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Un podcast orignal Spotify raconte un pan sombre de l’histoire de la colonisation française en Afrique centrale, en se fondant sur le rapport de Pierre Savorgnan de Brazza classé secret vers 1907, à travers l’histoire de Johan, un franco-gabonais à la recherche de sa mère disparue. L’artiste gabonais et militant panafricain qui joue dans «Le rapport Brazza» le rôle de l’interprète de Johan se dit heureux d’y avoir participé.

Lord Ekomy Ndong entouré d’une partie de l’équipe du podcast © D.R.

 

A travers un podcast original Spotify cette année, Thibaud Delavigne, Charlie Dupiot, Antoine Jaunin, Maya Boquet, ont décidé de faire revivre l’histoire de la colonisation française en Afrique centrale, en se fondant sur le rapport de Pierre Savorgnan de Brazza. L’explorateur à la retraite avait été envoyé en Afrique en 1905, après que le 14 juillet 1903 en Oubangui-Chari (actuelle Centrafrique) deux fonctionnaires coloniaux célébrant la fête nationale française aient fait sauter à la dynamite un « indigène ». Sa mission de 6 mois lui permettra de découvrir que les exactions étaient récurrentes.

Trouvant la mort sur le chemin du retour en France, son rapport sera rédigé à Paris par de hauts fonctionnaires, qui ne dénatureront pas trop son propos bien que dédouanant l’administration française au détriment des sociétés privées qui exploitaient le caoutchouc. Alors que le gouvernement français avait promis la publication de ce rapport, vers 1907 le président de la République décidera que le rapport ne sortira pas. «Le secret d’État est là» affirme RFI qui,  rendant compte de ce rapport dans l’une de ses récentes publications, indique que seuls dix exemplaires avaient été imprimés.

Le secret dévoilé par un concours de circonstance

Préparant une thèse sur «Le Congo au temps des grandes compagnies concessionnaires, 1898-1930», dans les années 1960, l’historienne Catherine Coquery-Vidrovitch retrouvera un exemplaire par hasard. «Probablement celui du ministre», commente RFI qui souligne qu’après avoir photocopié les 120 pages,  elle l’utilisera pour sa thèse publiée en 1972. «Dans un petit cercle de spécialistes, on sait désormais qu’une copie a été retrouvée», poursuit le journal. En 2014 paraît sous forme de publication accompagnée de compléments et critiques, le texte de 1905. En 2018, c’est une bande dessinée avec Congo 1905 par Tristan Thil et Vincent Bailly, puis en 2021 le podcast « Le rapport Brazza ».

Un documentaire auquel participent Gaël Kamilindi de la Comédie Française, Angélique Kidjo, Lord Ekomy Ndong, Catherine Coquery-Vidrovitch, Régis Ollomo Ella et Lilian Thuram. «Ce que je trouve intéressant c’est de trouver un moyen alternatif et populaire pour faire passer une information au sujet de la colonisation, sur laquelle il y a beaucoup de fantasmes et de mensonges», a confié Lord Ekomy Ndong à RFI. Artiste gabonais et militant panafricain, il estime qu’«à l’heure où l’on parle même des « effets positifs de la colonisation », c’est intéressant d’avoir des documents comme le rapport Brazza et la série qui est construite autour, qui donnent à voir les atrocités, mais qui étaient pourtant la routine du fonctionnement même de la colonisation française».

Johan face à la réalité

La fiction fait ressortir un pan sombre de la colonisation à travers la figure de Johan Tessman, le fils d’un administrateur colonial blanc. De retour en Europe, le colon amènera avec lui son fils métis en lui cachant l’identité de sa mère, une noire gabonaise. Devenu ethnologue, le franco-gabonais repart dans les années 1930 au Gabon pour officiellement recueillir les traditions orales. Il y cherche en réalité sa mère disparue et trouvera « Le rapport Brazza ». Il en sera bouleversé. Lord Ekomy Ndong joue le rôle de l’interprète de Johan.

 
GR
 

1 Commentaire

  1. NGOMAH dit :

    Bravo EKOMY sais tu que La dénonciation d’une atrocité du genre valut à MBA Léon la déportation bi-decennale en Oubangui Chari?

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