Selon les révélations du journal L’Union du 16 janvier, le député Simplice Mouango Bounguendza pourrait être happé par l’Opération Scorpion en cours. Ancien directeur général du patrimoine et des équipements (DGPE), il aurait signé de «vrais faux PV de réception» à Aurélie Ntoutoume Obame.

Selon L’Union, Simplice Mouango Bounguendza (à droite), est impliqué dans une affaire impliquant Aurélie Ntoutoume. © D.R.

 

Jusque-là concentrée sur la galaxie Brice Laccruche Alihanga, l’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo et ses proches, l’Opération Scorpion tisse de plus belle sa toile. C’est ce que suggère l’interpellation par la Direction générale des recherches (DGR), du secrétaire général du ministère des Travaux publics, Aurélie Ntoutoume Obame, pour des faits remontant à l’année 2010, bien avant que Brice Laccruche Alihanga ne soit directeur de cabinet du président Ali Bongo.

Elle a été interpellée, selon le quotidien L’Union, pour des soupçons de détournements de fonds publics, fraude et racket des sociétés. Dans le cadre de cette affaire, de nouveaux noms sont cités, notamment ceux de Séraphin Moundounga, ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur en 2010 et de Simplice Mouango Bounguendza, ancien directeur général du patrimoine et des équipements (DGPE). Le premier aurait ordonné d’accorder des marchés de gré à gré à  Aurélie Ntoutoume Obame et le second lui aurait signé de «vrais faux PV de réception».

Selon L’Union, le député du Parti démocratique gabonais (PDG), du 1er siège de la Lolo-Bouenguidi au canton Lolo-Wagna, dans la province de l’Ogooué-Lolo, directeur général du patrimoine et des équipements (DGPE), durant la période pour laquelle Aurélie Ntoutoume serait incriminée, aurait agi sur instruction de Séraphin Moundounga pour contacter Aurélie Ntoutoume afin de lui attribuer «plusieurs marchés».

Si L’Union laisse entendre qu’Aurélie Ntoutoume Obame aurait «reçu en toute illégalité près de 8 milliards de travaux», le journal assure que «M. Mouango, sans jamais se rendre sur les différents chantiers qu’il devait pourtant contrôler, aurait en toute illégalité certifié le service fait et délivré des vrais faux PV de réception des travaux et validé les paiements à Mme Ntoutoume Obame qui aurait perçu la quasi-totalité des montants des travaux».

Les successeurs de Simplice Mouango Bounguendza, poursuit le journal, ont constaté que les chantiers n’ont jamais été réalisés aussi bien à l’Université Omar Bongo qu’au Lycée Jean Arsène Bounguendza de Larstourville. Si le député n’a pas formellement été interpellé par la DGR, l’opinion se demande déjà si une nouvelle procédure de levée d’immunité parlementaire sera engagée du côté de l’Assemblée nationale.

 
 

2 Commentaires

  1. Michel dit :

    Et oui ça scorpionnise dur et ya n’a encore beaucoup…

  2. Bill Ngana dit :

    Concernant cette opération Scorpion, un journal aurait bien pu titrer : “Une affaire de grande mafia”. Car, voici que, dans un article publié ce jour sur GR sous le titre “Fourberies financières d’Aurélie Ntoutoume : Séraphin Moundounga livre sa part de vérité », nous apprenons que depuis 2010, l’ANGT devenue ANGTI quelque temps plus tard, centralisait les budgets d’investissement de tous les ministères, sous la supervision de Grand Manitou. Or, tous ces grands travaux, dit l’auteur du texte, n’ont jamais été réalisés tandis que le pognon, bien budgétisé, a été réaffecté à d’autres dépenses. Il s’aperçoit en revanche qu’à ce jour, Grand Manitou est compté « comme la deuxième plus grosse fortune d’Afrique ». Quelle mystérieuse coïncidence et quel rapport peut-il y avoir entre tous ces éléments ? D’autant que les malversations mises à jour par l’opération Scorpion n’ont qu’un seul « épicentre » : le cabinet présidentiel. On en conclut que Scorpion, à certains niveaux de sa lente progression, manquera assurément de venin en chemin. Surtout, lorsqu’il s’approchera d’un peu trop près de l’épi-épicentre.

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