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En cette période de crise sanitaire liée au Covid-19, détourner des fonds publics est assimilable à un crime contre l’humanité. Alors que l’opinion attend toujours les résultats de l’enquête de la Commission parlementaire sur les fonds alloués à la lutte contre cette pandémie, le ministre en charge de la Lutte contre la corruption a indiqué que les auteurs de détournements pourront être traduits devant la Cour pénale internationale (CPI).

Selon Francis Nkéa, les auteurs de corruption en cette période de Covid seront traduits devant la CPI. © D.R.

 

Une campagne de sensibilisation sur les mécanismes de lutte contre la corruption dans toutes les administrations est en cours. Dans ce cadre, le 24 février, les secrétaires généraux, inspecteurs généraux de service, directeurs généraux, directeurs, chefs de service et responsables de la budgétisation par objectif de programme du ministère de l’Economie et de la Relance ont été invités à une bonne gestion des finances publiques, et particulièrement en cette période de crise sanitaire due au Covid-19. «Sans politique économique stable et débarrassée de toute corruption, nous manquerons de crédibilité, nous découragerons les investisseurs sérieux et ferons la part belle aux passagers clandestins», a déclaré le ministre de l’Economie et de la Relance.

Selon Nicole Jeanine Lydie Roboty qui rappelle que «plusieurs études ont démontré que la corruption et la mauvaise gouvernance ralentissent l’investissement, freinent la croissance, pèsent considérablement sur la collecte des recettes et renforcent l’exclusion sociale» ; faire preuve de bonne gouvernance est un impératif dans un contexte où l’économie gabonaise va très mal. Elle a subi un triple choc lié à la chute de la demande mondiale des principaux produits d’exportation du pays, la baisse des cours de produits de base et le ralentissement de certaines activités au niveau national, suite aux mesures de lutte contre le Covid-19. «Selon Transparency internationale, la corruption est le détournement à des fins privés d’un pouvoir public confié en délégation», a pour sa part signifié Francis Nkéa.

CPI et radiation pour les agents publics

«C’est-à-dire que vous détournez ce qui appartient à l’intérêt général, pour un profit particulier. Les citoyens ne pouvant pas produire autant qu’ils le faisaient auparavant, il est tout à fait normal qu’on puisse faire en sorte qu’il n’y ait pas de détournements», a expliqué le ministre de la Bonne gouvernance, en charge de la Lutte contre la corruption. «Détourner des fonds publics pendant cette période de Covid, pourrait être assimilé à un crime contre l’humanité, justiciable devant la Cour pénale internationale», a prévenu Francis Nkéa selon qui, la démarche pour lutter contre la corruption dans le pays, repose sur 3 piliers : la pédagogie ; le contrôle fait par les inspecteurs généraux de service, l’Autorité nationale d’audit et de vérification ; la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite et la sanction.

«Après avoir recueilli tous les éléments de preuve de culpabilité et de défiance, nous procédons à la sanction. Et cette sanction ne sera pas seulement pénale. Pour les agents publics, la sanction sera également disciplinaire et elle pourra aller jusqu’à la radiation des effectifs», a-t-il fait savoir. Dans le pays, une enquête parlementaire a été commise sur la gestion des fonds alloués à cette pandémie. Remis au chef de l’Etat, les résultats de cette enquête sont toujours attendus par l’opinion, au regard des différentes contributions encaissées par le pays.

 
GR
 

8 Commentaires

  1. Gaston dit :

    Très bien. Commençons par toute la famille Bongo et Valentin. Elle est championne du Gabon des détournements de fonds.

  2. Mezzah dit :

    C’est un aveu d’échec, on s’en remet à la CPI pour juger les auteurs de détournements alors qu’une justice est censée exister sur place. C’est pathétique.
    Une autre lecture consisterait à reconnaître tout simplement que ceux qui rendent justice sont eux mêmes impliqués dans des détournements. D’ailleurs il suffit de voir dans quelle opulence ils vivent…CQFD.

  3. OBAME dit :

    Ça s’appelle de la distraction.
    N’y a t-il pas une justice libre et indépendante au Gabon pour que des délits qui relèvent du droit national soient jugés par une juridiction internationale ?
    Nous marchons vraiment sur la tête dans ce pays.
    Combien de « corrompus » ont déjà été jugés et arrêtés depuis l’existence de ce ministère ?
    Nkéa mange l’argent des gabonais et tait toi, on ne parle pas la bouche pleine.
    Mais un jour viendra ou vous tous et vos proches aurez à répondre de ce désordre devant la justice populaire.

  4. Dougueli dit :

    Aveu de ne pas pouvoir les juger sur place, c’est pathétique. Commençons par celui qui détourne tous les mois la Com de 7% prélevée sur les consommations d’électricité et cela depuis 20 mois maintenant. C’est au minimum 500 patates par mois.

  5. Alain Christian dit :

    Devient-on stupide en devenant ministre?

  6. Giap EFFAYONG dit :

    Cet idiot De Nkea fait de la diversion.Quel gabonais peut prendre au sérieux ce corrompu notoire? Je souhaiterais voir un jour,ta carcasse se balancer sous un arbre la corde autour du cou.

  7. Nicolas AMVAME dit :

    La CPI juge des crime contre l’humanité qu’on espère aussi rare que possible… Si un état devait s’en remettre à la CPI pour juger d’actes de corruption (répétitifs, nombreux, de petites et grandes ampleurs, et parfois quotidiens), c’est qu’il est soit incapable de juger de la corruption sur son territoire, soit qu’il n’a pas la volonté de sincèrement traiter et juger les cas de corruption… Cet article (et le commentaire sur la CPI) est surprenant… Sur le principe, oui certains crimes économiques tuent beaucoup plus de gens que la guerre, mais à petit feu et sur plusieurs années. La CPI n’est d’aucune utilité en matière de gestion de la corruption. Si on doit brandir la menace de la CPI pour gérer la voracité des uns et des autres, on n’est pas sorti de l’auberge…

  8. Gayo dit :

    Regarde moi sa tête de menteur vicieux et cynique. En matière de détournement de fonds publiques Ali Bongo est le premier criminel. Demandez lui où était parti l’argent de la privitisation de l’Oprag. Dans ses poches.

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