Brice Laccruche Alihanga (BLA), l’ex-directeur de cabinet d’Ali Bongo a été placé en détention préventive, le 13 décembre, à la prison centrale de Libreville. Pour ses avocats, Anges Kevin Nzigou et Pie Makanga, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un «acharnement judiciaire» marqué par «la volonté d’instrumentalisation de la justice à des fins politiques inavouées».

Brice Laccruche Alihanga, menotté et accompagné par les éléments de la sécurité pénitentiaire, le 13 décembre 2019 à Libreville. © D.R.

 

Brice Laccruche Alihanga, ancien directeur de cabinet du président de la République a été placé sous mandat de dépôt et écroué à la prison centrale de Libreville, le 13 décembre dernier. Interpellé le 3 décembre dans le cadre de l’opération anticorruption «Scorpion», qui traque les auteurs présumés de malversations financières, il a été conduit à «Sans famille» pour trois chefs d’accusation : détournement de fonds publics, blanchiment et association de malfaiteurs.

Pour ses avocats, Anges Kevin Nzigou et Pie Makanga, la détention préventive de leur client pue l’acharnement.

Ils estiment que «cette multiplication d’informations pour la même incrimination, à l’occasion de la même enquête préliminaire, trahit l’acharnement judiciaire contre [leur] client et marque la volonté d’instrumentalisation de la justice à des fins politiques inavouées».

Pour soutenir cette ligne de défense, les avocats mettent en relief certaines incohérences qui perforent selon eux ce dossier. «Comment peut-on sérieusement inculper une personne pour des faits de détournements de fonds publics sans indiquer les faits ni le procédé de ce détournement, sachant qu’elle n’est ni comptable public ni ordonnateur de crédit et ne détient aucun pouvoir pour engager les dépenses publiques ?», ont-ils argumenté.

Une machination politique ?

Au-delà de l’instrumentalisation de la Justice et de l’acharnement, les conseils de celui qui n’a été ministre que quelques semaines parlent de règlement de comptes, dénonçant une procédure «inique». «Pour parachever cette volonté manifeste de régler les comptes et pour couronner la violence de cette procédure inique, il a fallu élever l’humiliation à son paroxysme en admettant la presse présidentielle au sein du palais de justice et de la prison, afin de filmer, à 01h du matin, des personnes qui ont occupé de hautes fonctions menottées…», ont-ils fait observer, tout en se demandent si cela était utile.

Pis, ils fustigent le fait que les vidéos de cette incarcération ont été diffusées sur les réseaux sociaux. C’est la preuve, selon eux, d’une volonté manifeste de «jeter en pâture, aussi bien ces personnes que les règles élémentaires du droit à l’image et de la présomption d’innocence».

Pour les avocats du «Messager intime», «ces évènements révèlent, s’il en était encore besoin, la réalité de l’opération scorpion. Une volonté tous azimuts d’écarter du jeu politique et de la scène publique des personnes en délicatesse avec leur propre camp politique, tout en voulant s’attirer les faveurs de l’opinion abusée». Kevin Nzigou et Pie Makanga assurent qu’ils démontreront, le moment venu, point par point «toute cette machination qui fait tant de mal à notre État de droit».

 
 

3 Commentaires

  1. Ikobey dit :

    Le peuple veut des coupables ! cela fait parti des riques du pouvoir.
    Il s’agit de lire les commentaires dans Gabon Review pour juger de la haine qu’il existe chez certains.
    Coupable ou non coupable c’est l’affaire de la justice. L’inculpé doit être présumé innocent. Instrumentaliser le malheur d’un homme est minable, quelque soit le degré de sa responsabilité.

  2. Jean jacques dit :

    Quand je dis le malheur du Gabon ,c’est le Gabonais lui meme.est ce que Allianga etait le premier DC au Gabon?non il y a eu d’autres sous l’ere du defunt Pdt.si on comprend il ne faut pas punir les voleurs? Les pays asiatiques qui ne cessent de croitrent la corruption vous avez la prison a vie. Les voleurs doivent payer leurs erreurs.

  3. Ikobey dit :

    @Jean Jacques
    oui, un voleur doit payer, mais il faut que ce soit la justice qui dit qui est voleur.

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