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Professeur de droit public et spécialiste de sociologie politique, Guy Rossatanga-Rignault, par ailleurs président de la Fondation Raponda-Walker pour la Science et la Culture et auteur prolifique, a tout récemment mis sur le marché du livre, une nouvelle œuvre : «De Boston à Baraka : un siècle de protestantisme gabonais (1842-1961)». L’ouvrage de 364 pages est consacré à l’histoire de la foi protestante au Gabon.

La premier de couverture de «De Boston à Baraka : un siècle de protestantisme gabonais (1842-1961)» du Pr. Guy Rossatanga-Rignault. © Gabonreview

 

«De Boston à Baraka : un siècle de protestantisme gabonais (1842-1961)» est le nouvel ouvrage du Pr Guy Rossatanga-Rignault. Publié aux Éditions Raponda-Walker et en librairie depuis le début du mois d’août, il est consacré au développement du protestantisme au Gabon. Un cheminement prenant source à Boston aux États-Unis, point de départ des premiers missionnaires, jusqu’à Libreville où ils ont implanté cette branche du christianisme. Sur plus de 360 pages, l’auteur retrace l’histoire, livre des dates et présente les grands hommes ayant façonné ce courant religieux dans le pays.

Aperçu de l’ouvrage du Pr. Guy Rossatanga-Rignault. © Gabonreview

Le «devoir de témoigner et partager une histoire»

«De Boston à Baraka est l’histoire illustrée de la foi protestante construite au Gabon à partir de 1842 lorsque les premiers missionnaires américains, venus de Boston dans le Massachussetts, investissent la colline de Baraka, sur la rive droite de l’estuaire du Gabon, qui n’est pas encore Libreville», peut-on découvrir sur la quatrième de couverture du livre. Et l’écrivain d’ajouter : «je dois, enfin, à la vérité de dire que les pages qui suivent sont aussi l’expression d’un devoir. Devoir de témoigner et partager une histoire. Devoir de celui qui a reçu la foi réformée en héritage et qui a choisi de ’’faire de ce hasard un destin par un choix continue’’, pour reprendre la belle formule du philosophe (Protestant) français Paul Ricœur».

Ce travail testimonial est préfacé par le professeur émérite des universités à Sciences Po Paris et agrégé de science politique, Bertrand Badié. Appréciant cette œuvre au «sujet important, étrangement marginalisé par la recherche en science politique», il assure que le livre qu’il  préface «nous engage bel et bien dans une connaissance nouvelle et significative du Gabon, dont une partie de l’histoire s’amorce un jour de l’année 1842, lorsque le Révérend John Leighton Wilston arrive dans l’estuaire du Komo et installe sa première mission à Baraka, quartier du futur Libreville».

Le texte se divise en deux grandes parties : les grandes dates et les grandes figures. Ce que l’auteur présente comme «un double mouvement» permettant un «voyage au long cours dans le premier siècle du protestantisme gabonais». Il s’effectue en effet par «un survol historique de la période allant de 1842 à 1961 en marquant une pause sur un certain nombre de grandes dates», tout comme il offre l’occasion «de faire connaissance de quelques grandes figures de cette aventure missionnaire qui a posé les bases du protestantisme au Gabon».

Le livre s’ouvre ensuite sur un chapitre introductif : «Ce qu’être protestant veut dire». «En effet, il m’a maintes fois été donné de constater une certaine méconnaissance de cette spécificité du christianisme, y compris chez nombre de protestants», explique Rossatanga-Rignault. Dans ces pages, il tente d’apporter des réponses à un questionnement («Qu’est-ce qu’un protestant ? Qu’est-ce que le protestantisme ? Qu’est-ce que le protestantisme gabonais ?») pour, au final, relever que «le protestantisme pourrait se résumer en triptyque Liberté-Responsabilité-Travail».

Aperçu de l’ouvrage. © Gabonreview

Plus de 300 images et documents d’archive

L’ouvrage se complète de 19 autres chapitres dans lesquels les lecteurs peuvent découvrir l’histoire du débarquement du Révérend John Leighton Wilston et de ses collègues, en provenance de Boston (Etats-Unis), le 22 juin 1842, sur les côtes gabonaises où ils fondent la station de Baraka. Mais aussi le périple de ces missionnaires à l’intérieur des terres gabonaises, notamment dans la province de l’Estuaire, aux alentours de Kango, puis plus en profondeur dans l’Ogooué.

Rossatanga-Rignault laboure, ainsi, à nouveau, le riche terreau de l’histoire du Gabon en diffusant sa passion de la vulgarisation et, pour tout dire, du partage. Ce, après d’autres ouvrages tout aussi mémoriels, en l’occurrence «Les grandes dates du Gabon» et «Libreville, mon amie», parus respectivement en 2015 et 2017 aux éditions Raponda-Walker.

«De Boston à Baraka : un siècle de protestantisme gabonais (1842-1961)» est richement illustré et référencé de plus de 300 images et documents d’archive. Sur les grandes dates revisitées dans le livre, l’auteur relève quatre qu’il présente comme emblématiques : 1825, «le commencement à Boston» ; 1849 «l’expansion de l’œuvre américaine» ; 1898, le «début de l’expansion de l’œuvre française» et 1961, marquant la «proclamation de l’autonomie de l’Église évangélique du Gabon». Quant aux grandes figures de cette aventure humaine, il a retenu John Leighton Wilson, Albert Bushnell, Dr. Robert Hamil Nassau, Elie Allégret, Maurice Robert ou encore Henry Ndjavé-Njoy, Félix Efè Aboghé, Félix Ombagho, Ogoula M’Beye et Charles Emane Biyè.

«De Boston à Baraka : un siècle de protestantisme gabonais (1842-1961)» est une invite à la découverte de l’histoire de la fondation de la première église gabonaise, deux ans avant l’arrivée, le 28 septembre 1844, du prêtre catholique français, Jean-Rémy Bessieux, au Fort d’Aumale. Un livre documenté présentant le parcours remarquable de ces «hommes de Dieu» qui se sont risqués sur les terres aussi inconnues qu’hostiles de l’intérieur du pays pour porter la parole.

 
GR
 

4 Commentaires

  1. Milangmissi dit :

    Je l’aurais lu avec bcp de curiosités, le titre est attrayant mais je ne me vois pas entrain de lire un ouvrage écrit par un courtisan d’ali bongo.
    “Un écrivain a pour métier la vérité. Laquelle a pour meilleure amie la liberté. L’animal par nature étant plus libre que l’humain, nul ne prête plus attention à ses propos que l’écrivain.”
    Eric Orsenna

  2. tousaufça dit :

    Ne laissons pas les hérétiques polluer l’esprit catholique romain de notre Gabon.

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