Ministre de la Santé dans le «gouvernement de missions», le Pr Léon Nzouba a offert un centre de santé à ses électeurs de Mouila. L’acte suscite interrogations et controverse sur la volonté de certains acteurs politiques de procéder à la rupture tant clamée pour un développement équitable du Gabon. 
Don dispensire Léon Nzouba
Membre du bureau politique du Parti démocratique gabonais (PDG) pour la localité de Mouila et ministre de la Santé, le Professeur Léon Nzouba a posé un acte de portée sociale et sanitaire qui alimente la controverse dans les chaumières, les bars et les cercles d’amateurs du débat politique, poussant l’hebdomadaire La Loupe à crever l’abcès dans sa livraison du 3 avril dernier.
Il en retourne que, le 24 mars dernier à la faveur de la célébration en différé du 44e anniversaire du PDG, le ministre de la Santé a offert aux populations du quartier Dourouni à Mouila, un dispensaire flambant neuf comportant une salle d’accueil, une infirmerie, une salle de consultation, une salle d’hospitalisation, un dépôt de médicament et le bureau du chef de la structure.
Titrant «Le Pr Léon Nzouba a-t-il fait dans le délit d’initié ?», La Loupe indique à ce propos que «nombreux sont les Gabonais à s’interroger aujourd’hui, qui du ministre de la Santé – qui n’est pas un novice en la matière ou du député Léon Nzouba – qui ne l’est plus officiellement était concerné par l’opération» ? Et de faire remarquer que si cet acte est appelé à se reproduire dans toutes les provinces du pays, le ministre de la Santé mériterait alors des félicitations. Le journal indique que le problème qui est posé «est celui de savoir si Léon Nzouba, ministre de la Santé dans le gouvernement de «missions», qui commence à bien faire, son suppléant siégeant en lieu et place à l’Assemblée nationale, donc député, est en droit de poser pareil acte et au cours d’une manifestation purement festive et politique de portée locale, sans donner l’impression de faire dans le délit d’initié et l’amalgame ?»
La Loupe indique que le ministre est déjà critiqué dans son propre camp pour l’origine des fonds et la rapidité avec laquelle il a construit à Mouila «son château de campagne». Comme s’il prévoyait cette polémique, Léon Nzouba a laissé entendre, lors du don de cet hôpital, que «ce projet date de 2009 lorsqu’après ma nomination au gouvernement, j’ai entrepris de consulter les populations de la commune de Mouila (…) Nous avons été frappés par le caractère désertique d’une structure sanitaire dans ce quartier, très éloigné du Centre hospitalier de la ville (…) Le choix de la date du 24 mars qui coïncide avec la célébration en différé du 44e anniversaire du PDG à Mouila s’inscrit dans le cadre du partage prôné par le distingué camarade, président du parti, Ali Bongo Ondimba.»
Comment donc comprendre ce geste pour un gouvernement censé incarner la rupture et la modernité ? En décembre 2006, le président Omar Bongo avait fait publié un communiqué à travers lequel il s’insurgeait contre la pratique des dons «qui va à l’encontre du respect des principes démocratiques en vigueur au Gabon (il demandait alors – ndlr) que ces réflexes soient dorénavant bannis
On en conviendra le rôle d’un ministre n’est pas de réaliser le développement de la localité dont il est originaire. Son action doit s’inscrire dans le strict cadre de l’action gouvernementale, conformément à un plan général de développement de l’ensemble du pays. Quoi en effet de plus  suspicieux, de plus problématique qu’un ministre de la Santé qui offre une structure sanitaire à sa localité d’origine quel qu’en soit l’argumentation ? Léon Nzouba aurait dû laisser son suppléant et actuel député de Mouila faire ce don, si tant est-il que c’est le rôle d’un député.

 
GR
 

0 Commentaires

  1. Pirate 241 dit :

    Ami d’Ali Bongo depuis l’époque de l’hôpital militaire, ce Nzouba est un piètre politique. Lui et ses hommes se croient tout permis à cause de cette amitié avec le Roi. Ali gagnerait à dire au peuple combien gagne officiellement un ministre. Car, ou Nzouba a-t-il trouvé l’argent qu’il investi ainsi tout à coup?
    De plus, qui va financer la rotation des stocks de médicaments et les salaires des infirmiers de ce hôpital « offert » ? Si c’est l’Etat, il y a bien délit d’initié. Nzouba montre la voie, faudrait pas s’étonner quand le ministre de l’énergie offrira du courant à sa ville natale ou quand celui de l’éducation offrira une école à son village ou quand le ministre de l’equipement fera un don de goudronnage à son village ou quand celui de l’agriculture offrira des hectares de culture à son village. L’émergence fonctionne, elle développera le Gabon.

  2. Yves dit :

    Eh oui c’est ça le pouvoir sous nos difficiles tropiques. On offre des hôpitaux à sa parenté, sans pouvoir justifier ni l’origine de cet argent, ni les modalités du suivi de cet hôpital après livraison. L’essentiel comme toujours c’est le factice et le tape à l’ œil du moment. Dire que ce sont ces gens qui nous promettent l’émergence.

  3. mba ndong anathole dit :

    Bonjour, je viens de lire avec beaucoup d’intérêt votre article. Je salue votre esprit de professionnel. Ce pays a besoin des compatriotes qui se battent pour son développement et non pour l’opulence d’un groupe d’individus. Le problème posé est gravissime. Tant il va fouiller dans les profondeurs de la structuration de notre vivre ensemble. En lisant la Loupe, j’ai compris que nous devons être vigilants. Un ministre, est-il une fonction républicaine ou provinciale ? Dès lors, Léon Nzouba n’a pas rendu service au président de la République. Il a posé cet acte pour lui-même. Que diront les compatriotes dont les localités n’ont de ministres ? Franchement, le chef de l’Etat a des soucis à se faire avec son groupe d’amis. Félicitations à La Loupe et bonne continuation à Gabon Review.
    Patriotiquement !

  4. Marshall dit :

    ça pose un problème parce qu’il s’agit de sa province, vraiment vous avez plus rien à dire.

    • mba ndong anathole dit :

      C’est vraiment une honte de résonner ainsi. Oui ou non l’acte posé par Léon Nzouba est-il porteur de la construction d’une nation? Et les villages dépourvus de ministre? Non, nous tenons à ce que ce pays se soit désormais géré avec rigueur. Le gouvernement a l’obligation de construire les édifices publics. Où a-t-il trouvé autant d’argent? Comme on le voit, l’Etat est pauvre et Léon Nzouba riche. Mais qui appauvrit l’Etat? Les membres du gouvernement en détournant l’argent collectif pour assurer un investissement personnel. Vraiment, si le chef de l’Etat est fier de son ami, c’est que la République n’existe pas encore au Gabon. Et c’est dommage.

  5. Francis dit :

    je sui striste de voire que parfois nous gabonais ne poussons pas loin la reflexion. ce qui n’est pas bien c’est que le ministre de la santé qui justifie son geste par l’absence de structure sanitaire proche de ces population. mais il est sensé savoir qu’il y a des localité dont l’urgence d’une telle structure est vitale (pas un centre de santé à 100km). nous sommes à mouila ne l’oublions pas. de plus, si le projet date de 2009 cela veut dire que c’est l’Etat qui paie et non le pdg donc les contribuable de tout bord alors pourquoi le présenter comme un dont du pdg à ses militants? vous ne le savez peut être pas mais c’est là une forme de détournement de fonds publique. c’est comme si le minstre de l’habitat fais construire des maison dans son village et apres vient en tant que fils du village dire qu’il offre des maisons à ses parents qui n’ont pas de maisons adéquates. mais regardons l’avenir en confiance car malgré tout ce que dit le Président il ne fera rien à ceux qui vont contre ses directives de devloppement.

  6. le nkemberlien dit :

    Encore un groupe de personne qui manque de dissernement.
    je ne comprend pas pour quoi une categorie de gabonais qui reffuse categoriquement de voir les choses autrement.
    je pense que apres analyse des commentaires des uns et des autres et avec un peu de recule je suis tres désolé de savoir dans notre Gabon D’abord là y’a des peronnes qui pensent que nous sommes encore au moyen age… Bref juste dire que laisser M.Nzouba en paix et attendez que un jour vous aussi vous soyez je ne sais quoi.
    si le fils d’une localité fait un B.A; mais pour quoi tant d’interpretation.
    Je pense que au-delà de ce que les mavovosses disent se sont avent tout des gabonais qui sont les deneficieres….svp arrettez avec votre niveau de reflexion qui ne nous grandi pas.
    Que tu sois de Mouila ou d’une autre localité du pays on avent tout des gabonais d’abord.Mes freres svp arrettez de faire de la sorcelerie sur la toile on nous lis; le monde entier est là.
    y’a des debats que nous devons soulever au lieu de parler des choses qui ne fons pas avencer le pays…..
    Merci que Dieu vous pardonne pour votre etat d’esprit…

  7. CYR THIERRY dit :

    La politique des dons consacre la faillite de l’Etat; ce qui estompe donc ses misiions régaliennes.
    C’est une honte que de présenter ce jouet comme don de NZOUBA après l’ambulance du Centre hospitalier régional de Mouila sur le quel on peut lire « Don du Pr Léon NZOUBA ». La honte à mouila ne tue pas.

  8. La Fille de la Veuve dit :

    Chers Amis,
    L’acte posé par Léon Nzouba est à la hauteur de l’homme et de la politique qu’il sert. Qu’un citoyen Gabonais se propose d’offrir a la collectivité un dispensaire n’est pas en soit un problème, des lors qu’il s’assure tout de même que le besoin est réel et que la collectivité sera en mesure d’en assurer la gestion (affectation de personnel, attribution d’un budget de fonctionnement, etc.).
    Toutefois la collectivité est également en droit de se poser deux questions simples :
    1. La qualité du donateur.
    2. L’origine des fonds qui ont financés ce don.
    Sur la qualité du donateur. Léon Nzouba est un membre éminent du Gouvernement depuis 2009, donc plus de 2 ans. Il est donc paye par le contribuable Gabonais pour faire en sorte que ce dernier dispose d’une structure de sante non loin de son domicile. Si la réponse qu’il trouve c’est offrir a titre personnel un dispensaire aux citoyens de sa circonscription politique, c’est qu’il avoue en cela que la politique qu’il mène ne le fera pas. En d’autres termes, Léon Nzouba offre aux populations de Mouila, ce dont il certain que le Gouvernement de l’Émergence ne leur offrira pas.
    Sur l’origine des Fonds. Le Gabon est une maison de verre. Le Professeur General Léon Nzouba, par des actes comme celui-ci, signifie aux populations de Mouila qu’il est devenu riche et que désormais il pourra traiter personnellement leurs problèmes. C’est dire que comme par le passé, le Gouvernement demeure au Gabon le lieu par excellence de l’enrichissement illicite.
    Bonne journée a tous.

  9. Marshall dit :

    Ministre de la Santé est tout à fait dans ses responsabilités, pour ma part: félicitation et courage !

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