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Les villages Bolossoville-Meleme et Belfort situés dans le département du Ntem, dans le Woleu-Ntem, exigent la signature du cahier des charges contractuelles avec les opérateurs économiques qui exploitent leur forêt. Il s’agit des sociétés Tropical Timber Industry Board (TTIB) et Compagnie Dan Gabon (CDG), qui n’ont jamais signé cet engagement après deux ans d’activités.

Des villageois de Bolossoville-Meleme et Belfort lors d’une séance de travail avec des membres de l’ONG Conservation Justice, le 7 août 2020. © D.R.

 

Les habitants des villages Bolossoville-Meleme et Belfort dans le département du Haut-Ntem, dans Woleu-Ntem, sont en colère. Ils exigent la signature du cahier des charges contractuelles avec les opérateurs économiques qui exploitent les forêts de leur localité. Cette affaire a été révélée par l’ONG Conservation Justice, dont une équipe s’est rendue dans ce département, le 7 août, dans le cadre de ses activités d’information auprès des populations villageoises.

L’exploitation du bois dans ces localités est pratiquée par les sociétés Tropical Timber Industry Board (TTIB) et Compagnie Dan Gabon (CDG). Depuis quelques années, ces opérateurs exploitent le bois de ces communautés villageoises sans avoir signé un cahier des charges contractuelles. Or, il s’agit d’une obligation légale confirmée dans l’arrêté 105/MFEPRN/SG/DGF/DDF/SACF du 6 mai 2014 fixant le modèle de cahier des charges contractuelles. Les exploitants forestiers doivent ainsi contribuer au développement des communautés, à travers un fonds de développement local qui doit être géré de manière transparente grâce à un Comité de gestion et de suivi des projets (CGSP), afin de mettre en œuvre des projets de développement au bénéficie des communautés.

Les villageois menacent de faire cesser la coupe du bois

Ce CGSP est composé du gouvernorat ou de la préfecture, les collectivités locales, l’administration forestière, le concessionnaire forestier et les représentants des communautés. Or, la province du Woleu-Ntem avait pris un certain retard dans ce processus, même si depuis deux ans, plusieurs cahiers des charges contractuelles ont été signés, notamment avec la société Rougier. Mais certains continuent à retarder ce processus qui est une obligation depuis 2014.

Une situation à l’origine de la colère des villageois. «Depuis deux ans, les opérateurs économiques que sont TTIB et CDG n’ont jamais pris cet engagement pourtant exigé lors de l’octroi des permis d’exploitation», expliquent-ils. Ils ont avisé d’un éventuel mouvement d’humeur dont la conséquence serait une interdiction de couper le bois dans «leur forêt» si ces opérateurs ne respectent pas leurs engagements.

Les communautés villageoises et Conservation Justice déplorent cette situation et relèvent que les populations villageoises subissent en général la présence de ces opérateurs économiques sans bénéficier de la mise en place de projets de développement. Même si la mise en œuvre de ces projets pose souvent d’autres difficultés, la première étape est la signature des cahiers des charges contractuelles, suivie de la validation des projets qui pourront être développés grâce au fonds de développement local que les sociétés forestières doivent alimenter, en fonction de leur production (800 FCFA/m3 exploités) depuis 2014.

 
GR
 

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