Le Conseil national de la démocratie a clôturé sa première session ordinaire de l’année 2020, le 3 mars. Si le rapport final reste attendu, Séraphin Ndaot a salué l’engagement des participants en indiquant que les conclusions permettront de renforcer le fonctionnement de cette institution et améliorer le système démocratique gabonais.

Séraphin Ndaot prononçant son discours de clôture. © Gabonreview

 

Quelques représentants des partis politiques lors de la cérémonie de clôture. © Gabonreview

Ouverte le 25 février, la première session ordinaire du Conseil national de la démocratie (CND) s’est achevée le 3 mars. Selon Séraphin Ndaot, président de ladite institution, elle a marqué la rentrée solennelle du CND pour l’année 2020 en permettant d’aborder des questions cruciales. «L’ordre du jour de notre rencontre portait sur des questions cruciales visant à revitaliser notre institution le CND, et à consolider la démocratie en gestation. Ces problèmes, tous ces points, ont été abordés et débattus sans complaisance», a-t-il déclaré lors de son discours de clôture.

À en croire son propos, des débats animés et parfois âpres en plénière ont donné lieu à des échanges fructueux dont se sont enrichis les participants. Soit, les représentants de 76 partis politiques membres du CND. «Les différentes contributions tout comme les conclusions auxquelles vous êtes parvenus, vous ont permis de mieux renforcer le fonctionnement de notre institution et d’esquisser des pistes de solution consensuelle tendant à améliorer notre système démocratique par nature perfectible», leur a-t-il dit. Qu’il s’agisse de la mise en œuvre des recommandations et avis, de la valorisation des outils et moyens qui améliorent le fonctionnement du CND, a affirmé Séraphin Ndaot, les «réflexions se sont résolument et constamment orientées vers la satisfaction des besoins et des attentes de la classe politique». Pour lui, elles «contribueront efficacement à la lutte contre les crises multiformes et récurrentes que connaît notre pays».

«Le rapport remarquable des travaux produits et que vous avez adopté est la synthèse de ces recommandations du Conseil, qui seront notifiées sous forme d’avis aux pouvoirs publics conformément à la loi», a affirmé le président du CND. Si le rapport final des travaux n’a pas encore été rendu public, l’une des recommandations, a souligné Martin Boudzanga, vice-président du Rassemblement pour le Gabon (RPG), en charge de la communication du CND, concerne l’institution. Notamment, ériger le CND au même titre que les autres institutions de la République et mettre à sa disposition des moyens nécessaires pour son fonctionnement optimal.

La situation du Sénat inquiète

Pour Heinz Essongué, président du Bloc des patriotes unis (BPU), parti politique de l’opposition, cette semaine de travail a été mise à profit «pour discuter des problèmes inhérents à la vie politique du Gabon et des problèmes concernant certaines questions phares comme le mandat du Sénat». Selon la logique institutionnelle, estiment certains acteurs politiques, ce mandat des sénateurs n’est plus en conformité avec la loi. À en croire leurs propos, les conseillers municipaux élus en 2018 ne pourront pas siéger au Sénat avant la fin de la mandature actuelle. Aussi, lors des Accords d’Angondjé, il avait été décidé de réduire le nombre de sénateurs de 102, à 52. Le nouveau découpage a été acté et pour les acteurs politiques, le Sénat actuel ne répond plus aux normes. Alors que certains sièges de sénateurs sont jusqu’à lors vacants du fait de la mort de leurs occupants, cette non-conformité ferait que le remplacement ne fasse pas.

Heinz Essongué souhaite que la situation soit conforme à loi. «La Constitution est claire et une des résolutions fortes qui va être prise c’est de demander au gouvernement la loi, rien que la loi. Ils doivent se référer à la norme constitutionnelle afin que les choses se passent dans les normes». S’il assure qu’il n’est pas question de dissoudre le Sénat, il estime que c’est à l’Assemblée nationale et au gouvernement de tirer conséquence de la situation actuelle. «Les mesures qui s’imposent seront prises par eux de manière à ce que rien que la loi soit respectée en République gabonaise», a-t-il déclaré.

 
GR
 

2 Commentaires

  1. SERGE MAKAYA dit :

    Le CND, vous rigolez ou vous êtes sérieux ? Quelle démocratie au Gabon ? A Ntare Nzame!!! Qu’on nous libère d’abord du Bongoisme, et tout ira bien pour le Gabon. Ali Bongo est MORT. Pourquoi continuer à faire croire qu’il est vivant ? Kiéééé !!!https://www.gabonmediatime.com/gabon-ali-bongo-disparu-des-ecrans-depuis-plusieurs-semaines/ IL EST MOOOORT !!!!

    Message aux OPPOSANTS et RÉSISTANTS Gabonais : Cessez de vous diviser. C’est l’UNION qui fait la FORCE : Jonas Moulenda, Thibaut Adjatys, Messir ‘le Chef’, Laurence Ndong, John Cosa et les autres (excusez-moi, je ne maîtrise pas vos noms et prénoms…), DEPUIS LONGTEMPS LE GABON SERAIT LIBÉRÉ SI VOUS ÉTIEZ SOLIDAIRES. Laissez votre EGO de côté pour vous UNIR pour la libération TOTALE du Gabon SVP…

  2. bill ngana dit :

    Qui peut m’expliquer pourquoi il y a 76 partis politiques dans un pays de moins de 2 millions d’habitants, dont un tiers au plus sont des électeurs ? Le Gabon, puisqu’il s’agit de lui, se vanterait-il ainsi d’avoir une démocratie obèse, d’une obésité qui pèserait sur notre vivre ensemble et nous empêcherait d’être « sérieux » ? Dans les nations sérieuses, on ne compte généralement que deux ou trois partis politiques pour des dizaines, voire des centaines de millions d’électeurs : leurs économies sont développées, leurs institutions fonctionnent parfaitement et leur système démocratique relativement irréprochable. En nous faisant croire que c’est sur la base d’une démocratie super pluraliste que notre pays avancera avec assurance vers un développement intégral, les conseillers des Gabonais se sont bien moqués d’eux. Et ces derniers ont fait preuve, eux-mêmes, d’une grande naïveté : depuis 1990, année de l’instauration de cette super démocratie au Gabon, quelle élection a-t-on organisé sans contestation ? Sur le plan démocratique, presque chaque année, les politiciens se retrouvent en conclave, ou se scindent en plusieurs camps opposés qui sortent chacun un bréviaire valable pour soi. On se rappelle ainsi des nombreux forums portant les noms des lieux qui les ont abrités : Arambo, Angondjè, Paris, etc. Pour quelles avancées, les enveloppes doubles, appelées aussi enveloppes poubelles ? Pour moi, il est temps que les politiciens gabonais s’asseyent une dernière fois de cette manière-là, pour convenir que le Gabon n’a besoin, en tout et pour tout, que de deux partis politiques : ceux qui sont d’accord avec une philosophie et ceux qui sont contre. Dès cet instant, il ne reste plus qu’à déterminer l’idéologie politique de chaque camp. Et le Conseil National de la Démocratie devrait alors jouer pleinement son rôle, ou bien ce rôle s’évanouirait tout seul, par manque d’activités. Quoi qu’il en soit, à mon humble avis, le CND, qui est en politique et en démocratie ce que la Cour Constitutionnelle est dans les institutions, retrouverait alors ses lettres de noblesse.

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