Accusé d’avoir menti sur la prétendue intrusion à son domicile en janvier dernier pour ajouter à la tension entre l’Angola et le Gabon, mais surtout contesté pour son style managérial, le président de la Commission de la CEEAC prétend avoir fait renaître l’organisation sous-régionale en proie, dit-il, à la corruption.

Gilberto da Piedade Verissimo, président de la Commission de la CEEAC. © D.R.

 

Il ne se démonte pas. Au contraire, il semble assumer tout ce qui lui est reproché, notamment son style managérial à la tête de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). Ancien général de l’armée angolaise, Gilberto da Piedade Verissimo est pourtant très critiqué par ses collaborateurs. Ceci peu de temps après sa prise de fonction en septembre 2020. Déclassement inexpliqué des membres du personnel, réduction des salaires, absence de transparence dans les recrutements, mise à l’écart des commissaires, prise de décisions sans consultation… l’Angolais est loin de faire l’unanimité. Les différentes sorties écrites à son encontre depuis le mémorandum d’avril 2022 le prouvent bien.

Pourtant, le diplomate que certains accusent de se comporter comme un chef d’État ne rendant compte qu’à ses «homologues», en dehors de celui du Gabon qu’il refuse toujours de reconnaître, assure avoir contribué à la renaissance de l’organisation sous-régionale. «Vous savez que la CEEAC n’existait pas avant mon arrivée. Pensez-vous qu’un mauvais management pourrait faire renaître une organisation qui était comme morte ? N’est-ce pas le contraire ?» a-t-il réagi chez nos confrères de RFI.

S’il semble nier les accusations portées à son encontre, Gilberto da Piedade Verissimo accuse à son tour ses détracteurs «d’exagérer sur les situations». L’objectif étant, soupçonne-t-il, de «reconduire [la CEEAC] là où elle était pour bénéficier à la corruption».

Principalement attendu sur la réforme de l’organisation en projet depuis 2015, le patron de la Commission ne paraît toutefois pas intéressé par le sujet. Pour preuve, le nouveau cadre juridique n’a toujours pas été adopté, pas plus que le règlement intérieur que l’Angolais aurait refusé de faire élaborer, sans doute pour imposer ses décisions et exercer un total contrôle de l’institution.

 

 
GR
 

0 commentaire

Soyez le premier à commenter.

Poster un commentaire