Le gouvernement étudierait la possibilité de la mise en place d’une libéralisation complète des prix à la pompe ces prochains jours, excepté le gaz butane et le pétrole lampant.

Le gouvernement envisage la libéralisation complète des prix à la pompe. © Gabonreview/Shutterstock

 

Selon la communication faite le 4 avril par le ministre des Hydrocarbures, Pascal Houangni Ambouroue, le gouvernement étudierait, conformément aux recommandations du Fonds monétaire international (FMI), les possibilités de libéraliser les prix du carburant  à la pompe, excepté le pétrole lampant et le gaz butane considérés comme des «produits sociaux de base». «Le trend à la baisse du baril du pétrole aujourd’hui qui est de 60 à 70 dollars USD, ainsi que la baisse continue de la production nationale qui est passée de 240.000 barils en 2014 à moins de 200.000 en 2019, est la conséquence de toutes les mesures que nous prenons aujourd’hui», tente de justifier le ministre en charge des Hydrocarbures.

Selon Pascal Houangni Ambouroue «lorsqu’on avait un baril à 240 mille en termes de volume, cela nous permettait de facto de faire rentrer beaucoup plus de recettes dans les caisses de l’Etat et ce n’est pas le cas aujourd’hui».

Si l’on peut s’attendre à l’aggravation des inégalités sociales et territoriales avec cette mesure de suppression de la subvention des produits pétroliers, pour le patron des hydrocarbures, l’effet sera contraire, car elle devra permettre de dégager des surplus en terme de recettes pour le financement des actions régaliennes (infrastructures routières, payement de la masse salariale qui coûte chaque mois «70 milliards de francs CFA)».

De cette décision, les consommateurs devront désormais apprendre à vivre avec des prix fluctuants, à la baisse ou à la hausse, à la pompe. Ce mouvement étant fonction de trois paramètres que l’Etat ne pourra plus imposer aux opérateurs du secteur des hydrocarbures. D’abord, le niveau de marge que veut réaliser une station-service sur le litre de carburant. Il sera uniquement lié au niveau de la concurrence dans une zone donnée. Le responsable d’une station-service qui se trouve seul dans une localité donnée, sans concurrent proche, pourra désormais décider sans risque du niveau de sa marge. Le client ne devrait pas s’offusquer en constatant que le prix d’achat d’un litre de carburant passe du simple au double d’une localité à une autre.

«Il y a deux choses: soit nous continuons dans un pilotage à vue sans encadrement aucun, qui nous conduit en récession ou plus loin à la banqueroute, le rôle de l’Etat n’est pas celui-là. Soit, nous prenons toutes les mesures nécessaires, essentielles et indispensables pour notre survie et le bien-être des populations», a averti le ministre des Hydrocarbures. Cette sortie du patron de ce secteur stratégique suggère que les politiques publiques qui ont guidé l’action gouvernementale jusqu’ici en la matière étaient fondées sur «un pilotage à vue sans encadrement aucun».

 
 

6 Commentaires

  1. diogene dit :

    “soit nous continuons dans un pilotage à vue sans encadrement aucun, qui nous conduit en récession ou plus loin à la banqueroute.”
    soit nous continuons dans un pilotage à vue sans encadrement aucun du prix du pétrole, qui nous conduit à une hausse des prix sans précédent donc un appauvrissement des populations fragiles économiquement.
    Le coût des transports va grimper et embourber des pans entiers de l’économie non pétrolière et nous rendre plus dépendant du pétrole qui, en baisse de production, ne peut plus soutenir l’économie qui doit se tourner vers la diversification qu’elle vient de flinguer…Et la boucle est bouclée.
    Moi aussi je veux être ministre pour ne plus réfléchir aux conséquences de mes actes…
    Et puis ne pas suivre les directives inefficaces du FMI, c’est peut être la meilleure solution. Encore faut il avoir ce qu’il faut pour dire non…
    Quant aux 18% de la manne pétrolière indécemment volés par Omar quand est ce qu’on en parle ? Quand la récupère t on ? Etc…
    Les fascistes qui nous gouvernent sont en plus idiots.

  2. EYELE Bayard dit :

    Quel cynisme! Monsieur le ministre ose parler du bien-être des populations, alors que ces dernières sont les premières victimes de cette mesure! Où sont les économies engrangées lorsque le baril était à plus de 100 dollars? Où sont les infrastructures de base construites à cette période? Comme on peut le constater, aucune mesure prise par ce gouvernement n’est de nature à améliorer les conditions de vie et de travail des populations…

  3. Rhody Junior dit :

    C’est tout simplement de futurs hausses déguisées… L’état n’en pouvant plus qu’on lui impute à juste titre le yo-yo des prix à la pompe actuels. Il parle de plus de recette, la non subvention a dégagé les fonds de la caisse de péréquation, cette manne est donc déjà terminée?

    C’est donc avec les prix à la pompe que les missions régaliennes de l’état seront menées avec sérieux? Et vous avez le culot de venir affirmer ça dans un Gabon où un baril a plus de 100 dollars pendant 6 ans n’a été qu’un bal de succession d’éléphants blancs (le tas de sable du bord de mer le rappelle tous les jours).

    Cette mesure veut inévitablement dire hausse démesurée des prix (vu qu’il parle de hausse des recettes pour l’Etat) et n’ayant pas de réelle surveillant de la concurrence au Gabon, les opérateurs s’entendront inévitablement, et nous payeront plus au vu et au su de l’état qui ne voudra rien faire pour nous.

    A nous même de payer ce que notre nonchalance peut supporter, le prix de l’illégitimité du pouvoir gabonais actuel sera payé par chacun d’entre nous. Il ne sera heureux que quand tous les gabonais seront heureux… Émergence 2025… nous y voilà… Merci Ya Ali (à l’unisson avec tous les mineurs qui l’ont accueillis pour 5.000 Fcfa , vous payerez vos études avec une fois qu’aucune bourse vous sera versée après votre bac).

  4. Observateur + dit :

    Faisons très attention aux recettes toutes faites véhiculées par les experts du FMI car ils avancent par essai et par erreur. Autrement dit, il n’ont pas la science infuse. Il est toujours bon de faire une lecture critique de toutes les politiques d’ajustement structurel initiées par le FMI en Afrique et d’en déduire les conséquences sociales.

  5. Mimbo dit :

    Le grassouillet est idiot,c’est cela adhéré au pdg la réflexion disparaît.Quelqu’un me disait:Quand on a été ministre au Gabon sous le pdg ,on est condamné toute sa vie au statut d’incompétent.

  6. Inch'allah dit :

    Je crois que ce gouvernement essaie tout pour trouver le ”point d’ébullution” du peuple gabonais, mais n’y ai pas encore!

    Pour la gouverne de certains badauds: cela implique bien sur l’augmentation de….:
    -du prix des transports en commun (urbain et inter-unrbain…).
    -des denrées sur nos etales au marché
    -du prix du poisson
    – ….etc !

    Le gouvernement attend inconsciemment le point d’ébulution du ras le bol des gabonais!

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