Kelly Ondo, huit autres militaires et un civil – Ballack Obame -, poursuivis quant à la tentative de putsch du 7 janvier dernier et déférés à la prison centrale depuis le 7 février, ne peuvent recevoir de visites de leurs proches depuis le début de leur incarcération. Une mesure hors la loi, alors que la législation prévoit un délai de 20 jours maximum sans visites.

Vue extérieure de “Sans-Famille”, le pénitencier de Libreville, où sont incarcérés les dix présumés complices du putsch manqué du 7 janvier 2019. © Gabonreview

 

Les familles des dix prisonniers en lien ou en supposé lien avec le putsch manqué du 7 janvier 2019 sont empêchées de leur rendre visite depuis deux mois, a appris Gabonreview de source judiciaire. L’information a été confirmée par plusieurs proches des prisonniers.

«Malgré nos nombreuses demandes, nous n’avons toujours pas pu voir mon frère. Nous ne savons pas comment il va, grande est notre inquiétude», se plaint par exemple un membre de la famille de Dimitri Nze Minko, un des quatre militaires de la Garde républicaine (GR) ayant participé au fameux putsch manqué.

Neuf membres de la GR et de la Gendarmerie nationale – le Lieutenant Kelly Ondo Obiang, l’Adjudant Dimitri Wilfried Nze Minko, l’Adjudant Estimé Bidima Manongo, le Sergent-chef Alain Abdel Ango, l’Adjudant Paul Sadibi Ibinga, le Maréchal de logis chef major Armelle Ulrich Afana Ango, le Maréchal de logis chef Bell Mfoumbi Wora, le Maréchal de logis chef Guy Roger Mintsa et le Maréchal de logis chef Gille Yoka – ont en effet été arrêtés le 7 janvier 2019, suite à la tentative de soulèvement manquée. Ils avaient été emmenés au service de contre-ingérence du B2 puis déferés à la prison de Libreville le 7 février. Un civil, le leader estudiantin et membre de l’Union nationale (UN), Ballack Obame, a été arrêté le 21 janvier avec trois autres de ses camarades, puis emmené au B2. Il est le seul à avoir été envoyé en prison le 7 février pour «complicité d’atteinte à la sureté de l’Etat».

«L’administration pénitentiaire m’a dit qu’elle avait reçu l’ordre de priver Ballack de visites», témoigne un proche ayant tenté de se rendre à la maison d’arrêt de Libreville.

Hors la loi

La loi gabonaise ne prévoit pourtant pas une telle durée d’isolement. L’article 100 du Code de procédure pénale indique que le juge d’instruction peut, «pour des nécessités de l’information», interdire au détenu de communiquer pour une durée de 10 jours renouvelable une fois. Cette interdiction ne doit pas s’appliquer à l’avocat, selon la loi.

Quelques détenus disposent d’un avocat, dont Kelly Ondo, défendu par Me François Meye depuis deux semaines bientôt. Ballack Obame dispose de plusieurs avocats parmi lesquels deux ont pu le rencontrer la semaine dernière, après plusieurs semaines de visite impossible depuis son incarcération.

D’ailleurs pour Ballack Obame, la durée de la garde-à-vue n’a, elle aussi, pas été respectée. Le leader étudiant avait été retenu 17 jours au B2, alors que la loi prévoit une garde-à-vue de 48 heures renouvelable une fois pour les civils. La durée légale de la garde-à-vue chez les militaires, d’un mois maximum, a quant à elle été respectée pour les neuf autres prisonniers membres des forces de l’ordre. Mais de sources concordantes, aux débuts leur détention au B2, Kelly Ondo et ses trois acolytes de la GR ont été durement battus.

 
 

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