Éditeur des journaux “La Loupe”, “L’Aube” et “Moutouki”, tous suspendus par la Haute autorité de la communication (Hac), le Groupe Oloumambe a mis en kiosque un nouveau-né, ce 10 janvier 2018. Nommé “Le Dernier Cri”, le nouvel espace de liberté est présenté par ses promoteurs dans son tout premier éditorial, ci-après publié intégralement.  

© D.R.

 

ÉDITORIAL : «LE DERNIER CRI DU PEUPLE» !

La toute première livraison de “Le Dernier Cri”. © D.R.

Le peuple a toujours raison. Tout au long de l’histoire et ses aléas euphoriques ou malheureux, en lui s’est trouvée l’ultime solution aux crises politiques nées de l’égoïsme des hommes. Au milieu de la répression, contre le feu de l’arbitraire, quand tout lui est confisqué jusqu’au droit même de s’exprimer, il lui est resté ce seul bien précieux : le cri. La colère, l’indignation, la protestation, et jusqu’aux convictions bridées par un pouvoir despotique passent par cet élan qui sourd du plus intime de l’individu aux prises avec son destin.

Au moment où les fragiles acquis de notre démocratie sont en train d’être vendangés, que l’état de droit se rétrécit et vacille sous la confusion des genres institutionnels, il est un devoir patriotique de crier. Crier la soif de liberté, crier l’aspiration à de justes institutions, crier le désir d’un meilleur vivre-ensemble, crier l’avènement d’une alternance politique.

Le Dernier cri donne la parole au peuple. Il cristallise les frayeurs, les témoignages, les utopies fulgurantes, la foi naïve et assumée des fils et filles du Gabon. Le dernier cri, celui-là que la jeunesse pousse dans l’indifférence d’un gouvernement démissionnaire. Poussée d’humeur que les Makayas opposent à un pouvoir démuni de solution, c’est une fièvre permanente qui voudrait faire tomber la température en élevant la voix. Eloquence des tripes plus que de la raison, la rationalité gouvernementale ayant abdiqué.

Le musellement, la censure, les fatwas, les autodafés, les procès en sorcellerie et la terreur institutionnalisée, auront raison de la parole et de l’écrit journalistiques. Jamais ils n’apprivoiseront le cri. Et même lorsqu’on croira avoir enterré le dernier cri, il s’en échappera toujours, encore et encore. Tel le Phénix, cet oiseau solaire qui déploie depuis peu ses ailes au-dessus du Gabon.

 
 

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