Depuis l’accident sanitaire d’Ali Bongo à Ryad, les transferts d’argent vers l’étranger ont crevé des plafonds jamais égalées dont les chiffres restent secrets. Ceci expliquerait-il la quasi impossibilité, depuis de nombreuses semaines, de faire un transfert de fond vers l’étranger par MoneyGram ou Western Union ?

Pas de connexion, indique cette agence Western Union située à Louis. Les clients sont trimballés d’une agence à une autre sans autre raison qu’un disfonctionnement du «réseau». © Gabonreview

 

Presqu’impossible, depuis bientôt trois mois, d’effectuer, à partir du Gabon, un transfert d’argent vers l’étranger par Western Union ou MoneyGram. Les clients sont trimballés d’une agence à une autre sans autre raison qu’un disfonctionnement du «réseau». Le pays compte une forte communauté étrangère procédant à des envois de fonds vers l’Afrique de l’Ouest et du centre qui se trouve pénalisée de ce fait. Dans la même veine, de nombreux apparatchiks et autres pontes politiques du Gabon usant et abusant de ce moyen pour planquer des fonds à l’étranger, en sont tout aussi à la peine.

Interrogé sur cette situation de quasi blocage, un promoteur d’agence Western Union assure lui-même ne rien y comprendre. «Souvent, on nous annonce que nous avons atteint nos quotas et qu’il faut arrêter. Mais, là, on ne nous dit rien, sinon que le réseau ne fonctionne pas», avance-t-il comme explication. Les choses semblent s’être corsées depuis l’accident sanitaire d’Ali Bongo à Ryad. «Il n’y a jamais eu un tel affolement des transferts d’argent vers l’étranger, depuis le mois de novembre 2018. Jamais nous n’avons atteint de tels plafonds», raconte le chef de caisse d’une agence MoneyGram. Ceci n’explique pourtant pas pourquoi les transferts d’argent sont bloqués, de nombreuses agences ayant été contraintes d’afficher en permanence «Pas de connexion».

Devant une file d’attente, un agent de MoneyGram à Nzeng-Ayong a laissé entendre qu’«une alerte a été donnée concernant le financement du terrorisme et le trafic des armes. Les États ont été priés de limiter les envois.» Un prétexte, pensent de nombreux observateurs. L’agence se limite donc à 100 clients par jour.

La situation profite aux banques qui n’ont pas hésité à augmenter les frais de transfert. «On est passé des 3% règlementaires à 8%. Le banquier n’hésite pas à vous dire c’est ça ou rien ! On est obligé de répercuter cette hausse sur le client, après on s’étonne de la cherté de la vie», peste un importateur gabonais.

Un ancien banquier pense que cette situation est symptomatique d’une économie en difficulté et qu’elle traduit un problème de réserves monétaires à l’étranger. Le transfert d’argent fonctionnant sur le principe de la compensation, les structures émettrices, y compris les banques, doivent avoir suffisamment de provisions dans les banques étrangères. «Si les banques n’ont plus assez de réserves à l’étranger, cela voudrait dire que l’économie est en berne, qu’il n’y plus de recettes d’exportation qui rentrent pour permettre aux banques commerciales locales de disposer de ces réserves. Du coup, une société de transfert d’argent peut avoir, ici, en CFA 100 milliards, mais elle ne peut cependant pas compenser avec son correspond à l’étranger, du fait que sa banque qui paie à l’international n’a pas ces 100 milliards-là positionnés dans son compte», explique-t-il.

Au-delà de la théorie et de la pratique économique, il reste que de nombreux petits opérateurs économiques trinquent, ne pouvant payer leurs fournisseurs par le moyen convenu à la signature des contrats. De même, de nombreux parents soutenant les études de leurs enfants à l’étranger ne savent plus que faire, surtout dans les cas où l’étudiant ou l’élève n’a pas de compte bancaire. Qu’une explication officielle soit fournie aux usagers plutôt que la ritournelle d’un manque de connexion. Les fonctionnaires approchés, au ministère de l’Économie, de la Prospective et de la Programmation du développement, livrent des réponses évasives, certains insinuant que le Gabon va faire bien d’autres pays : Western Union, MoneyGram et autres sociétés de transfert d’argent vont être interdits au transfert de fonds vers l’étranger, ils ne serviront plus qu’à payer l’argent envoyé vers le Gabon.

Si les chiffres sur les transactions relatives au transfert d’argent du Gabon vers d’autres destinations ne sont pas communiqués, on ne sait également rien des montants que la communauté gabonaise de l’étranger envoie au Gabon. Il reste que le secteur du transfert de fonds est en pleine expansion dans le pays, avec la présence sur le marché de près d’une dizaine d’opérateurs et l’observation de nombreuses files d’attente lorsqu’elles fonctionnent.

 
 

11 Commentaires

  1. Western Union, MoneyGram et compagnie : Que se trame-t-il ? – Le Tonnerre dit :

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  3. Anima Sana dit :

    Il faut arrêter l’hémorragie financière!
    Le Gabon est un des rares pays en Afrique dont les envois de fonds hors du pays représentent 85% et les réceptions seulement 15% des transactions journalières.Une fuite des capitaux énormissime !
    Plutôt que d’utiliser les moyens lâches pour endiguer ce phénomène, il serait souhaitable d’appliquer une politique de quota transactionnelle selon les régions ou pays. Privilégier les transactions vers les étudiants et les évacuations sanitaires.
    Certes pour la plupart de nos frères africains et autres c’est de l’argent durement et honnêtement gagné mais le pays qui vous a permis de générer ces revenus court le risque de tomber en faillite et vous avec ! Donc…

  4. METT dit :

    CE PHENOMENE MONTRE QUE CES ETRANGERS SONT LA JUSTE POUR PILLER ET NON DE CONSTRUIRE CE PAYS, JE SUIS CONTENT QUE CES ETRANGERS TROUVENT PORTENT FERMEES DES POSTES DE CES AGENCES DE BLANCHISSEMENTS D’ARGENTS ET VOUS REMAQUEREZ QUE CES AGENCES SONT AUSSI TENUES POUR LA PLUS PART PAR DES ETRANGERS, JE PENSE QUE LES TRANSFERTS DOIVENT ÊTRE FAITES PAR DES BANQUES DANS DES PAYS COMME LES NOTRE OU A DEFAUT METTRE UN CONTROLE STRICTE DANS CES AGENCES EN RECLAMMANT L’ORIGINE DES FONDS ET LIMITER LES TRANSFERTS PAR MOIS DE X VERS LE MALI-SENEGAL-LIBAN-NIGERIA-TCHAD-MAROC-ISRAEL-SOMALIE-BENIN…
    CAR CE PHENOMENE DURE DEPUIS BIEN LONGTEMPS DANS CE PAYS..OUI LA CHINE EST AUSSI A LIMITER.
    ET PAR CONSEQUENT JE SOUTIENS LES ECRITS DE NOTRE COMPATRIOTE AMINA SANA

  5. Ikobey dit :

    C’est le résultat d’années de sabotage par nos “valeureux” résistants qui font tout pour ruiner notre économie, qui mènent depuis bien longtemps la politique du chaos. Plus personne n’a confiance au pays, les Gabonais eux-mêmes.
    Ces “valeureux” résistants font fuir les entrepreneurs étrangers à l’exemple de Véolia, ces dernières semaines ils ont accusé le CFA de tous les maux, un derniers piliers solides du pays.
    Il appartient désormais à l’exécutif de prendre les mesures exceptionnelles à la situation exceptionnelle de notre pays. Continuez dans le laxisme, la mollesse vis à vis des saboteurs n’est plus tolérable.
    LA PATRIE EST EN DANGER.

    • CHRISTINE Madeleine dit :

      Pauvre Ikobey…
      A SUIVRE QUAND MÊME POUR BIEN MONTRER NOTRE VÉRITABLE ENNEMI
      https://www.facebook.com/BeafricaTopNews/videos/232757591002720/

    • Fayo dit :

      Tu ne dis rien. Les résistants n’existeraient pas sans la gouvernance médiocre et corrompue des Bongo et vous autres. La racine du mal c’est le PDG et la famille Bongo. Les résistants gabonais sont comme ces opérateurs etrangers, découragés par la gouvernance d’un cancre, un amateur. Les résistants étaient là quand Ali Bongo faisait disparaître 500 milliards chaque année du trésor, c’est la faute des résistant si le Gabon doit répondre de plusieurs plaintes pour défaut de payement d’un état voyou? La résistance n’est pas responsable de votre incapacités à gouverner. Le Gabon passer de 74ième à 124ième dans le classement des pays les moins corrompus, c’est parceque nous avons des bandits à la tête du pays et rien d’autre.

  6. Ikobey dit :

    Les “valeureux” résistants ne font que nuire à l’image du Gabon à l’étranger.
    Les corrompus existent bien et ils sont les suppôts de l’opposition.
    Les vrais conservateurs ne sont pas du côté des Bongos mais du côté de ces aigris qui ont été évincés pour incompétences, pour corruption.
    Tous ces fonctionnaires, ces “élus” à l’assemblée ou au Sénat , tous ces RENTIERS de la républiques sont les véritables responsables du marasme.
    Le Président n’a que le tort d’être trop consensuel, tolérant, n’acceptant pas de reconnaitre ses véritables ennemis.

  7. mabiala dit :

    Que ferons-nous ? etudiants à l’etrangers sous la tutelle de nos parents quelle honte pour notre pays la scolarité, les loyers ,le manger que devrons-nous dire aux proprios ?? c’est lamentable pays de merde

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