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À l’occasion de la 35e session du Conseil des ministres de l’Union des États de l’Afrique centrale (UEAC) tenue ce lundi 10 août par visioconférence, le président de la Commission de la Cemac a invité les différents États membres de la Communauté à mettre en œuvre les solutions préconisées par les experts en vue de renforcer les plans de relance économique initiés ces derniers mois face à la crise liée au Covid-19. Il craint le pire pour les États et leurs populations.

Le Pr Daniel Ona Ondo, prononçant son discours lors de la 35e session du Conseil des ministres de l’UEAC, le 10 août 2020. © Commission Cemac

 

Bien plus que les précédents, les mois qui viennent risquent d’être difficiles pour les États de la Cemac et leurs populations. Or, selon Pr Daniel Ona Ondo, seulement cinq mois après son entrée sur le continent et particulièrement dans la sous-région de l’Afrique centrale, le Covid-19 a déjà plongé les économies des Etats de la Communauté dans une situation sans précédent. À l’occasion de la 35e session du Conseil des ministres de l’UEAC tenue ce lundi 10 août par visioconférence, le président n’a pas caché sa crainte de voir les choses s’aggraver si les solutions préconisées par les experts du Comité inter-États ne sont pas mises en œuvre pour de meilleures stratégies de relance économique dans la sous-région.

Affirmant que face à la crise sanitaire actuelle «les acquis de nos efforts de redressement sur les trois dernières années ont été gommés», le président de la commission de la Cemac prévient également que «la Cemac va replonger dans la récession» et que son PIB pourrait se contracter de l’ordre de 4 à 6%. «Les termes de l’échange seront détériorés, comme les soldes budgétaires et de la balance des paiements. Les besoins de financement, sans être insoutenables, sont néanmoins importants. Près de 1 500 milliards de FCFA à combler sinon, nous risquons d’assister à une détérioration et à une fragilisation accrue des indicateurs macroéconomiques et de la stabilité financière de nos économies», met-il en garde.

Convaincu qu’il est encore possible d’éviter ce scénario catastrophe, l’économiste exhorte à mettre en œuvre les différentes solutions préconisées aussi bien par le PREF-Cemac que par les experts du comité inter-États s’étant réunis par visioconférence les 4 et 5 août dernier, relatives à la relance économique à l’échelle régionale. Il s’agira, précise-t-il, de «l’accélération des réformes structurelles pour une croissance durable, de la consolidation de la viabilité des finances publiques et la résilience des économies face aux chocs, sur le développement du secteur privé comme moteur de relance économique, le parachèvement de l’intégration régionale, la construction d’un marché commun et l’accélération de la mise en œuvre des projets intégrateurs».

En dehors de la relance économique face à la crise sanitaire liée au Covid-19, la 35e session du Conseil des ministres de l’UEAC présidée par le ministre camerounais de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, a également porté, entre autres, sur la réforme du dispositif de surveillance multilatérale initiée depuis 2017, la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace communautaire ainsi que sur l’harmonisation des titres et tarifs de séjour en zone Cemac.

Le ministre gabonais de l’Économie et de la Relance, Jean-Marie Ogandaga, a pris part aux travaux depuis son cabinet à Libreville.

 
GR
 

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