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Confrontée à ce qu’elle qualifie de concurrence «déloyale», Cimgabon n’arrive plus à joindre les deux bouts. Sur les quatre derniers mois, le cimentier gabonais a enregistré une perte de 1,8 milliards de francs CFA. Une situation qui menace sérieusement l’avenir de la société.

Ciment du Gabon

«Nous avons instauré un dialogue avec les délégués du personnel sur la situation de l’entreprise. Afin que personne ne soit surpris sur ce qui pourrait advenir, si jamais les performances de la compagnie continuaient à dégringoler», a indiqué Romain Lokousou, directeur administratif et financier, relayé par le quotidien L’union.

Depuis trois mois en effet, Cimgabon est très loin de ses standards en termes de production, car elle du réduire sa marge de manœuvre du fait de plusieurs tonnes de ciment invendues. Au lieu des 20 000 à 23 000 tonnes mensuelles habituelles, l’entreprise a produit en janvier 10 463 tonnes, 11 957 tonnes en février, 12 899 tonnes en mars et 12 385 tonnes en avril.

«Nous ne pouvons continuer à produire si nous ne pouvons vendre. Si ça continue comme ça, c’est la descente aux enfers», a alerté Romain Lokousou. En effet, les contreperformances de l’entreprise s’expliqueraient par la concurrence des importateurs asiatiques notamment, dont les sacs de ciment se vendent mieux, car moins chers et de qualité acceptable. Une activité dont la régulation échapperait aux autorités.

«Nous ne demandons pas l’interdiction de l’importation de ciment, mais une régulation de son importation. Autrement dit, une régulation de la concurrence déloyale qui se serait installé sur le marché  du ciment», a affirmé une source proche de la société, citée par L’union. Pour contrer un temps soit peu cette situation, Cimgabon s’est engagée dans une politique de redéploiement caractérisée par la vente de proximité. Mais est-ce suffisant pour sortir l’entreprise du rouge ? On en saura certainement un peu  plus dans les mois à venir.

Crée en 1978 sous l’appellation de Ciment du Gabon par l’État, la société a été rachetée en 2000 dans le cadre du processus de privatisation des entreprises publiques, par le groupe norvégien Scancem qui détient 75% du capital et l’État 25%. En 2005, l’entreprise avait connu d’énormes difficultés de fonctionnement de ses installations qui avaient entrainé une pénurie de ciment dans le pays. Une situation qui a conduit le gouvernement à casser son monopole, en autorisant l’importation du ciment de l’étranger, notamment de la Chine pour juguler la pénurie.

 
GR
 

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