À l’approche de la fête des Saints Innocents, un cri d’alarme s’élève à nouveau depuis Libreville. Face à la persistance des crimes rituels et au sentiment d’impuissance qui gagne les familles endeuillées, l’Association de Lutte contre les Crimes Rituels interpelle solennellement les confessions religieuses, les autorités et la nation tout entière. Un appel grave, sans détour, qui pose une question centrale : peut-on entrer dans la Vè République en laissant le sang des innocents sans réponse ?

L’ALCR lance un appel citoyen à toutes les confessions religieuses afin qu’elles se mobilisent à nouveau pour combattre le mal. © GabonReview/Dall-E

 

À la veille de la célébration de la fête des Saints Innocents, prévue le 28 décembre 2025, l’Association de Lutte contre les Crimes Rituels (ALCR) a lancé, depuis Libreville, un appel solennel aux confessions religieuses du Gabon, dénonçant avec gravité la résurgence des crimes rituels et la banalisation de la violence qui en découle

Dans un message empreint de douleur et d’indignation, son porte-voix, Jean Elvis Ebang Ondo, rappelle que derrière les statistiques et les silences officiels se trouvent des familles endeuillées. «De nombreuses familles gabonaises vivent cette période dans la douleur, la détresse, l’angoisse et la désolation», écrit-il, évoquant nommément des victimes récentes, assassinées ou portées disparues à Libreville et Port-Gentil

L’ALCR dénonce un «retour inquiétant de pratiques anciennes et obscures» et condamne sans ambages «ces actes barbares» qu’elle qualifie de menace directe pour la dignité nationale

Face à cette situation, l’association exhorte les principales confessions religieuses (catholique, évangélique et musulmane) à renouer avec l’esprit du mémorandum interreligieux du 11 mai 2013, remis à l’État lors d’une marche pacifique

Au-delà de la dénonciation, l’appel formule des propositions concrètes : la mise en place d’une chaîne de solidarité nationale, associant religions, médias et ONG, afin de renforcer la prévention, la sensibilisation et la défense des droits humains

Le texte d’appel de l’ALCR se fait également politique. Il interpelle directement les autorités de la Transition et le président Brice Clotaire Oligui Nguema, plaidant pour la création d’une Commission “Vérité, Justice et Réconciliation” dédiée aux crimes rituels, qualifiés de «priorité nationale»

Dans une conclusion à la tonalité spirituelle assumée, l’association lance un avertissement sans détour : «Le sang des innocents coule et crie vengeance», rappelant que, pour elle, «le véritable problème du Gabon est spirituel» et que demeure, comme ligne morale intangible, ce commandement : «Tu ne tueras point !»

 
GR
 

2 Commentaires

  1. Jean Jacques dit :

    Est ce que vous êtes les innocents ,vous tous, vous êtes dans les SECTES, LOGES ET MARABOUTS.

  2. Kobbe dit :

    CRIME, LA PAUVRETE ET LA RELIGION….
    L’origine de tout a un seul nom: la PAUVRETE. Et l’Eglise nous prêche depuis plus d’ un siècle la même évangile: les pauvres hériteront le royaume céleste. La manière de prier Dieu est important, chaque culture a sa manière: l’africain a perdu son encrage et donc tous les repères depuis qu’il s’étais éloigné de ses coutumes. Avant la conquête et la venue du ‘’Catholicisme’’ il y avait pas ni vols ni crime de sang dans les société africaine traditionnelles: il y avaient de règles, il y avaient de lois strictes bien observées par la communauté. L’histoire nous dit que l’esclavagisme et la colonisations sont deux crimes humains de haut rang qui ont eut la bénédiction de l’Eglise: ceci dit, l’Eglise ne nous sauvera jamais ni contre les crimes rituels ni contre la pauvreté. Et l’Eglise ne nous mènera jamais vers le développement socio-économique. L’Eglise est l’oeuvre de la main de l’homme, pas de Dieu. Prouvez le contraire de cette affirmation. Et citons un seul pays que la religion a développé (…)

Poster un commentaire