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Raymond Ndong Sima souhaite que les autorités communiquent aussi sur le recouvrement et l’utilisation de l’argent détourné dans la haute administration. Sans cela, les opérations coup de poing ressemblent plus à des «règlements de compte» qu’à une volonté réelle de lutter contre la corruption au Gabon, a estimé l’ancien Premier ministre.

250 millions de francs CFA furent découverts en janvier 2020 dans des coffres-forts enterrés dans l’une des résidences de Brice Laccruche Alihanga. Cet argent est-il retourné au Trésor public ? © Facebook

 

L’opacité autour l’argent recouvré lors des nombreuses opérations coup de poing, inquiète Raymond Ndong Sima. Si les montants détournés sont souvent rendus publics à grand renfort médiatique, l’ancien Premier ministre s’interroge sur la destination et l’utilisation des sommes recouvrées, qui ne font l’objet d’aucune communication.

Raymond Ndong Sima veut savoir où est l’argent qui a été recouvré dans le cadre des opérations de lutte contre la corruption. © Gabonreview/Capture d’écran sur Gabon Actualité Facebook

«On est en train de dire que les gens sont arrêtés et mises en prison, que des sommes ont été trouvés ici et là. Mais où est l’argent qui a été trouvé chez ces gens-là ? C’est bien de dire à la population que des gens, ont été impliqués dans les scandales financiers, mais lorsque les opérations de recouvrement ont lieu, où est l’argent qui a été recouvré ?», a interrogé Raymond Ndong Sima, dans un extrait de vidéo de Gabon Actualité, publié sur Facebook le 22 novembre.

L’un des exemples les plus marquants est celui des nombreuses arrestations des lieutenants et proches de l’Association des jeunes émergents volontaires (AJEV). La galaxie de Brice Laccruche Alihanga a englouti des centaines de milliards de francs CFA en deux ans. Si les montants de ce capharnaüm financier ont été très souvent été communiqués, rien n’a filtré sur le retour au Trésor public de ce butin ni une autre destination-utilisation.

«On donne à la population toute entière une information sur des détournements qui ont lieu, c’est très bien de faire ça. Mais, mais il également faut que la contrepartie soit donnée à la population. C’est-à-dire, nous devons savoir combien a été recouvré, où est cet argent et ce qu’est-ce qu’on en a fait», a ajouté Raymond Ndong Sima. Pour l’économiste, cette démarche permettrait de donner de la vigueur à la lutte contre la corruption prônée par les plus hautes autorités.

Car en l’état, «on a l’impression que les gens veulent quelque chose qui est bien en s’attaquant à un fléau mais en même temps, il y a un tel flou, une opacité, sur ce qui se passe, que ça ressemble plus à des règlements de comptes qu’à une opération destinée à remettre de l’ordre dans la maison», a-t-il conclu.

 
GR
 

5 Commentaires

  1. Mezzah dit :

    C’est ce que pensent les 99,99% de la population.

  2. Serge Makaya dit :

    Entendez vous les français évoquer encore les biens mal-acquis du clan Bongo-Valentin ? Silence TOTAL. « L’argent n’aime pas le bruit », dixit feu Léon Mebiame. A Ntare Nzame !!

  3. diogene dit :

    Quand on a été premier ministre de ce pouvoir corrompu, on a déjà la réponse !

    Pourquoi ne pas nous livrer la vérité au lieu d’enfoncer des portes ouvertes ?

    Lâcheté quand tu nous tiens !

  4. Lavue dit :

    C’est pas de lâcheté mon cher Diogène. La gestion du ^pouvoir obéit à des règles; tel que le droit de réserve. Une fois qu’on ne fait plus partie de l’exécutif, on recouvre sa totale liberté et on peut interpeller publiquement les gouvernants sur les questions du pays. C’est ce que fait si intelligemment M. NDONG-SIMA. Dans un pays où il manque de grandes figures pour contredire efficacement ALI BONGO et son système, NDONG-SIMA est l’un des rares qui a clairement affiché sa personnalité. Pendant que beaucoup couraient lécher les bottes du délinquant ACCROMBESSI, lui s’est permis de lui botter le cul. Pendant que d’autres ont suivi comme des mouches le délinquant LACCRUCHE ALIHANGA, il ne s’est jamais rapproché de ce personne. Avoir été Premier ministre ne signifie pas qu’on partage tout avec le système rétrograde mis en place par les prédateurs PDGistes avec en première ligne le clan BONGO. Si on était dans un pays sérieux, cette interpellation de M. NDONG-SIMA devrait susciter eu moins une réaction d’un membre du Gouvernement. EH bien non , il n’en sera rien. Magloire NGAMBIA qui a été incarcéré pendant près de 4 ans est sorti de prison sans que l’affaire n’ait été jugée et le verdict rendu public. Combien a-t-il rétrocédé à l’Etat. L’opinion publique n’en sait rien. Ca fait vraiment diversion, règlement de comptes et au finish Etat voyou.
    Les Emergents doivent apprendre à devenir grands, ils ont trop médiocres et le pays en souffre.

  5. A Ntare Nzame Maman mè wo dit :

    «On donne à la population toute entière une information sur des détournements qui ont lieu, c’est très bien de faire ça. Mais, mais il également faut que la contrepartie soit donnée à la population. C’est-à-dire, nous devons savoir combien a été recouvré, où est cet argent et ce qu’est-ce qu’on en a fait»,
    Dites-nous, donnez-nous la contrepartie pour tous les détournements des deniers publics. S’il vous plait trop c’est trop!
    Nous voulons savoir combien a été recouvré?
    Où est cet argent?
    Et ce qu’est-ce qu’on en a fait?
    Même si nous vivons l’époque du Diable, je suis obligé de le penser excusez-moi, vue tout ce qui se passe au Gabon, ne n’être traité de voyou ce n’est pas digne! Emergents, le diable primerait-il sur vos âmes? Je suis encore obligé de le penser, si tel est le cas, défendez-vous ! Agissez, laissez le Diable, il aime le Dicoundou (la sorcellerie). Aux Gabonaises, Gabonais d’ethnies différentes (Gabonais autres ethnies), embrassez vos rites traditionnels qui relèvent de vos coutumes du Gabon, laissez ce qui vient d’ailleurs.
    Nos Génies n’aiment pas….Attention les envahisseurs, les perfides trompeurs ! Pembi ne polu mognu ne guitsingu sangué sangué Mikando na mibondo vengo vengo ! Pour ceux qui aiment le Gabon.
    Quel que soit la durée de la nuit le soleil se lève toujours.
    M. Raymond Ndong Sima, je vous apprécie beaucoup pour deux raisons :
    La première faire taire une personne qui vous empêche de travailler par un coup de pied (mawachi guéri) à l’ennemi.
    La deuxième votre bonne gestion des Affaires pendant votre primature.

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