Près de 65 millions sont grugés chaque mois (soit 780 millions par an) sur la Redevance audiovisuelle et cinématographique. Alors que celle-ci visait à propulser l’audiovisuel et le cinéma gabonais dans l’avant-garde sinon la modernité, il n’en est rien.  Visitant la maison Georges-Rawiri, Guy Maixent Mamiaka, le nouveau ministre de la Communication, a dû noter que les doléances portent toujours sur le manque d’équipements et de formation… Où va la moitié de l’argent récolté ?

Rac : une «contribution à l’effort national» par le paiement d’une taxe de 500 francs en sus de l’abonnement mensuel chez les opérateurs du secteur. © Gabonreview

 

La Redevance audiovisuelle et cinématographique (RAC) n’a donc pas répondu aux attentes des professionnels des médias publics, Gabon Télévision, Radio Gabon, l’Institut gabonais de l’Image et du Son (IGIS) et l’Agence gabonaise de presse (AGP), ni permis d’améliorer et de renforcer les capacités des acteurs de ce secteur ! En dépit de la création de cette redevance et sa mise en application dès janvier 2018, les problèmes des médias audiovisuels publics et des autres structures médiatique (AGP) et cinématographique (Igis) demeurent entiers. La Rac devait pourtant être une aubaine, une belle surprise, une réelle bouffée d’oxygène pour ces structures. Hélas ! il faut se rendre à l’évidence : les sommes mises à la disposition de ces organes de presse et du centre cinématographique se révèlent insuffisantes.

Seuls 50% des ressources liées à la Rac sont reversées aux médias publics

Selon des sources proches du dossier, seuls 50% des ressources liées à la redevance sont reversées à l’ensemble des structures. Soit environ 35 millions de francs CFA pour Gabon Télévision, 12,5 millions CFA pour Radio Gabon, 10 millions de francs pour l’Agence Gabonaise de Presse, et 10 millions de francs également pour l’Institut gabonais de l’image et du son ! Soit, au total, 65 millions de francs ! Le reste des sommes perçues va-t-il vers des destinations inconnues ? En effet, récoltée auprès des trois opérateurs (TNT Africa, Satcon et Canal +) qui offrent différents bouquets aux téléspectateurs et auditeurs, la Rac rapporte 1,6 milliards de francs CFA par an, soit environ 130 millions CFA par mois, en principe logés dans un Compte d’affectation spéciale (Cas) à la Caisse des dépôts et consignations (CDC), géré par le cabinet du ministre en charge de la Communication. Où va donc le reliquat ? Quelle destination prennent les 65 millions restants chaque mois ?

Pourtant, bien que boudée à sa création par les abonnés des fournisseurs de bouquets audiovisuels, la Rac apparaissait nécessaire. «Les 300 millions de francs de subvention annuelle allouée à la télévision publique ne suffisaient plus à améliorer la qualité des programmes et à offrir aux professionnels de bonnes conditions de travail, à travers l’achat de nouveaux équipements». L’argument des personnalités en faveur de l’instauration de la Rac tenait en trois-quatre mots : plus de ressources financières pour les médias publics !

Loin de Gabonreview l’idée de faire croire à l’aspect le plus détestable de la haute administration et de la politique, à savoir la kleptocratie, il est simplement question de rappeler les (bons) principes qui avaient animé les initiateurs de la loi portant instauration de la redevance audiovisuelle. La Rac, cette «contribution à l’effort national» à travers le paiement d’une taxe de 500 francs en sus de l’abonnement mensuel chez les opérateurs du secteur, devait parvenir à ses seuls destinataires originels. En vérité, cela ne semble pas être le cas aujourd’hui. «Les 65 millions reçus chaque mois servent tout juste à payer les salaires des équipes dirigeantes», souligne un responsable de média public qui se plaint implicitement de la modicité des sommes qui sont allouées à son organe de presse.

Après un an et un mois, l’opinion s’interroge

La Rac devait répondre, loin de toute opacité, aux objectifs d’accompagnement et de modernisation des structures publiques de radio, de télévision, de cinéma et d’agence de presse. Elle devait permettre au renforcement des capacités des agents du secteur. Un an et un mois après l’instauration de cette «contribution à l’effort national», rien de tout cela n’est visible aujourd’hui. Il y a plutôt des ambiguïtés et des inconnues dans la gestion de cette manne, et le législateur n’y est pas pour rien. Car, en ne confiant pas la gestion de la Rac aux responsables des médias publics et des autres structures eux-mêmes, le législateur semble avoir implicitement transféré à ceux qui en ont la charge la possibilité de «faire comme ils l’entendent». D’où des questionnements qui fusent de l’opinion…

En espérant qu’il ne s’agit que de tâtonnements liés à tout début d’opération, il reste à souhaiter que les structures publiques pour lesquelles cette «taxe» a été créée seront les seules à la percevoir dès cette année ! Il y va de la qualité des programmes à offrir aux téléspectateurs et auditeurs et du renforcement des capacités des professionnels de ces structures au moment où la concurrence des médias étrangers s’installe et tend à noyer le «génie» gabonais.

 
 

1 Commentaire

  1. Mimbo dit :

    Mapangou devrait répondre à la question ,depuis le 24 octobre dernier nous avons appris et constater qu’on peut se goinfrer le trésor public ,mais cela ne vous épargne pas de la maladie et surtout de ce qui s’ensuit.

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