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Le Syndicat national des professionnels des Eaux et forêts (Synapef) a annoncé, au cours d’un point presse le 26 juillet, une plainte contre des opérateurs forestiers et une autre contre plusieurs responsables administratifs. Ils sont notamment soupçonnés de corruption, blanchiment de capitaux et trafic d’influence.

Maurice Steed Mve Angue entouré de ses collègues le 26 juillet. © Gabobreview

 

Sur proposition du ministre Lee White, a fait savoir le Syndicat national des professionnels des Eaux et forêts (Synapef), lors d’un point presse le 26 juillet, le directeur général des Forêts et son directeur des études, le directeur général de l’Environnement ainsi que le directeur général des Ecosystèmes aquatiques ont été nommés en violation des textes organiques sectoriels. Leur prestation de serment et prise de fonction jugées irrégulière et illégale, auraient fait l’objet d’une requête auprès du Conseil d’Etat le 12 février dernier et d’une information auprès du tribunal de Libreville le 5 mars.

«Ces démarches sont restées sans suite», a fait savoir le porte-parole du Synapef selon qui, en sus de leur prise de fonction viciée, ces responsables administratifs procèdent à la signature d’actes de transactions auprès des opérateurs économiques, en incluant des règlements en nature. «Ce qui constitue une violation flagrante du décret n°162/PR/MEF du 19 janvier 2011, déterminant les modalités de constatation et de répression de certaines infractions en matière des Eaux et Forêts», a déclaré Maurice Steed Mve Angue.

La pratique entretiendrait les conditions de concussion, corruption et trafic d’influence entre les Eaux et Forêts et les opérateurs économiques. Dénonçant ces errements, le Synapef a annoncé l’introduction d’une plainte auprès des instances nationales et internationales, pour corruption active, exploitation frauduleuse, collusion et blanchiment de capitaux contre des opérateurs forestiers identifiés. Une autre plainte a été déposée auprès des instances nationales pour corruption passive, trafic d’influence, prise illégale d’intérêt et détournements de deniers publics, à l’encontre de plusieurs responsables administratifs.

Quelques griefs

Lee White est dans le viseur du Synapef. © D.R.

Selon le Synapef, par acte de transaction n°000959 du 30 septembre 2020, des sanctions ont été prises contre la société WCTS pour manœuvre frauduleuse et non présentation des documents techniques et comptables afférents aux activités de ses permis forestiers situés dans l’Ogooué-Ivindo. Parmi celles-ci, une amende de 12 millions de francs CFA revue à 7,5 millions ; l’achat de 2 véhicules pickup de marque Toyota Hilux double cabine à livrer au plus tard le 15 novembre 2020 pour le premier et le 15 février 2021 pour le second ; l’achat des équipements au bénéfice des cantonnements de Mékambo et d’Ovan à hauteur de 10 millions ; le versement de 2,5 millions de francs CFA dans le compte Gabon-Meca de la direction générale des Forêts. Cependant, un seul véhicule aurait été livré tandis que les cantonnements n’ont jamais bénéficié des équipements.

Par acte de vente n°00998 du 19 octobre 2020, l’administration a cédé à la société Ngola et Fils, 1354,893 m3 de bois abandonnés estimés à 24 millions de francs CFA, à solder par un versement de 9,6 millions dans le compte des Eaux et Forêts. Un versement de 7,2 millions dans le compte de la forêt communautaire d’Ayem Awoula et un versement de 7,2 millions sous forme d’acquisition de biens et services au profit de la direction provinciale des Eaux et Forêts de l’Estuaire, laquelle n’a jamais bénéficié de cette acquisition.

Les mêmes écarts concerne également un règlement en nature de plusieurs millions de francs CFA par la société CXBG censé contribuer à la manutention, au transport et au sciage du bois destiné à la fabrication des poteaux des barrières électriques de l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN), à l’appui du fonctionnement de la direction générale des Industries suivant un état de besoins et à la participation au fonds de solidarité nationale Covid-19, dès fixation des modalités.

Des comptes bancaires actifs pour des agents fictifs

Le Synapef assure que le directeur général de l’Agence d’exécution des activités de la filière forêts-bois responsable de ING forest consulting, une boite servant d’intermédiaire entre l’administration des Eaux et Forêts et les exploitants forestiers, a joué un rôle central dans les négociations entre l’administration et la société forestière STIBG. Il plaidé pour que la convention provisoire aménagement exploitation transformation de ladite société ne soit pas annulée pour non-conformité à la loi. Cette prestation a été facturée à 50 millions de francs CFA. Le Synapef affirme que Lee White fait bénéficier à ses «collaborateurs privilégiés», la double rémunération au mépris des textes en vigueur.

Le Synapef dénonce également le fait que le conseiller économique et financier, ordonnateur délégué du compte régie recettes Eaux et forêts ouvert à la Caisse de dépôt et consignations géré par l’Agence comptable AGATOUR, ait mis en place un système de prédation des primes sur amendes. Le système consisterait à lier des numéros de comptes bancaires actifs à des noms d’agents et responsables administratifs fictifs. L’idée, a fait savoir le porte-parole du syndicat, «opérer des virements frauduleux groupés d’une part, et s’offrir des perceptions en numéraire par le canal de complices externes, inclus insidieusement dans les effectifs du ministère d’autre part». Le système aurait permis le détournement de près de 40 millions de francs CFA.

 
GR
 

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