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Impuissant face à la recrudescence du conflit homme-éléphants, le ministre des Eaux et Forêts opte désormais pour l’organisation des battues administratives par une unité spéciale ou par des chasseurs agréés. Une décision qui viendrait aggraver le statut d’«espèces en danger critique d’extinction» qui pèse sur l’éléphant de forêt d’Afrique dont le Gabon abrite plus de 50% de la population.

Lee-White prêt à abattre les pachydermes comme solution au conflit Homme-éléphant. © Gabonreview

 

Quatre mois après les consultations provinciales sur le conflit homme-éléphants et quelques semaines après la 26e conférence des Nations unies sur le climat le Gabon, à travers son ministre des Eaux et Forêts semble trouver une solution pour le conflit-homme-faune. Après avoir érigé des clôtures électriques à hauteur d’un milliard de francs CFA, modèle inspiré du Kenya, Lee-White a décidé de gérer ce problème à travers des battues administratives, coordonnées par une unité spéciale ou par des chasseurs agréés.

Dans un courrier à son collègue de l’Intérieur, daté du 22 novembre dernier, le ministre en charge des Eaux et Forêts, sollicite la mise en œuvre du décret fixant les conditions d’autorisation des battues administratives. «Dans le cadre des réponses à la problématique du conflit homme-faune devenu une véritable préoccupation nationale, le gouvernement de la République a adopté, lors du Conseil des ministres du 10 juin 2021, un projet de décret fixant les conditions d’autorisation des battues administratives ». Un choix qui ne manque pas de susciter étonnement et critique du côté des acteurs de la société civile.

Cette décision prouverait à suffisance que les contours du conflit homme-faune ne sont pas bien cernés par Rose Christiane Ossouka et son équipe. «L’abattage des éléphants est contradictoire aux engagements du Chef de l’Etat et pour nous, c’est une initiative peu durable et qui ternit l’image de l’agriculture. La cohabitation entre les producteurs et les éléphants est possible à condition de mettre en œuvre les stratégies qu’il faut et qui sont disponibles», a réagi le coordonnateur général de l’ONG IRDC-Africa, Hervé Omva.

Si le ministre des Eaux et Forêts a très vite fait d’oublier sa déclaration sur la page Facebook du ministère à l’occasion de la Journée mondiale des éléphants, à savoir, «Les éléphants jouent un rôle essentiel pour notre biodiversité. Leur préservation et celle de leur habitat constituent un enjeu majeur pour notre environnement », le secrétaire exécutif de l’ONG Brainforest souhaite avoir le nombre de pachydermes à abattre dans cette opération décidée en solitaire au niveau de l’administration centrale.

«Monsieur Lee White, sur 95.000 éléphants présents sur le territoire selon une récente étude de WCS, combien d’éléphants devraient-on abattre pour éradiquer le phénomène de conflit homme/elephant tant décrié sur toute l’étendue du territoire ?» a interrogé Marc Ona Essangui, rappelant au ministre qu’il n’est pas le seul à decider sur la question. «Toutes les parties prenantes doivent se retrouver pour proposer des solutions pérennes à apporter. Ayez un peu de respect pour les autres parties prenantes que sont les populations victimes, les ONG, et les autres administrations decentralisées».

Que fera-t-on des défenses des pachydermes qui seront abattues lors de ces battues? Quelles seront les conditions qui déterminent l’exécution d’éléphants? Autant de questions qui méritent des réponses de la part du ministre aux larges attributions qui décide de l’avenir de nos eaux, nos forêts, notre espace maritime, nos terres et de notre environnement. Sacré Gabon.

 
GR
 

7 Commentaires

  1. SERGE MAKAYA dit :

    Et si les pays qui ont des moyens, ou les organismes comme WWF, pouvaient nous aider à déplacer certains éléphants pour des zones où ils n’existent quasiment plus ? Il vaut mieux ça que de tuer ces pauvres bêtes. Dois-je vous rappeler que 96000 éléphants n’est pas un si grand nombres qu’on le crois ?

    Et plus, je crois aussi que si on ne détruisait pas notre forêt, les éléphants ne seraient aux abords de nos villages. Dons, c’est l’homme qui détruit la forêt qui est responsable du comportement anormal de l’animal. Vous ajoutez à tout nos malheurs, le simple fait d’avoir des usurpateurs à la tête de notre beau et riche pays, que peut-on encore espérer pour notre pays ? Rien, sauf si les usurpateurs dégagent définitivement.

  2. Prosper dit :

    On veut comme d’habitude résoudre un problème sans se poser la simple question du pourquoi ? Pourquoi y a-t-il aujourd’hui un conflit Homme-éléphant ? Qui détruit la forêt avec des millions d’arbres abattu chaque année ? Quand c’est un européen qui propose d’abattre les éléphants comme une solution…. Excusez-moi mais ce type est au Gabon pour une autre mission…

  3. Julien dit :

    Faites très attention a ce pseudo ministre des Eaux et Forêts. En voulant ABATTRE nos éléphants, c’est toujours lui et les autres de la même BANDE (Bongo – Valentin) qui vont s’approprier les défenses des pachydermes pour les revendre et garder cet argent pour eux et non pour l’état.

  4. NGOMAH dit :

    N’est-ce pas un signe d’efficacité de la politique de protection animale,des pachydermes. La problématique est comment réaménager l’habitat rural et le protéger des conséquences de la nouvelle donne libérale élephantesque.

  5. Serge Makaya dit :

    Les éléphants ne sont pas responsables des malheurs des gabonais. Ils ne se retrouvent plus au fur et à mesure que l’on détruit notre et leur forêt. S’ils avaient la capacité de s’exprimer, ils diraient tout simplement d’arrêter de détruire la forêt comme le disent assez les indiens d’Amérique du Sud pour ce qui est de l’Amazonie.

    Vous ne pouvez même pas vous imaginer ce que nous perdons comme RICHESSES en détruisant notre forêt. Nos Pygmées n’ont plus aussi leurs territoires. En détruisant leur forêt, c’est aussi une part de leur âme que nous detruisons. L’homme fait plus de mal à son semblable et au reste de la création. Pitié! A Ntare Nzame!!

    Savez-vous que même avec nos Pygmées, on pouvait mettre en place des projets touristiques qui auraient rapportés beaucoup plus que notre forêt qu’on détruit depuis plus de 100 ans ? Vous me faites rigoler. Pitié de vous.

  6. Citoyen dit :

    En attendant toutes vos solutions là, des gabonais se font tuer tous les jours par des éléphants.

    Il n’y a aucune raison que le conflit homme-éléphant tourne en faveur des animaux.

    L’éléphant est un animal très intelligent. Il faut qu’on lui apprenne que s’approcher des habitations est un danger pour lui. Et dans ce cas, les battues administratives ou l’autorisation de tuer tout éléphant qui s’approcherait d’un village peuvent constituer des solutions tout à fait envisageables.

    Au Kenya, un troupeau de plusieurs centaines d’éléphants prend la fuite en entendant juste le cri d’un jeune MASAI. L’éléphant du Kenya sait que le MASAI est un guerrier qui ne lui fera pas de cadeau.

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