L’entrepreneur corse Jean-Baptiste Tomi dit “Bati” travaillerait sournoisement à la reprise de Satram Gabon. Une révélation de La Lettre du Continent, pas si bien informée sur des détails de prime importance, à moins qu’elle n’ait voulu influencer la justice. C’est du moins ce que pensent les employés de l’entreprise concernée. L’occasion pour un questionnement sur l’éthique en affaires et sur cette entreprise de logistique en train de sortir d’une zone de turbulence

© D.R.

 

Gabonreview l’écrivait en février dernier : une campagne hargneuse, menée de longue haleine contre l’entreprise symbole de la coopération maroco-gabonaise, a pris des proportions inquiétantes depuis la survenue des problèmes de santé d’Ali Bongo. Orchestrée en arrière-plan par une entité sans scrupules, aidée par une poignée de hauts fonctionnaires gabonais, l’opération vise à faire main basse sur Satram. En sa livraison du 26 juin dernier, La Lettre du Continent vient de le confirmer.

La pourvoyeuse d’informations confidentielles révèle en effet que la figure de proue de la communauté corse du Gabon, «l’entrepreneur Jean-Baptiste Tomi, dit “Bati”, […] étudie actuellement la reprise de l’antenne gabonaise de la Satram, une entreprise marocaine de logistique portuaire et de BTP dont le directeur au Gabon, Ait Ben Ali Mohamed, est en prison depuis le 2 février 2017

Contrevérités en pagaille

Réputée fiable, le média électronique est pourtant en défaut sur un secret de polichinelle : Ait Ben Ali Mohamed n’est plus en prison. Il est sorti d’incarcération depuis près de 4 mois. Et, selon des sources concordantes, il a quitté le Gabon alors qu’il n’est qu’en liberté provisoire. Il serait actuellement en Turquie alors que l’affaire est loin d’être classée ; Magloire Ngambia, son présumé complice, étant toujours en prison alors que La Lettre du Continent le déclare en liberté depuis le mois dernier.

Connue pour sa veille active sur les grandes entreprises implantées sur la côte Ouest de l’Afrique, La lettre du Continent livre d’autres contre-vérités quant à la distribution des rôles dans la sphère des prédateurs larvés de Satram. Elle indique que le Dr Mustapha Aziz, président directeur général de Satram, est «indirectement lié à la famille Tomi : l’un de ses fils a épousé une sœur de Michel Tomi, le père de “Bati”.» Archifaux. C’est plutôt Tarik Jakhoukh, fils déshérité de Lahcen Jakhoukh (défunt fondateur du groupe Satram), qui épouse la sœur de Madame Tomi (Michel). D’origine algérienne, la femme de Tarik Jakhoukh est donc la «belle-sœur de Jean Baptiste Tomi, fils de Michel et dirigeant actuel du groupe Corse», ainsi que l’avait expliqué Afriquenation.info en février 2019. Selon les révélations de ce média, cette dame est la directrice pressentie de Satram si les manigances d’accaparement de l’entreprise venaient à réussir.

Par ailleurs, si La Lettre du Continent présente Mustapha Aziz comme «l’actuel actionnaire» de Satram, en réalité celui-ci est le dirigeant de l’entreprise convoitée. Il en détient la majorité du capital, ainsi que l’attestent les registres du Tribunal de commerce de Casablanca et du ministère marocain de la Justice que Gabonreview a consulté.

Cour d’appel de Port-Gentil et sortie de crise

Approchés au sujet des révélations du confidentiel africain, quelques encadreurs et employés de Satram pensent qu’il ne s’agit que de communication rondement orchestrée en vue d’influencer la présidente du tribunal de Port-Gentil. «Satram n’est pas à vendre, ni à acheter !», vocifère un cadre gabonais de l’entreprise, joint au téléphone. «Le syndic de EGCA a perdu hier [mercredi – ndlr] devant la Cour d’appel de Port-Gentil. Il été relevé de ses fonctions par le président du Tribunal de première instance !», ajoute-t-il.

De toute évidence, l’entreprise va incessamment sortir de la zone de redressement amorcée en février 2018, grâce à la cordiale collaboration entre le personnel, le syndic et les dirigeants. Ceux-ci ont également managé une coopération fructueuse avec les actionnaires et la justice. Du fait de grèves répétitives durant la période de turbulence, l’entreprise avait perdu quelques gros clients. L’entregent de Saïd Znaki, directeur général de Satram Gabon, a permis de rééquilibrer les choses par la multiplication des marchés de taille moyenne. Nombreux sont ceux qui à Port-Gentil notamment parlent déjà d’un redressement réussi. Une première au Gabon où la justice n’a réussi aucun redressement, les syndics ayant toujours dépiécé les entreprises à redresser.

Ethique, branding pays et diplomatie économique

Sur ce retour à la sérénité au sein de Satram plane donc l’ombre de quelques prédateurs corses. Serait-ce donc l’effet pervers d’un retour en grâce avec la présidence du Gabon ? La Lettre du Continent en parle, indiquant que certaines personnes longtemps en disgrâce «ont renoué avec la présidence. C’est le cas de l’entrepreneur Jean-Baptiste Tomi, dit “Bati”, fils de Michel Tomi, qui a dîné fin mai avec Ali Bongo et Brice Laccruche dans sa résidence privée du quartier de la Sablière. Les trois hommes ont été rejoints au dessert par Sylvia Bongo

Y aurait-il là de quoi griser certains et éveiller en eux des idées de trafic d’influence ? Y aurait-il, concernant Satram, quelques machinations déjà élaborées ? Pourquoi donc cela au moment où cette entreprise va sortir de la turbulence ? Les Corses ne brassent-ils pas déjà assez d’argent avec le trust du business des jeux au Gabon et, notamment, avec Afrijet, n°1 des compagnies aériennes de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale ? L’éthique, la préservation de l’image des dirigeants et de la destination Gabon en affaires permettent d’en douter, de même que l’entretien des “relations fraternelles” entre le Gabon et le Maroc.

 
 

4 Commentaires

  1. Philomene Nz dit :

    Lachruche et Bati vont faire une belle paire pour piller ce que n’ont pas encore pillé les chinois et les pétroliers, famille Perrodo en tête (Perrodo = Perenco, 1er pétrolier et voleur du Gabon avec ses royalties de 10% après dépenses).
    Bati n’est pas très intelligent, c’est juste une brute qui a de la suite dans les idées.
    Quand à sa société de BTP, Kabi,ça fait bien longtemps qu’elle ne fait plus rien et ça m’étonnerait qu’elle puisse gagner des marchés honnêtement car tout ce qu’elle à bâtie s’émiette ou s’écroule. Allez voir le village qu’ils ont construit à Bongoville pour la CAN à coup de dizaines de milliards! Scandaleux!
    C’est une famille pauvre paysans corses devenus barman et mafieux, le BTP ils n’y connaissent rien de rien. La logistique aérienne un peu et encore à condition de transporter de la blanche ou des valises pleines de billets.
    Ça m’énerve au Gabon, les blancs peuvent arriver comme chauffeur et finir expert en ce que vous voulez!
    Bati et consorts, SVP quittez le Gabon !

  2. Le MAMBA dit :

    Mes chers compatriotes,

    Ne soyons pas stupide, cela ressemble plus à une guerre commercial qui n’est autre que de dégager l’entreprise SATRAM et prendre sa place.

    Si nous regardons cette affaire de prêt, cela sens le coup fourré à distance.

    Le Corse alias “BATI” n’est autre que le beau frère d’une certaine Habiba qui est la belle sœur du père de Jean Batiste alias “BATI”.

    Celle-ci vit avec un marocain qui était très influent dans le Groupe SATRAM et qui cherche à en avoir le contrôle en complicité avec les Corses.

    AFFAIRE TRÈS JUTEUSE.

    Pour information, M. Jean Batiste “BATI” est très proche d’un certain GHASSAN, libanais naturalisé gabonais celui-ci maitrise une partie du système judiciaire au Gabon, corrompu.

    Ce dernier met tout en ouvre, pour soutenir son Ami alias “BATI”.

    Il serai souhaitable, que le MAMBA aille donner un coup de pied dans ce panier à crabe qui commence à sentir très mauvais.

    Au demeurant du Groupe SATRAM, résisté, car comme je le citai plus haut,ce n’est pas toute la justice gabonaise qui est corrompu, il existe encore des magistrats qui font la fierté de notre pays et qui seront faire la part des choses en rendant JUSTICE à celui qui le mérite.

    Commencé par vous intéresser à Ghassan le tout puissant intouchable, car comme le dit le dicton ‘LE MENSONGE PREND L’ASCENSEUR, LA VÉRITÉ L’ESCALIER, MAIS CELLE -CI EST IMPLACABLE ET IRRÉVERSIBLE”.

    L’AVENIR NOUS EN DIRA PLUS,
    QUE LA VÉRITÉ TRIOMPHE DANS CETTE AFFAIRE.

    A BON ENTENDEUR,
    SLT

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