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Réduits à l’état de mendiants depuis de longs mois, les agents du Centre international des civilisations bantu (Ciciba) n’ont pas régulièrement été rémunérés ces dernières années, au point que l’un d’eux a récemment perdu la vie faute de moyens pour se faire soigner. Ils n’ont pas touché leur salaire depuis 24 mois et en appellent désormais à l’intervention du président de la République.

Les agents du Ciciba attendent depuis 24 mois leur salaire. © 7joursinfo.com

 

37 ans après sa création, «rien ne va» au siège du Ciciba qu’abrite le Gabon. La plupart des 11 États membres fondateurs semblent avoir tourné le dos à cette institution s’étant donné pour mission de préserver et de promouvoir la culture bantu. A côté de la quasi-inactivité du centre, «le personnel local croupit dans une misère qui ne s’explique pas», dénonce le porte-parole de circonstance des agents du Ciciba.

«Des pères et des mères de famille que nous sommes ne percevons pas convenablement, voire pas du tout, notre salaire depuis 2018. Ça fait donc 24 mois que nous ne percevons aucun radis», déplore Jean Gabin Nze qui dit avoir gardé le silence malgré cette situation difficile ayant coûté la vie, le 28 avril dernier, à un des leurs, faute d’argent pour se faire soigner.

Fortement impactés par la crise sanitaire actuelle et craignant de ne pas bénéficier de l’aide alimentaire fournie par l’Etat, parce qu’aucun d’eux n’est enrôlé ni à la CNSS ni à la Cnamgs, les agents du Ciciba en appellent désormais à la plus haute autorité du pays pour qu’elle leur vienne en aide. «Nous avons des enfants que nous ne pouvons plus scolariser, nous sommes pour la plupart locataires, nous devenons la risée de nos quartiers respectifs, nous sommes devenus des clochards», énumère Jean Gabin Nze pour qui la situation actuelle vécue par ses collègues et lui-même s’assimile à une prise d’otage.

«Si on ne veut plus de nous, qu’on nous paie nos droits et nous nous occuperons ailleurs. Ça ne sert à rien de nous prendre en otage dans une institution sans nous payer», exhorte-t-il.

 
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3 Commentaires

  1. messowomekewo dit :

    Vous créez des structures après pour les faire fonctionner c’est un problème, c’est vraiment triste de laisser sans salaire des pères et mères de famille par ces temps difficiles,Hier c’était Africa n°1 ,aujourd’hui c’est le CICIBA,mais qu’est ce qui peut justifier une telle incurie, merde…

  2. Ikobey dit :

    Le Ciciba n’a jamais rien fait ni servi ! Le but d’un organisme public n’est pas de faire vivre ceux qui y travaillent. Comment ne pas s’étonner que tous les pays ne veulent plus en entendre parler. Il y a bien longtemps , je connaissais un Zambien qui en était désespéré, a démissionné et retourné dans son beau pays.

  3. Philippe Cambier dit :

    Bonjour,
    Je suis allé travaillé au CICIBA en 1994. J’ai voulu dénoncer la manière dont les états étrangers et la Communauté européenne finançaient directement ou indirectement le CICIBA. J’avais interpellé à l’époque un haut fonctionnaire du ministère des affaires étrangères belges et une personne de l’UE avec photos et documents à l’appui. Ils n’ont pas voulu m’entendre voire même m’écouter. J’étais envoyé à l’époque par l’APEFE (Belgique). Après 6 mois, voyant comment la situation évoluait, j’ai repris mon travail en Belgique (dégoûté et déçu par cette manière de coopérer).
    Donc aujourd’hui, 26 ans après, je ne suis pas étonné de la situation du CICIBA.
    J’aurais bien aimé contribué à son essor et continué à vivre au Gabon où j’ai pu rencontrer des chouettes personnes et des collègues de travail motivés mais perdus.
    Philippe Cambier – 30 mai 2020

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