En bisbille avec la Gabon Special Economic Zone SA (GSEZ) depuis sa décision de suspendre le contrat d’acquisition du bois récupéré qui les liait depuis avril 2018, des exploitants forestiers locaux ont invité, jeudi, le ministre d’État à la Forêt à plaider leur cause auprès de leur ex-partenaire.

Moment de la rencontre entre le Guy-Bertrand Mapangou, Franck Nguema et les «petits» exploitants forestiers. © Gabonreview

 

Les chefs de file de la CGPMEI et de l’UFG, le 7 mars 2019. © Gabonreview

En dépit de la décision prise par l’État, en mars 2018, d’interdire la coupe du Kevazingo, un bois précieux du Gabon, grâce à la facilitation de la direction générale des Forêts (DGF), un contrat avait été signé un mois plus tôt entre la GSEZ et la Confédération générale des petites et moyennes entreprises et industries (CGPMEI). La GSEZ s’était engagée à racheter le bois récupéré au sol par la confédération d’exploitants pendant une durée de 6 mois. Leur affaire a mal tourné au bout de 2 mois seulement. La GSEZ ayant décidé de rompre le contrat. À la faveur d’une rencontre, jeudi 7 mars, avec le ministre d’État Guy-Bertrand Mapangou et son délégué Franck Nguema, Emmanuel Nzue, président de la CGPMEI, a informé que «trois plaintes pour détournement et faux en écriture ont été déposées au tribunal de Libreville». Ce qui n’est pas pour ramener la sérénité dans les rapports entre les deux anciens partenaires.

Pourtant, c’est précisément dans le but d’un éventuel retour à la sérénité avec leur ancien partenaire que la CGPMEI et l’Union des forestiers gabonais (UFG) ont invité le ministre d’État à la Forêt et à l’Environnement à intercéder à leur faveur, en vue de la reprise de leur activité de récupération et de vente de bois. «Nous sommes venus pour vous demander votre aide. Donnez-nous un délai pour terminer la récupération du bois», a presque supplié Nestor Menie me Ngomo, chef de file de l’UFG, disant avoir dans son groupe des jeunes entrepreneurs «endettés, asphyxiés, certains au bord de la prison». Il n’a pas moins assuré avoir été exempt de reproches durant la collaboration avec la GSEZ. Ce qui n’est pas forcément le cas de la CGPMEI, dont le responsable a d’ailleurs présenté s’est excusé, y compris pour le sit-in organisé en janvier dernier à l’entrée du bâtiment abritant le ministère de la Forêt et de l’Environnement.

S’il leur a promis de réfléchir sur leur demande de médiation, Guy-Bertrand Mapangou ne les a pas moins invités à son tour à opter pour «la tempérance». Pour le membre du gouvernement, l’action en justice de la CGPMEI est clairement un frein à préalable aux discussions susceptibles d’être organisées par ses soins. D’autant que, selon lui et conformément aux clauses du contrat la liant avec la GSEZ, la confédération s’est «comportée maladroitement» vis-à-vis de son ancien partenaire et vis-à-vis de l’administration publique et particulièrement de la DGF qu’elle s’est évertuée à «peindre en noir» ces derniers mois.

Dans le but de permettre aux petits exploitants de reprendre leur activité avec ou sans la GSEZ, Guy-Bertrand Mapangou leur a conseillé de réfléchir sur «la possibilité d’évoluer individuellement», plutôt qu’au sein d’une structure. D’autant que, selon lui, les différentes PME regroupées au sein de l’UFG et de la CGPMEI ne font pas forcément face aux mêmes difficultés. «Je ne suis pas contre le fait de vous regrouper, mais il vaut peut-être mieux évoluer chacun de son côté, tout en ayant une structure capable de défendre vos intérêts, aussi bien face à l’État qu’à votre partenaire», a estimé le ministre d’État.

Pour justifier sa suspension de contrat avec les exploitants forestiers gabonais, la GSEZ a argué que la CGPMEI ne lui avait pas livré le bois comme convenu. Or, selon l’article 9 dudit contrat, l’acquéreur a le droit de résilier l’accord par une simple notification sans avoir à payer quoi que ce soit. Guy-Bertrand Mapangou n’a pas manqué de relever que ce contrat était des plus perfectibles. Il semble d’ailleurs que la CGPMEI ne l’a pas lu attentivement.

 
 

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