.
    je vous encourage à rester debout et tout faire que je continue de vous lire et vous citer en exemple de bravoure.
    Puisse Dieu protéger chacun de vous matin et soir, ainsi que toutes vos familles en éloignant tous les insectes nuisibles dans vos chemins respectifs.
    Je vous conseille à la suite de votre article de commettre un avocat ou huissier pour que si quelque chose arrive à quiconque de vous, le mal est bien en face.
    Chapeau à vous.

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