HABANA

 

Bien qu’ayant obtenu un non-lieu et la main levée du mandat de dépôt dont il faisait l’objet depuis la tentative manquée de coup d’État du 7 janvier 2019, le jeune activiste et opposant gabonais est toujours en détention à la prison centrale de Libreville à la suite de l’appel interjeté par le ministre de la Défense nationale, Michaël Moussa Adamo. Les avocats du prévenu l’accusent, entre autres, de violer l’État de droit, d’autant qu’il avait dépassé les délais requis avant de faire appel.  

Anges Kevin Nzigou, un des avocats de Ballack Obame Mebiame (photos d’archives). © Gabonreview

 

Observateur de France 24 au Gabon, militant de l’Union nationale (UN), Ballack Obame Mebiame était censé sortir de prison il y a quelques semaines. En mars dernier, le jeune activiste soupçonné d’avoir pris part aux côtés de cinq gendarmes au coup d’État manqué conduit par le lieutenant Kelly Obiang, en janvier 2019, avait bénéficié de la part du juge d’instruction en charge du dossier d’une ordonnance de non-lieu. L’appel interjeté par le procureur de la République à la suite de cette ordonnance n’a pas non plus prospéré, la chambre d’accusation saisie s’étant déclarée incompétente.

Pourtant, si beaucoup s’attendaient logiquement à voir Ballack Obame sortir de «Sans-Famille», c’était sans compter l’intervention de Michaël Moussa Adamo. Le ministre de la Défense nationale avait fait appel. Seulement, ce mardi 6 avril, Anges Kevin Nzigou et Irénée Mezui Mba indiquent que l’appel du ministre est intervenu le 30 mars dernier, soit «extrêmement largement après les délais», déplorent-ils.

Aussi, les avocats de Ballack Obame accusent-ils le gouvernement de violer l’État de droit. Ils ont également marqué leur indignation quant à la procédure en cours qui maintient «arbitrairement» leur client en détention. «Ces procédures irrégulières n’ont pour seul but que de garder en détention illégale tous les prévenus de la procédure, d’autant que le principal inculpé, à savoir le lieutenant Kelly Ondo, a vu ses charges diminuées», estiment-ils, disant avoir une nouvelle fois saisi la procureure générale près la Cour d’appel judiciaire de Libreville. Leur objectif, disent-ils, est de faire de l’État de droit une réalité au Gabon et non une vue de l’esprit.

 
GR
 

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