Lors de l’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’Assemblée nationale, le 1er septembre, à Libreville, le président Michel Régis Onanga M. Ndiaye a placé le volet social au cœur de son discours, tirant la sonnette d’alarme sur une «fréquence préoccupante» des décès, en particulier chez les jeunes. Dans un hémicycle chargé d’histoire, il a décrit une réalité douloureuse : «pour beaucoup d’entre nous, le téléphone qui sonne n’est plus seulement porteur de bonnes nouvelles. Il annonce le décès d’un jeune parent, d’un jeune ami, d’un jeune collègue, d’un jeune voisin ou simplement d’un jeune proche». 

Michel Régis Onanga M. Ndiaye a interpellé le gouvernement sur le sort de «ces milliers de jeunes Gabonais qui recherchent encore un emploi, parfois avec des diplômes et des qualifications». © D.R.

 

En ouvrant la session budgétaire de l’Assemblée nationale, le président de la Chambre, Michel Régis Onanga M. Ndiaye, a placé le volet social au cœur de son discours, avec une insistance particulière sur la santé et l’emploi des jeunes. Face à une mortalité qu’il juge «préoccupante», notamment chez les jeunes, il a appelé à une refonte en profondeur du système sanitaire et à une réponse structurelle au chômage des diplômés, dans un contexte où «le budget de l’État, en définitive, est le budget de la Nation». 

Fréquence préoccupante du nombre de décès, plus spécifiquement chez les jeunes

Le ton s’est fait grave lorsque Michel Régis Onanga M. Ndiaye a évoqué la «fréquence préoccupante du nombre de décès, plus spécifiquement chez les jeunes». Reconnaissant que «la mort est par essence un phénomène naturel», il a toutefois refusé l’indifférence face à des familles «endeuillées successivement». «Pour beaucoup d’entre nous, le téléphone qui sonne n’est plus seulement porteur de bonnes nouvelles. Il annonce le décès d’un jeune parent, d’un jeune ami, d’un jeune collègue, d’un jeune voisin ou simplement d’un jeune proche». Cette situation, selon lui, impose de «réfléchir, mais surtout d’agir rapidement». 

Pour Michel Régis Onanga M. Ndiaye, cette succession de drames doit surtout provoquer une réaction rapide et structurelle des pouvoirs publics. Il a donc estimé que la répétition de décès chez des personnes jeunes impose de renforcer l’ensemble de la chaîne sanitaire. Il a plaidé ainsi pour «un système de santé mieux organisé, suffisamment structuré», doté d’infrastructures adaptées, d’équipements performants et de personnels «convenablement formés et accompagnés». L’enjeu est également de consolider les capacités nationales de prévention, de diagnostic et de traitement, tout en améliorant les plateaux techniques, l’allocation des ressources et surtout la gouvernance du secteur, qu’il souhaite «rigoureuse». Il a proposé notamment de relancer, plus efficacement, la coopération médicale avec Cuba et d’envisager le retour de médecins cubains en plus grand nombre, au Gabon.

Offrir à la jeunesse des perspectives concrètes

Le président de l’Assemblée nationale a par ailleurs salué les investissements déjà annoncés dans le secteur, notamment les 44 milliards de francs CFA destinés au renforcement du plateau technique national, auxquels s’ajoutent 6 milliards pour la réouverture des restaurants dans les structures hospitalières et 5 milliards pour améliorer la prise en charge des assurés de la CNAMGS. Pour lui, ces efforts doivent s’inscrire dans une ambition plus large, à savoir, «faire progresser durablement l’espérance de vie des Gabonaises et des Gabonais». Une vision qui l’a amené à rappeler que «la santé ne doit pas être considérée comme une dépense parmi tant d’autres», mais comme «un investissement dans le capital humain de la nation».

L’autre grande préoccupation sociale soulevée concerne l’emploi des jeunes, dans un pays dont la population, désormais estimée à 3,5 millions d’habitants, est particulièrement jeune. 

Michel Régis Onanga M. Ndiaye a interpellé le gouvernement sur le sort de «ces milliers de jeunes Gabonais qui recherchent encore un emploi, parfois avec des diplômes et des qualifications». Il a souligné que les demandes d’emploi affluent quotidiennement auprès des responsables publics. Face à une fonction publique qui «ne peut plus» absorber, seule, cette demande, il a appelé à développer davantage d’activités économiques sur l’ensemble du territoire afin de créer des emplois, notamment pour les plus vulnérables. Pour le président de l’Assemblée nationale, santé et emploi participent d’une même exigence, en l’occurrence, offrir à la jeunesse des perspectives concrètes et éviter que cet atout démographique ne se transforme en difficulté. «C’est ensemble que nous donnerons à notre jeunesse des raisons d’espérer», a-t-il conclu.

 
GR
 

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