Près de 9 ans après avoir signé des conventions avec la Suisse pour la formation de plusieurs Gabonais dans des métiers de l’économie du bois, le Gabon semble avoir enterré ses ambitions en la matière. Selon la télévision publique Gabon 1ère qui rappelle cette «affaire», ce projet a tout de même coûté 6 milliards de francs environ au contribuable avant de connaître un arrêt brusque.

Décembre 2015 : René Graf, directeur du Département architecture, bois et génie civil de la BFH, et Florentin Moussavou, ancien ministre gabonais de l’Enseignement technique, renouvelant les contrats. © ahb.bfh.ch

 

C’est une affaire vielle de près de neuf ans que la télévision publique Gabon 1ère a remise au goût du jour récemment : celle d’un gaspillage d’argent public, dont le montant est estimé à 6 milliards de francs CFA environ. L’affaire met en accusation l’État gabonais qui en 2011 avait signé avec la Haute école spécialisée bernoise (BFH), en Suisse, trois Conventions de prestation de service dans le domaine de la formation professionnelle. La partie suisse devait former 44 Gabonais censés devenir à leur tour des formateurs dans leur pays, notamment au sein de l’École supérieure des métiers du bois de Booué.

À l’époque, il avait été convenu, rappelle-t-on sur le site de la BFH, que les «44 étudiants et enseignants gabonais suivront une formation à Bienne entre 2011 et 2018. 24 étudiants suivront des formations de Bachelor à la HESB ainsi qu’aux Écoles techniques du bois, tandis que 20 enseignants spécialisés participent à une formation continue EMBA, s’adressant aux futurs gestionnaires des filières de formation professionnelle dans le domaine du bois au Gabon».

Seulement, de retour dans leur pays, pour la majorité des compatriotes formés, rien ne s’est fait comme prévu. Selon la télévision publique, nombre d’entre eux exercent actuellement hors du Gabon, «entre la Suisse et l’Allemagne».

Pourtant, lancé peu après l’élection d’Ali Bongo, ce partenariat avec la Suisse était un des plus ambitieux que le Gabon avait assuré devoir mener jusqu’à son terme. Pour ce faire, la somme de 1,2 milliard de francs CFA était dépensée chaque année jusqu’en 2015. Le projet était de fournir en formateurs hautement qualifiés l’École supérieure des métiers du bois de Booué, censée ouvrir ses portes en 2015.  Sans véritables explications de la part du gouvernement, les travaux de construction de cet établissement se sont brusquement arrêtés.

Près de 9 ans après, la Cellule de gestion du projet dirigée par Dr Bon Jean Félicien Badjyenda ne compte plus que quatre experts sur les huit qu’elle comptait au lancement. La dernière fois que le gouvernement s’est véritablement intéressé au projet, c’était en 2015, avec la visite de l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur, Florentin Moussavou, aux étudiants gabonais inscrits en Suisse. Depuis, le projet semble avoir été abandonné.

Selon les termes des conventions signées avec la partie suisse, l’ambition de ce projet était de «permettre une meilleure adéquation entre les exigences du marché national de l’emploi et les cursus de formation dans le domaine du bois, garantir une main-d’œuvre qualifiée et assurer la formation de cadres et collaborateurs».

 
 

1 Commentaire

  1. More Bikin dit :

    Quant on est dirigé par des bagandos cela donne ce genre d’incongrutes.
    Ce n’est pas du gaspillage. C’est du vol comme à leur habitude.

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