HABANA

Les avocats de Brice Laccruche Alihanga ont dénoncé, le 1er janvier, les conditions de détention de l’ex-directeur de cabinet d’Ali Bongo. Accusé de détournement de fonds, et incarcéré à la prison centrale de Libreville, il est placé dans une cellule insalubre où pullulent des insectes et dans l’obscurité la plus totale.

En prison, BLA inhalerait en longueur de journée l’odeur d’excréments contenus dans un trou. © D.R.

 

Incarcéré à la prison centrale de Libreville, dans la nuit du 13 au 14 décembre 2019, Brice Laccruche Alihanga (BLA) a «immédiatement été placé en cellule d’isolement», affirment ses avocats. Ce type de détention, disent-ils, est ordinairement réservé aux sanctions disciplinaires et de façon extraordinaire, «l’isolement est affecté aux détenus politiques». Or, cet ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo est accusé de détournement de fonds. Ses avocats crient à l’humiliation. «Depuis son admission à la prison centrale de Libreville, il est dans les conditions les plus minables qui soient reconnues à un détenu gabonais», a déclaré Anges Kevin Nzigou, l’un des avocats.

À la prison centrale de Libreville, a-t-il expliqué, il existe un quartier de fonctionnaires. En tant que haut fonctionnaire, BLA y était admissible. «Sauf qu’il est dans un endroit qu’on appelle communément à Libreville le trou. Il est dans une cellule de moins de 9m2. Il fait tout sur place, il y a une espèce de trou dans lequel il y a tous ces excréments, il y a les moustiques, les cafards, toute sorte d’insectes et il ne voit la lumière que lorsqu’il a la visite d’un de ses avocats», a-t-il soutenu. Pour lui, il y a une réelle volonté d’humilier BLA d’autant plus qu’il ne recevrait des visites que «de manière totalement arbitraire». «Il ne peut absolument rien faire, il est privé de tout droit étant en détention. Il ne s’agit pas d’une détention ordinaire. Il s’agit d’une organisation particulière pour l’humilier et le torturer par des méthodes de détention qui sont draconiennes», a-t-il lâché.

BLA dans l’enfer du «trou» de « Sans-Famille »

À en croire ses avocats, qui souhaitent que BLA soit mieux traité, ce dernier est entassé avec 2 autres détenus dans une cellule aux murs sales et couverts de moisissure, sans eau, et avec, en prime, un trou servant de toilettes. Dans cette cellule où les détenus sont privés d’intimité, s’exhale de façon continue l’odeur infecte des excréments à laquelle s’associe la prolifération des cafards et autres insectes. Ce qui aurait des conséquences sur son physique et sa santé. Depuis quelques jours, ont fait savoir les avocats, BLA «présente une affection dermatologique visible à l’œil nu et souffre d’une otite dont il a du mal à être soulagé».

Selon les avocats, la détention de BLA est «en parfaite» contradiction avec les différents engagements pris par le Gabon. Particulièrement, les principes fondamentaux relatifs au traitement des détenus adoptés le 14 décembre 1990 tendant à l’abolition du régime cellulaire. «Nous prenons à témoin l’opinion nationale et internationale sur les conséquences incalculables que ces conditions de détention auront assurément sur monsieur Laccruche», ont-ils déclaré.

Si dans certains milieux les fans et autres proches de BLA ne cachent pas leur irritation quant à l’opération anticorruption en cours, aux allures d’un procès contre le «Système BLA», d’autres crient à la distraction et s’en moquent. «Si au lieu d’acheter de grosses voitures avec l’argent volé, il avait affecté ça à l’amélioration des conditions de détention des prisonniers, il serait certainement traité en VIP», a ironisé un internaute.

 
GR
 

5 Commentaires

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  2. Mezzah dit :

    L’année 2020 est l’occasion de changer de ton mais pas de vision.
    Je dis un grand bravo à BLA. Bravo pour:
    – avoir montré que nos institutions ne valent rien. Ni le Sénat, ni l’Assemblée nationale, ni la cours constitutionnelle ni le Gouvernement n’ont pu l’arrêter dans sa course folle dénommée tournée républicaine.
    – avoir démontré que ABO ne vaut plus rien et qu’il fallait déclarer la vacance du pouvoir sinon comment expliquer qu’ ABO himself se soit rendu à Nzeng Ayong pour clôturer la tournée qu’il n’a pas autorisée
    – avoir apporté la preuve que les ministres en premier lieu le premier d’entre eux ne sont que des marionnettes.
    …La liste est longue.
    Tout ce que BLA a montré n’est que la partie visible de l’iceberg. Laissons le parler et on verra.
    Bravo BLA.

  3. Lemimbalois dit :

    Bonjour
    BlA je ne le connais pas il n’est pas ma tasse de thé. Mais i
    Doit être traité comme tout le monde. Il a droit à un traitement équitable, à la dignité humaine et non à l’humiliation.

  4. lavue dit :

    Je valide entièrement MEZZAH. Si BLA qui avait un passé pas très propre avec la justice gabonaise a pu se retrouver Directeur de Cabinet d’un président de la République. C’est que là il y a forcément problème au niveau des détenteurs du pouvoir ,sinon du détenteur du pouvoir en personne, càd ALI BONGO. Qui peut oublier les images en voiture dans Libreville avec BLA? Mais ALI et son clan profitent simplement du manque de courage des de ce qu’on peut appeler hauts responsables politiques gabonais. La situation actuelle et avenir du pays n’est pas leur priorité tant qu’ils peuvent continuer à avoir la certitude que les miettes tomberont. Regardez comment tous ont fait allégeance à BLA, sans qu’aucun n’est eu le courage de dénoncer ouvertement ses dérives. Il fallu une guerre de clan entre Sylvia, son fils d’un côté et BLA de l’autre pour que la dérive puisse être stoppée. Elle n’a pas été l’œuvre des soit-disant hauts responsables politiques du pays. Au Gabon, à de très rares exceptions avec des messieurs comme PING, la majorité pense à sa propre petite situation, tant pis pour le pays. Je vous rappelle qu’on ne saura jamais ce que BLA et ses complices ont détourné. Les détournements sont la marque de fabrique des régimes ALI. Les auteurs ont pour seule obligation de faire continuellement allégeance à la famille « royale », BLA ne l’avait apparemment pas compris. Son prédécesseur ACCROMBESSI s’est grossièrement servi sans être passé par « sans famille ». Qui peut croire un instant que les Sylvia et clan qui vivent à LONDRES, DIEU seul sait avec quels moyens, peuvent aimer le Gabon plus que les vrais Gabonais. Le mal du pays est aggravé par l’attitude totalement irresponsable des PDGistes à la tête des institutions et au Gouvernement.
    Je valide entièrement ce que dit MEZZAH, le pays est gouverné par des nullards. Le clan BONGO va nous emmener demain un Marocain, ou un autre Gabonais d’adoption à la tête du pays, je vous garantis que les Institutions et le PDG n’ont seulement salueront cette initiative mais la soutiendront à fond. Voici la réalité du pays.
    Qui vivra verra.

  5. Rapapa dit :

    Mon petit doigt me dit que cette affaire est loin d’être finie. Je suis convaincu que Sylvia va réaliser très bientôt qu’elle ne peut continuer, même si l’ambassadeur français, bête comme il est, la drague.

    Trop de gabonais à la mangeoire à se goinfrer des miettes. Regardez, les mariages à plus de 100 millions qui sont toujours monnaie courante.

    La force des Bongo c’est « l’État profond Gabonais » qui vivent la belle vie. Tout ces directeurs et autres d’administration à plus de 10 millions par mois et j’en passe.

    Je suis convaincu que demain va nous emmener son lot de surprises. La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Trop de pans de l’état sont en déséquilibres flagrants qui me font prédire un recadrage de préférence soudain mais graduel sera aussi le bienvenu.

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