Comment un petit neveu, 100% Chinois, de Jean Ping, arrivé au Gabon dans les années 80, est devenu un pirate gargantuesque dans le Massif du Mayombe et le corrupteur des hautes sphères étatiques. L’ancien candidat à la présidentielle ayant été son facilitateur et lobbyiste, le dévastateur hors-la-loi des forêts tropicales lui en est naturellement reconnaissant : il paie tout pour lui, y compris la campagne électorale de la présidentielle de 2016.

Le Groupe Dejia, entreprise du neveu de Jean Ping excelle dans la surexploitation et la coupe des espèces non autorisées au Gabon et au Congo. © YouTube

 

«Commerce toxique : La criminalité forestière au Gabon et en République du Congo qui contamine le marché des Etats-Unis», tel est l’intitulé d’un rapport de l’Environmental Investigation Agency, Inc. (EIA). Si Gabonreview en a livré l’aspect essentiel, le document de 84 pages comporte des données inédites sur Jean Ping, l’ancien président de la Commission de l’Union africaine.

Un empire érigé sur la corruption, l’évasion fiscale et les infractions forestières

Il est notamment question des liens du candidat à la présidentielle gabonaise de 2016 et des facilitations qu’il a opérées au bénéfice du Groupe Dejia (prononcer «deh-ja»), holding forestière des plus importantes parmi les producteurs et exportateurs de bois d’Afrique centrale. Celle-ci exploite essentiellement les forêts du massif du Mayombe, avec une production estimée, entre 2013 et 2016, à environ 323 885 tonnes de bois «dont 17% provient du Gabon et 83% de la République Congo».

La couverture du rapport de l’Environmental Investigation Agency, Inc. (EIA). © Gabonreview

Créée par le magnat chinois Xu Gong De, cette structure aurait, selon le rapport, «fondé son modèle entrepreneurial sur une pléthore de crimes. [Elle] a continuellement enfreint les lois forestières les plus fondamentales, se moquant des lois régulant l’export de grumes et détournant des millions de dollars dus au titre de l’impôt sur les sociétés au Gabon et en République du Congo». Conglomérat chinois de sociétés forestières parmi les plus influents d’Afrique, le Groupe Dejia règne ainsi sur un empire érigé sur la corruption, l’évasion fiscale et de multiples infractions forestières.

L’enquête qui a bénéficié des contributions d’Earthsight et de l’aide financière de nombreuses organisations écologiques internationales, indique que s’il n’était pas du tout un vaurien en Chine, puisqu’appartenant à une famille de riches commerçants, Xu Gong De s’est établi en Afrique centrale à la fin des années 1980. Il y a été attiré, sinon encouragé à y venir, «par son proche parent, M. Jean Ping, qui était à l’époque le Chef du cabinet d’Omar Bongo, président du Gabon de 1967 jusqu’à sa mort en 2009». A l’époque, il n’y avait encore que très de peu de Chinois dans le pays.

Protégé et aidé par Jean Ping, «son grand-oncle», le futur magnat du bois tropical «a mis sur pied un réseau florissant de magasins de produits alimentaires et une société d’importation de produits alimentaires avant d’investir dans le secteur du bois. Fort de son succès économique et de ses relations politiques de haut niveau, il s’est rapidement positionné comme une figure centrale du commerce de bois entre l’Afrique et la Chine. Au début des années 2000, M. Xu était déjà considéré comme l’un des expatriés chinois les plus influents de la région.»

Pots-de-vin, financement de campagne électorale

L’entreprise du neveu de Jean Ping va exceller dans les «pots-de-vin fréquents versés à un vaste réseau de responsables, y compris certains ministres», mais surtout dans la surexploitation et la coupe des espèces non autorisées au Gabon et au Congo ainsi que dans le non-respect de ses obligations légales. Le rapport parle également d’«usines de façade et [de] la farce des quotas d’exportation», aussi bien au Gabon qu’au Congo où l’entregent de Jean Ping l’a également très bien installé et où se déroule désormais la majeure partie de son activité.

Heureux de ce qu’il a pu devenir grâce à son «son grand-oncle», Xu Gong De est résolument reconnaissant. Il est et reste, toujours selon l’enquête, le principal financier de l’ancien candidat à la présidentielle. «En échange de son soutien politique et de ses nombreuses relations en Chine et en Afrique, M. Xu, qui n’est autre que le neveu de M. Ping, aurait été le principal financeur de la campagne présidentielle de M. Ping en 2016 au Gabon, comme des responsables du Groupe l’ont expliqué aux enquêteurs d’EIA», peut-on lire dans le rapport d’enquête. Mais aussi que Ping «ne parle pas chinois, mais le gouvernement chinois lui accorde beaucoup d’importance. C’est pour cette raison qu’il est devenu le président de l’Union africaine.» D’ailleurs, un responsable du Groupe Dejia explique que «Jean reçoit de l’argent de lui [M. Xu], il paie pour tout».

Précision : l’enquête et le rapport qu’il a généré ne visent en rien Jean Ping, pas plus qu’ils ne l’incriminent personnellement. Ses conclusions révèlent que l’un des groupes forestiers les plus influents d’Afrique, conglomérat de sociétés collectivement dénommées Groupe Dejia, a fondé son modèle entrepreneurial sur une pléthore de crimes. La holding de Mr. Xu Gong De, neveu de Jean Ping et magnat chinois devenu, «a continuellement enfreint les lois forestières les plus fondamentales, se moquant des lois régulant l’export de grumes et détournant des millions de dollars dus au titre de l’impôt sur les sociétés au Gabon et en République du Congo.» Le rapport est une dénonciation de l’exploitation forestière illégale et du commerce illicite qui sont une menace grave pour le basin du Mayombe, l’un des poumons du monde, avec des impacts sévères sur le climat, la biodiversité, les économies fragiles des États producteurs et les moyens de subsistance des peuples autochtones.

 
 

23 Commentaires

  1. Jacouille dit :

    Article acrimonieux haineux, à charge et sans preuve . Gabon review cet article ne vous ressemble pas. Vous pouvez dénoncer mais avec plus de professionnalisme.

    • Pirate 241 dit :

      Et Gabon Review ne caressa pas le Bon Dieu dans le sens du poil. Et les inconditionnels haineux, intolérants, pourtant démocrates auto-proclamés, vont faire feu de tout bois sur les pauvres journalistes qui ne font que relayer un rapport signé qui cite des noms. On en vient même à dire qu’il n’ A pas de preuves. Pourtant c’Est simple, attaquez-vous à l’organisation qui a mené l’enquête, le livre est pourtant en téléchargement dans l’article. Aahh ces œillères, il faut parfois les enlever oohh.

    • Fayo dit :

      Article et rapport écrit par un Téké supporter d’Ali. Le manque d’objectivité et de reparti sauté à l’oeil nu. Eh bien, si ce chinois détruit la forêt gabonaise encore aujourd’hui il faut s’en prendre à Ali Bongo et son administration médiocre et corrompu. C’est lui qui est aux affaires. Est-ce un crime d’aider un parent à faire du business ou d’être financé par ce dernier (on attend les preuves)? Eh bien non, sachant que les Bongo eusent de pression pour forcer la plupart des entreprises à contribuer pour la campagne du PDG lors des présidentielles.

  2. Hô Chi Minh dit :

    Alors en quoi c’est nouveau ,sa belle famille(les Bongo) ont procédé pendant plus de 50 ans de la même manière,son initiation dans la mafia locale s’est faite au sein de cette famille d’affairiste sans foi ni loi.Comme les Bongo, il n’a aucun projet pour le pays ,mais pour ses affaires oui.

  3. Paul Ndong dit :

    La seule information est que l’on sait désormais qui a financé la campagne de Ping. J’espère sue personne n’a jamais pensé qu’il avait gagné au PMUG.

    • Plutonium 241 dit :

      Merci à @Paul Ndong qui vient nous prouver que finalement sommes bcp d’idiots à qui on a fait croire qu’il devait tout aux bongo parce que mm sil avait gagné au PMUG en fait ce serait ca. Nous espérons aussi que notre expert es financements de campagnes électorales ne nous dira pas un jour que cette entreprise chinoise ou une autre (à qui ont a quasiment donné la SNBG ou feue POGAB )ont financé la campagne de son rival échoué (intellectuellement ,politiquement et mm physiquement) ça prouverait juste Personne ne sort étincelant d’un combat dans la bourbe quoi …

  4. Fayo dit :

    Dans un pays où le marché est limité, Gabonreview fait du business. Donc quand il y a des espèces sonnantes et trébuchantes, il peut arriver des articles comme ceux-ci, complètement à des années lumières de sa ligne éditoriale et ça se comprend. L’environnement économique, politique et social du Gabon est difficile et violent. Un dure combat de tous les jours garder les valeurs et ne pas tomber bas. Nous espérons que ce média qui a été reconnu pour ses efforts d’objectivité et d’impartialité même lors de la campagne de 2016 par des organismes d’évaluation fiables ne se fera pas acheter comme Gaboneco que je n’ai plus regardé depuis 2 ans alors que j’étais un lecteur assidu avant qu’il ne soit corrompu et acheté par les éléments du pouvoir. Si Gabonreview est le site gabonais le plus lu, c’est parceque il y a encore un semblant d’objectivité, un minimum du sens de la répartie, d’honnêteté intellectuelle, de la qualité et non par hasard.

    • gabonreviewadmin dit :

      Donc pour être objectif, il ne faut pas relayer un rapport citant Jean Ping et même pas réalisé par nous mais par des organisations internationales et indépendantes ? L’objectivité c’est donc de ne jamais rien dire de Ping qui fâcherait notre lectorat de l’opposition ? Il y a quelques jours, on disait ici et sur notre page Facebook que Jean Ping nous avait payés pour écrire un article relevant quelques bizarreries sur l’arrivée d’Ali Bongo à Libreville. Serions-nous donc des prostitués mangeant à tous les râteliers ? Ça se saurait. Ce que vous ne savez surtout pas, c’est notre fameuse ligne éditoriale. La rédaction sait qu’elle s’y conforme en parlant de tout. Sinon, merci de continuer à nous suivre.

    • Nzigou dit :

      Fayo. Vous êtes un idiot

  5. bassomba dit :

    Ping est parmi les gens qui ont mis ce pays par terre.

  6. Bibang Serge dit :

    On sait qui auraient été les nouveaux Olam et Gagan Gupta.

  7. DJIEMBI KOUMBA dit :

    Quelle est la situation sociale et politique du Gabon en ce moment? Quelles sont les visées et la pertinence de cet article à cet instant précis?
    Il est parfois impertinent d’enfoncer les portes grandement ouvertes même lorsque les confrères gestionnaires et économistes disent qu'<>.
    Depuis juin 2016 et surtout depuis le 24 octobre 2018 à ce jour, 28/03/2019, la presse locale et internationale (Cf. LUNION, gabonreview.com, … Africatime, RFI, …) présente un Gabon en proie à une crise multiformes et surtout institutionnelle.
    En effet, dans leurs manchettes sur Gabon (de 2016 à mars 2019), ils prouvent à suffisance que le pays est à la conquête d’une notoriété réelle (élection truquée au Gabon, coup d’état électoral, annulation des résultats de Ping dans les arrondissements …, communication tardée des résultats revisités du Haut-Ogooué, Ali Bongo Ondimba victime d’un AVC en Arabie Saoudite, … éphémère coup d’état de 2019, tentative ou volonté insidieuse de la modification de l’article 13 de la constitution, vacance de pouvoir, retour du PR au Gabon après sa convalescence au Royaume Chérifien, incertitudes : nécessité d’une expertise médicale ; bain de foule attendu et autre ).
    Au regard de ce cumulus entretenu, le besoin de la nation est clair :
    – Lui trouver un Président de la République mu de ses capacités physiques et cognitives et, capable de mener à bon port le bateau Gabon actuelle en pleine déperdition ;
    – Réhabiliter l’image du Gabon d’hier qui ne saurait se justifier à travers des allégations haineuses et diffamantes.
    Cette communication <> aurait été plus parlante et acquis les consciences en errances si elle était accompagnée d’une statistique conséquente et, ignorée la proximité parentale du Président Ping avec Mr Xu Gong De. Mais, en voulant trop accoler à l’allégeance, on dévoile piteusement ses incongruités.
    Car en voulant salir et noircir au mieux Mr Jean Ping, l’auteur ne nous convint.
    Le texte nous apparait plus comme une publicité de réhabilitation de couloir. Qu’à cela ne tienne et comme je le dit souvent : En définitive, à qui profite le crime ?

  8. Moussavou Jacques dit :

    Vous criez quoi… ? Tout le monde sait que Ping est l’un des hommes politiques les plus corrompus de l’histoire de ce pays…. Renseignez vous et vous saurez tout ce qu’il a encouragé et soutenu dans le secteur pêches avec son protégé Louis Gabriel Pambou, qui était inamovible DG. Avec sa chérie Pascaline, ils sont allés jusqu’à s’accaparer l’argent que l’Union européenne et le Japon versaient pour avoir le droit d’envoyer leurs thoniers au large du Gabon. C’est en 2011 que ce cirque a pris fin sous la pression de la Norvège, qui exigeait que cet argent soit inscrit au budget de l’État. Comme Ali et Ping c’est pareil, Ali à voulu faire la même chose et il a introduit l’Île Maurice dans la danse. ‘C’ est même la principale cause de rupture entre les deux beaux frères. “Ils veulent m’emmerder, je vais les emmerder”, dixit Ping en février 2014 à Wenzhou. Ne poussez pas les gens à parler

    • mbwarra dit :

      suggérer que les voleurs au pouvoir lutte contre la corruption… serait comique si ce n’était indécent, quand on connaît les positions dans plusieurs dossiers depuis plus d’1 demi siècle… Les fake news ne sont souvent en matière économique aussi.

  9. Olsen dit :

    Mr Tokyo YOBANGOYE permettre à un proche d’obtenir des marchés est désormais un crime au GABON? Je crois que vous vous serrez limitter à dénoncer l’exploitation anarchique de nos forêts par cette société chinoise et des pots de vins verser en contrepartie au Ministre Estelle ONDO et Mr Jean Denis TSANGA à l’époque Gouverneur du Haut-Ogooué je n’aurai rien eu à redire car, ce sont ses deux personnalités qui sont citées comme complices dans ledit rapport publié également dans http://WWW.GABONMEDIATIME.COM et http://WWW.GABONACTU.COM. Mais, j’ai du mal à établir le lien entre l’exploitation anarchique de nos forêts et la contribution financière d’un neveu à la campagne présidentielle de son oncle car, si les faits de déstruction de l’environnement et de surexploitation de nos ressources sont constatés elle ne sont en auccun cas imputable à Mr PING mais, bien à cet opérateur véreux et, aux personnalités ci-dessus cités et à certains hauts fonctionnaire du Ministères des eaux et forêts comme préciser dans ce rapport. Aussi j’ose croire que cet article apparemment à charge contre Mr le Président élu n’est pas commendité.

    • Moussavou Jacques dit :

      @Olsen. Quand on ne sait rien on la boucle. Oui, quand on est aux affaires, permettre à un proche d’obtenir des marchés est un délit. Ça s’appelle trafic d’influence

      • Akébé Vite !!! dit :

        On se frotte les yeux… Quand on a un passif aussi parlant dans ce genre d’affaires voire pire (genre,un parent nommé à la SNBG la met en faillite sans suite, ou mon dir cab est un ancien taulard qui a spolié notre banque qui elle même spolie l’état) on essaie au moins de faire profil bas, surtout pour sortir des arguments aussi faiblards. Un concentré des erreurs de la bongomaboulie sur ce dossier : magouilles, contretemps, arrogance et mensonges.

        • Moussavou Jacques dit :

          @Akebe vite. Vous croyez que Environnemental investigation agency est dans vos petites magouilles politiciennes ? Vous êtes un blogueur

          • Akébé Vite !!! dit :

            Je sais pas pour vous mais Je ne suis ni blagueur ni blogueur donc je me passe de ce que peut faire votre Environnemental investigation agency surtout si elle n’ouvre les yyeux que pour la nature moi j’ai des parents qu’on tue mais C’est toujours bien d’apprendre qu’il y a une caste d’intouchables qui ont droit de vie ou de mort sur les autres ! De quoi le pouvoir actuel a-t-il peur, les découvertes nauséabondes ne sont peut-être pas finies ! Une vraie pièce de théâtre de boulevard meme pas triophal cette gouvernance , il y a toujours quelqu’un pour la relancer plus bas. Vue votre connaissance en matière de magouilles Peut-être qu’un jour vous serez l’acteur du film peu comique “la République BB (bananière et bongolandienne)

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