CHR de N’tchengué : entre modernisation et tensions sociales persistantes
Malgré deux années d’investissements destinés à redresser le Centre hospitalier régional (CHR) de N’tchengué, une grève générale illimitée paralyse depuis le 3 novembre cette structure sanitaire de référence de Port-Gentil.

Les agents de santé affiliés au SYNAPS et SYMEFOGA au piquet de grève. © GabonReview
Initié par le Syndicat national du personnel de santé (SYNAPS) et soutenu par le Syndicat des médecins et fonctionnaires du Gabon (Symefoga), le mouvement revendique le paiement des primes CNAMGS, des primes de garde, des quotes-parts tout venant et la dotation en tenues professionnelles, malgré les efforts de redressement entrepris par la direction.
Les représentants syndicaux dénoncent notamment treize mois d’arriérés de primes CNAMGS et huit mois de primes de quotes-parts non versés. Ils exigent aussi la revalorisation des primes de garde pour les services critiques. « Nous demandons une réévaluation des primes et la création d’une prime spécifique pour les services d’urgence, car tous ne travaillent pas dans les mêmes conditions », a déclaré Gildas Akame, secrétaire général provincial du SYNAPS. Un chèque global de 136 millions de francs CFA débloqué récemment n’a permis de couvrir que deux mois sur treize de primes CNAMGS et trois mois sur huit de quotes-parts, selon les syndicats. L’hôpital fonctionne désormais au ralenti, limitant ses activités aux urgences vitales et aux consultations externes.
Une direction engagée dans la modernisation et le dialogue
Face à ces tensions, le directeur général du CHR de N’tchengué, Dr Jonas Mboumba, préfère laisser parler les faits. Depuis sa nomination il y a deux ans, il a entrepris une modernisation technique et logistique : réhabilitation du bloc opératoire, rééquipement du laboratoire avec de nouveaux automates, acquisition d’un scanner performant, d’échographes Philips, d’un incinérateur, d’une unité de remplissage d’oxygène et d’un groupe électrogène de 715 KVA. « Tout cela vise à permettre à l’hôpital de fonctionner dignement. Comment peut-on parler d’un plateau technique obsolète alors que nous n’avons jamais autant investi ? », s’interroge-t-il.
Sur le plan social, la direction rappelle avoir considérablement réduit les retards accumulés. « Aujourd’hui, aucun agent ne se plaint d’un salaire en retard ni d’une situation irrégulière sociale. Nous ne devons plus que six mois de primes tout venant et onze mois de CNAMGS. C’est un problème général au niveau national, pas propre à N’tchengué », précise Dr Mboumba, qui indique que la dotation en tenues professionnelles figure déjà au programme d’investissement de 2026.
Tout en dénonçant un « acharnement incompris » contre sa direction, le Dr Mboumba réaffirme sa volonté de dialogue. « Pourquoi ne revendiquent-ils pas à Omboué ou Gamba, où ils sont également présents ? », interroge-t-il. Malgré la grève, la direction assure vouloir maintenir la continuité du service public et poursuivre sa politique de modernisation pour faire du CHR de N’tchengué une référence sanitaire dans l’Ogooué-Maritime.
















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