Selon le Global Organized Crime Index (GI-TOC), une organisation qui évalue les niveaux de criminalité dans le monde, le Gabon n’est pas un marché de trafic d’armes à haut risque. Avec un score de criminalité de 4,90/10, le pays est au 95e rang mondial sur 193 pays, 32e sur 54 pays en Afrique et 7esur 11 pays d’Afrique centrale. Il est cependant une bonne destination des drogues de synthèse et un point de passage international de la cocaïne.

«Le Gabon est avant tout un pays de destination pour les drogues de synthèse ». © Gabonreview/Shutterstock

 

Présenté principalement comme un marché de destination et un point de passage pour les personnes victimes de la traite en Afrique de l’Ouest, contraintes à l’exploitation sexuelle et au travail, le Gabon jouit d’une bonne opinion dans l’Indice mondial de crime organisé. Publié le 28 septembre dernier, le rapport du Global Organized Crime Index (GI-TOC) produit par 350 experts et financé par le gouvernement des États-Unis et l’Union européenne classe le pays à la 95 ème place sur 193 pays et 32 ème sur 54 pays en Afrique, avec un score de criminalité évalué à 4,90 / 10, sur une échelle de 1 à 10 dans l’Indice.

Le crime organisé est un fléau qui afflige des pays aux quatre coins du globe, des petits États insulaires aux grandes superpuissances économiques. C’est un moteur sous-jacent de nombreux défis géopolitiques majeurs, notamment les conflits, l’instabilité politique et les migrations forcées. Selon les conclusions de l’étude, globalement le « Gabon n’est pas un marché de trafic d’armes à haut risque ». Cependant, l’instabilité récente dans le pays a conduit les courtiers en armes à chercher à vendre des armes.

Un point de transbordement pour la cocaïne

Selon le rapport, le Gabon est à risque en raison de sa proximité avec le Cameroun, bien que la frontière sud du Cameroun ne soit pas particulièrement sujette au trafic d’armes. Le cannabis est la drogue la plus couramment consommée au Gabon et importé principalement du Cameroun. Toutefois, le Gabon est un point de transbordement intracontinental pour la cocaïne qui entre généralement sur le continent par d’autres points d’entrée d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale. Le transbordement d’héroïne est probable, étant donné que le transit de cocaïne existe. Cependant, la consommation d’héroïne est limitée au Gabon. « Le Gabon est avant tout un pays de destination pour les drogues de synthèse. Comme dans d’autres pays d’Afrique centrale, des rapports font état d’une utilisation généralisée du tramadol », soulignent les auteurs de l’étude.

S’agissant des acteurs du crime, selon le rapport, les arrestations régulières de trafiquants d’espèces sauvages et les saisies d’ivoire par les autorités gabonaises suggèrent que des réseaux criminels sont actifs dans le pays avec des opérations transfrontalières dans certaines parties de l’Afrique centrale et occidentale. Il existe également des rapports sur les acteurs étrangers d’Asie impliqués dans des délits forestiers. En ce qui concerne la traite des êtres humains, il existe une complicité généralisée dans les crimes de traite, y compris le personnel judiciaire, les juges acceptant des pots-de-vin des trafiquants pour retarder ou rejeter les affaires de traite. Par contre, il n’y a aucune preuve de groupes de style mafieux opérant au Gabon.

En termes de niveaux de criminalité organisée, le continent africain affiche un score de 5,17 sur 10, se classant juste derrière l’Asie qui affiche un score de 5,30. Il devance les Amériques (5,06), l’Europe (4,48) et l’Océanie (3,07). Sur le continent, l’Afrique de l’Est est la région qui enregistre les niveaux les plus élevés de criminalité organisée, avec un score de 5,66. En deuxième position, on retrouve l’Afrique de l’ouest avec un score de 5,47, l’Afrique centrale (5,11), l’Afrique du Nord (4,86) et enfin l’Afrique australe (4,67).

Cependant, la République démocratique du Congo détient la palme du pays le plus affecté par la criminalité organisée (7,75 sur 10), suivi du Nigeria (7,15) et la Centrafrique (7,04). Ils forment le top 3 du continent africain. La Libye, pourtant considéré par de nombreux observateurs comme un état failli et un refuge de terroristes et de mercenaires, ne figure qu’à la sixième place, derrière le Kenya et l’Afrique du Sud.

 
GR
 

1 Commentaire

  1. diogene dit :

    Présenté principalement comme un marché de destination et un point de passage pour les personnes victimes de la traite en Afrique de l’Ouest, contraintes à l’exploitation sexuelle et au travail, le Gabon jouit d’une bonne opinion dans l’Indice mondial de crime organisé.

    Merci pour les esclaves qui ne ternissent pas l’image du Gabongo !

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