Selon le rapport publié en décembre dernier, par le bureau de surveillance et de lutte contre la traite des personnes du département d’État des Etats-Unis, les autorités gabonaises «ne se conforment pas entièrement aux normes minimales pour l’élimination de la traite des personnes, et il ne déploie pas d’efforts appréciables dans ce sens».

Les autorités gabonaises «ne se conforment pas entièrement aux normes minimales pour l’élimination de la traite des personnes». © D.R.

 

L’évaluation de la traite des personnes ainsi que les moyens mis en œuvre par les autorités gabonaises pour l’application des normes minimales de la loi sur la protection des victimes de la traite (TVPA) sont jugées insatisfaisantes par le bureau de surveillance et de lutte contre la traite des personnes du département d’État des Etats-Unis.

Le Gabon n’a condamné aucun trafiquant

Malgré la ratification du protocole sur la prévention de la traite des personnes et également la convention sur les droits des Enfants et la convention sur les droits de la femme et, au plan national, l’adoption de la loi 9/2004, le Gabon est classé au niveau 3 des pays dont les gouvernements ne respectent pas pleinement les normes minimales et ne déploient pas d’efforts importants pour le faire. Il y est avec le Burundi, Comores, République démocratique du Congo, République du Congo, Guinée équatoriale, Érythrée, Mauritanie et Soudan du Sud.

Selon le rapport du bureau de surveillance et de lutte contre la traite des personnes du département d’État des Etats-Unis, le Gabon n’a encore condamné aucun trafiquant et pour la cinquième année de suite, n’a pas promulgué une proposition d’amendement visant à ériger la traite des adultes en infraction criminelle. Par ailleurs, pour la quatrième année de suite, le gouvernement gabonais a réduit le montant des fonds affectés aux services aux victimes, il n’a pas intensifié ses efforts pour identifier des victimes adultes, les orienter vers une prise en charge ou leur apporter des services, et il n’a pas mené de campagnes de sensibilisation du public.

Recommandations du département d’Etat américain

Face à tous ces manquements, le département d’Etat américain a émis des recommandations à l’endroit des autorités du Gabon, pour une lutte efficace devant permettre de s’attaquer de manière viable et durable au problème de traite des personnes. Il s’agit entre autres : d’accroître les efforts pour poursuivre et condamner les trafiquants, notamment les responsables publics coupables de complicité et les personnes s’étant rendues coupables de traite à des fins sexuelles ; mettre à profit les articles en vigueur du Code pénal qui criminalisent le travail forcé pour enquêter sur les trafiquants qui exploitent les adultes dans le cadre du travail forcé, les poursuivre en justice et les condamner ; rédiger et promulguer une législation qui érige en infraction criminelle toute forme de traite des personnes ; renforcer la formation des travailleurs sociaux, agents des services de répression, inspecteurs du travail et membres du personnel judiciaire pour inclure l’identification des victimes de la traite des adultes et les enquêtes à ce niveau…

Selon le rapport du département d’État américain, la TVPA définit les «formes graves de traite des personnes» comme suit : trafic sexuel dans lequel un acte sexuel commercial est provoqué par la force, la fraude ou la coercition, ou dans lequel la personne incitée à commettre un tel acte n’a pas atteint l’âge de 18 ans ; ou le recrutement, l’hébergement, le transport, la mise à disposition ou l’obtention d’une personne pour le travail ou les services, par le recours à la force, à la fraude ou à la contrainte, dans le but de le soumettre à une servitude involontaire, à un empoisonnement, à un esclavage ou à l’esclavage.

 «La traite des êtres humains représentait une entreprise annuelle de 13,1 milliards de dollars américains en Afrique. Cette vague a été identifiée en 2014 lors de la migration de milliers d’Africains vers la Méditerranée», indique le Centre africain pour les études stratégiques.

 
 

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