Depuis ce 28 octobre 2026, Libreville est le centre névralgique de la diplomatie verte du Bassin du Congo. Pendant deux jours, la capitale gabonaise accueille la 3e Conférence régionale des organisations de la société civile environnementale pour construire une position commune avant la COP31. Au cœur de leurs débats, la place des communautés locales et peuples autochtones. 

Quelques-uns des participants, dont les ministre gabonais des Eaux et Forêts (4e en partant de la droite), à l’issue de l’ouverture des travaux. © GabonReview

 

Sous le thème « Un bassin du Congo résilient : forêts, populations, finances et nature », la 3e édition de la Conférence régionale des organisations de la société civile du Bassin du Congo s’est ouverte le 28 octobre à Libreville. Objectif, que le Bassin du Congo, deuxième poumon vert de la planète, arrive uni, fort et coordonné à la Cop31. Représentants de la société civile, peuples autochtones, communautés locales, organisations dirigées par des femmes, chercheurs et institutions publiques : plus de 50 participants venus de six pays, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine et République démocratique du Congo, sont réunis autour d’une même table.

Prendre en compte les communautés 

Dans son mot de bienvenue, le secrétaire exécutif de Brainforest, Martial Dinang, a planté le décor. Pour lui, il est possible de préserver durablement les forêts sans compromettre les droits des populations qui les défendent. Il faut donc «protéger leurs moyens de subsistance et garantir leur participation effective aux décisions ». « Alors que des ressources importantes sont annoncées à l’échelle internationale, comment faire en sorte qu’elles bénéficient effectivement aux communautés locales ? », a-t-il interrogé. Un appel à faire de ces deux jours « un espace de dialogue franc, d’écoute mutuelle et de propositions constructives ». À juste titre, les peuples autochtones ont fait entendre leur voix, égrenant 9 exigences.

© GabonReview

« Nous, peuples autochtones, habitons et vivons depuis toujours en harmonie avec la forêt, source fondamentale de notre existence », Jeanne Biloa, représentante des peuples autochtones. Au nombre des neuf exigences, une participation effective aux décisions à tous les niveaux, la reconnaissance formelle des droits des peuples autochtones, la réduction des industries extractives sur leurs territoires, la lutte contre la criminalité environnementale, l’accès direct au financement climatique, la maîtrise des risques liés au marché carbone, la reconnaissance des efforts de la société civile du Bassin du Congo, la garantie des espaces civiques, la reconnaissance effective de leurs droits fonciers

Seulement 2,1 % des fonds arrivent aux gardiens de la forêt 

Même son de cloche chez Etienne Dourani Toko, représentant des communautés locales du Gabon. « Nous ne pouvons prétendre préserver la nature en marginalisant ses gardiens ni parler de justice climatique en excluant les communautés les plus exposées », a pour sa part, déclaré la directrice exécutive de Greenpeace Afrique. Oulie Kéita. Selon elle, sur les 143 milliards de dollars annoncés pour le Bassin du Congo, seul 2,1% des fonds mondiaux parviennent directement aux peuples autochtones pour leurs droits fonciers. Elle exige « de lever les barrières administratives et d’assurer que les ressources parviennent réellement sur le terrain ».

Le ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogo, a reconnu que « l’on ne peut parvenir à un véritable développement sans prendre en compte les peuples autochtones ». Il a rappelé que les 175 forêts communautaires du Gabon sont la preuve de cet engagement. « Ces communautés ont la connaissance. Ce sont des savoirs traditionnels à sauvegarder », a-t-il déclaré.  Estimant que « ce que l’on préserve n’a de sens que si c’est transformé au bénéfice des communes», il a invité les participants à formuler des recommandations précises. La rencontre de Libreville s’achève ce jeudi 29 octobre. L’enjeu est d’arriver à la COP31 non pas en ordre dispersé, mais avec la voix puissante et unie de 6 pays qui gardent le poumon de l’Afrique.

 
GR
 

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