Censé comparaitre ce 13 mars devant la Cour criminelle spéciale (CCS) pour corruption présumée sur l’affaire du tronçon Akieni-Onga, chiffrée à 60 milliards de francs CFA, Magloire Ngambia n’a pu se présenter à la Barre. Ce qui a suscité la colère, inédite au tribunal de Libreville, de la présidente de la CCS, Paulette Ayo Mba pointant des «forces obscures» s’y étant opposées.

Au micro, la présidente de la CCS, Paulette Ayo Mba épouse Akolly, lors de son coup de gueule, le 13 mars 2019, au tribunal de Libreville. © Gabonreview

 

Programmé le 13 mars à Libreville, le procès de Magloire Ngambia n’a pas pu se tenir. L’ancien tout-puissant ministre de la Promotion des investissements, des Transports, des Travaux publics, de l’Habitat, du Tourisme et de l’Aménagement du territoire, qui devrait comparaitre devant la Cour criminelle spéciale (CCS) pour des faits de corruption et enrichissement personnel illicite, ne s’est pas présenté. L’affaire porte sur les travaux sur l’axe Akieni-Onga, chiffrés à 60 milliards de francs CFA. Le parquet général censé effectuer la notification aux conseils du concerné et l’extraire de la prison n’était pas présent et n’aurait pas pu le faire.

En lieu et place du procès, l’assistance a eu droit à un véritable coup de gueule de la présidente de la CCS, Paulette Ayo Mba épouse Akolly. «Comme vous pouvez, le constater, le prévenu Magloire Ngambia n’est pas dans la salle d’audience. Il a refusé de se présenter et le parquet général n’est pas aussi présent (…) J’ai été nommée par décret à la tête de la Cour criminelle spéciale pour rendre justice au nom du peuple gabonais. Mais il se trouve qu’il y a des forces obscures qui s’opposent à ce que les voleurs, ceux qui ont détourné l’argent de la République, ne soient pas jugés. Le peuple, et les Gabonais, doivent savoir que les gens qui vous font croupir dans la misère à cause de leur vol, ne veulent et pensent qu’ils ne doivent pas être jugés (…) Mais je ferai de ce qui est de mon pouvoir pour que justice soit rendue et les coupables répondent de leurs actes», a pesté Paulette Ayo Mba avant de lever la séance.

Des propos que les avocats de la défense ont déploré. «Nous venons d’assister à la déclaration de la présidente de la cour criminelle spéciale. Nous avons retenu deux choses : il est dit ici que notre client aurait refusé de se présenter aujourd’hui devant la cour criminelle spéciale. Vous remarquez que l’a noté qu’il y a, à cette audience, l’absence du Parquet général de la République. Ce que nous faisons c’est du droit. Nous appliquons les règles de droit.  C’est le Parquet général qui cite et extrait les détenus de la prison centrale. Alors, lorsqu’on vient dire ici que Magloire Ngambia aurait refusé, il aurait fallu qu’on nous dise à quel moment le Parquet général a fait cette citation», a déclaré maitre Alicia Ondo avant de s’en aller à quelques interrogations.

«Si le parquet n’est pas là, c’est que certainement il ne se reconnaît pas à cette procédure. Il ne s’agit pas ici de faire une justice de justiciers, il s’agit de juger les gens au nom du peuple gabonais. C’est la justice que nous voulons. Or, ce que nous avons entendu aujourd’hui c’est tout sauf du droit. Magloire Ngambia est en détention préventive, on a entendu dire aujourd’hui que c’était un voleur,  alors la question que je me pose est : Magloire Ngambia doit-il être jugé ou il est déjà jugé pour la cour criminelle spéciale ?»

 
 

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