Le rapporteur général du Bureau du Dialogue national inclusif (DNI), Monseigneur Jean-Bernard Asseko Mve, le président de la Commission Politique, le Pr Noël Bertrand Boudzanga, le président de la sous-commission Régime et Institutions politiques, le Pr Télesphore Ondo, et le rapporteur adjoint de cette sous-commission, Gira Ondzagha, étaient réunis sur le même plateau, le 13 avril. À l’aune des éclaircissements livrés sur les travaux, on en sait un peu plus concernant le régime politique souhaité par les Gabonais. La très grande majorité, ont-ils fait savoir, aspirent à un régime présidentiel.

Les panélistes du Dialogue national face aux journalistes, le 13 avril 2024, au stade d’Angondjé. © GabonReview

 

Bouclant la première semaine de travaux en Commissions et sous-commissions du Dialogue national inclusif (DNI), le rapporteur général du Bureau de ces assises, Monseigneur Jean-Bernard Asseko Mve, les responsables et rapporteur de la Commission Politique et de la sous-commission Régime et Institutions politiques ont fait le point sur les discussions en atelier.

Face aux journalistes et dans une émission retransmise en direct sur plusieurs chaînes de télévisions nationales et sur plusieurs médias digitaux, ces voix autorisées du Dialogue national ont évoqué le régime politique ambitionné par les Gabonais pour leur pays, le sort réservé au Sénat ou encore les conditions d’éligibilité à un mandat présidentiel et sa durée.

D’entrée, Monseigneur Jean-Bernard Asseko Mve a fait savoir que les travaux se font dans la discipline et l’esprit planté par le président de la République, le général Brice Clotaire Oligui Nguema lors de son allocution d’ouverture. «Chaque fois que nous passons dans les différents ateliers, nous trouvons les Gabonais en train de débattre avec entrain, passion, sérénité, convivialité, dans un esprit de respect mutuel», a-t-il indiqué.

S’exprimant, pour sa part, sur la question relative au prochain régime politique au Gabon, le président de la sous-commission Régime et institutions politiques, le professeur Télesphore Ondo, assure que la préférence va vers le régime présidentiel. Il constate, au regard des synthèses issues des contributions, que les Gabonais sont suffisamment imprégnés des différents types de régimes politiques.

Régime présidentiel, vous avez-dit régime présidentiel ?

Bien qu’il y ait eu des contributions concernant les régimes présidentiel, semi-présidentiel, parlementaire et même des régimes hybrides, le constat général est que le régime présidentiel a de l’avance sur les autres propositions. En effet, ce régime implique une séparation rigide des pouvoirs. Ce qui sous-entend que «l’exécutif est strictement séparé du législatif et du judiciaire et qu’il y a indépendance entre ces différents pouvoirs». «Au regard du nombre de contributeurs, nous constatons qu’il y a eu une préférence pour le régime présidentiel», a déclaré le Pr Ondo.

Il y a que dans un régime présidentiel, le président de la République est à la fois le chef de l’État et le chef du gouvernement. Élu au suffrage universel direct par les citoyens pour un mandat de plusieurs années, le président nomme lui-même les ministres qui forment le gouvernement et il dirige la politique générale du pays. Il concentre donc les principaux pouvoirs exécutifs entre ses mains et n’a pas à rendre de comptes au Parlement, contrairement à un régime parlementaire où le Premier ministre et son gouvernement doivent avoir la confiance de la majorité des députés pour gouverner. Dans un régime présidentiel, le président ne peut non plus dissoudre le Parlement. Les États-Unis sont l’exemple le plus connu de régime présidentiel.

Pour la suite des travaux, il reste aux commissaires d’analyser les tenants et les aboutissants des contributions et de faire des propositions épousant les réalités du moment et du futur. Quoi qu’il en soit, les Gabonais, en fin de compte, devront se prononcer par voie référendaire sur tous les éléments à consigner dans la nouvelle Constitution de la République gabonaise.

 
GR
 

7 Commentaires

  1. Nathan Dzime dit :

    Humm Humm!

    Cet appel massif des « gabonais », ne cache-t-il pas un piratage du site Mbova?

    Les gabonais croient qu’ils évoluent en marge des problèmes du Monde. En effet si des gouvernements étrangers peuvent influencer le vote des Etats-Unis, pourquoi se priveraient-ils de pirater le petit système tropical « Mbova », implémenté à la va-vite, comme à notre habitude?

    Si ce sont les mêmes gens qui gèrent les réseaux où on se partage encore des clés USB…je crains bien que tout cela fût à revoir.

    Une seule question: qui sont les contributeurs de Mbova? As-t-on vérifié electroniquement leur identifié? Si oui, quand et comment; quand on sait que le système d’identité électronique n’a même pas encore démarré au Gabon. Même lorsqu’un numéro de carte d’identite a été fourni, comment avait-on vérifié qu’il ne s’agissait pas d’un faux, dans le grand desordre à l’identité gabonaise que les macaques-là ont laissé?

    Comment savoir si une puissance étrangère ou des malveillants interieurs, ne se sont pas introduits dans ce système léger, afin d’en prendre le contrôle et faire dire aux gabonais ce qu’ils n’ont pas dit?

    Celui qui croit que je suis entrain de délirer devrait simplement aller faire la chasse au village et laisser les choses compliquées de la sorte, aux esprits éveillés!

    Patriotiquement Vôtre!

    • Moussavou Ngoma Brice dit :

      « Celui qui croit que je suis en train de délirer devrait simplement aller faire la chasse au village et laisser les choses compliquées de la sorte, aux esprits éveillés ! ». Vous semblez insulter vos compatriotes qui ne partageraient pas votre analyse

      • Nathan Dzime dit :

        M. Moussavou, bien sûr, loin de moi pareille intention. Sauf que connaissant la mentalité, certains qui n’y connaissent pas grand chose en « Sécurité des Systèmes », seront très prompts à philosopher sur ces réalités. C’est pour faire prendre conscience que tout ce qui est public est fortement exposé, le système « Mbova » n’y a assurément pas échappé. Patriotiquement!

  2. Nathan Dzime dit :

    L’avantage que possède le Gabon de disposer d’une pluralité de cultures devient franchement un handicap, s’agissant du régime à adopter.

    Je m’explique avec ma liberté de parole habituelle: tous les gabonais le savent, certains peuples de ce pays ont toujours vécu dans des systèmes de royauté, tandis que d’autres ne savent pas avoir un chef absolu.

    Chez ceux qui ont toujours été des sujets, on retrouve cette envie de coller avec leur culture où toutes les décisions de gestion de la cité sont prises par un individu…qui est assimilé à un dieu. Pour ces peuples il est inconcevable de croire que ce « chef-dieu » puisse avoir tort ou prenne des mauvaises décisions pour la communauté. Et d’ailleurs, pour ces peuples,il est souvent difficile de concevoir un changement à la tête de la cité. Autant dire, il est tout à fait normal d’avoir une succession dynastique à la tête de la cité.

    A l’opposé, certains peuples (voire un seul peuple, suivez mon regard), conçoivent difficilement un « chef-dieu » à leur tête. Le chef n’est ni exceptionnel ni divin, il est un individu lambda (simplement celui qui sait parler vieux ou moins vieux) qui ne fait que traduit et transmettre la volonté de la communauté. Dans son discours, il ne doit rien inventer, sous peine de se faire reprendre par la Communauté. Il ne prend aucune décision qui engage le devenir de la Communauté, sans consultation préalable de cette dernière.

    Les deux modèles de gouvernance ont leur avantages et leurs défauts. Il s’agit de voir lequel serait plus adapté dans le contexte actuel, au vu de notre histoire. Je m’en vais m’amuser à montrer ces points sans aller trop en profondeur, et je donnerai ma position.

    -Avantages d’un « chef-dieu »:
    1- il est sollicité sur tout et décide de tout;
    2- il est donc plus proche du peuple, il peut même distinguer les uns et les autres…ça peut être un honneur que le chef nous connaisse personnellement;
    3- les decisions de très haut niveau peuvent être prises très rapidement;
    4- les nominations se font autour du cercle de connaissance du « Chef-dieu », sans besoin de qualité dans les nominations;

    – Inconvénients du « Chef-dieu »
    1- puisque c’est un dieu, pas besoins de liberté, de démocratie, d’élections…sa parole, son désir seul suffit;
    2- si le chef-dieu fait une erreur, seul lui doit s’en rendre compte et corriger, sinon toute la Communauté va en enfer et tant pis;
    3- puisque c’est un dieu, il peut faire ce qui lui plaît des finances de la Communauté sans rendre des comptes, tant pis si cette dernière sombre à cause de cela;
    4- il peut déclencher un conflit, ou signer le type d’accords qu’il veut pour l’exploitation des ressources de la Communauté, comme il est dieu, c’est forcément bien;
    5- ses femmes sont les patronnes des femmes de la Communauté; ses enfants sont les chefs des enfants de la Communauté, et à ce titre, ils participent à la gestion de la Communauté comme demi-dieux;
    6- les biens de la Communauté sont confondus avec ses biens personnels;
    7- il est le juge ultime de la Communauté et peut donc condamner qui il veut à la peine qu’il veut (y compris à l’esclavage et la déportation et au bannissement;
    8- puisqu’il décide de tout, il est saturé par des louanges et des sujets futiles, et ne règle donc aucun problème en profondeur, de peur qu’il ne soit plus sollicité; il verse donc fans la mégalomanie;

    – A contrario que fait le « chef-simple représentant de la Communauté  »
    Prenez l’opposé de tout ce qui est énuméré plus haut.

    Dans le cas de notre pays et de l’Afrique en général, le système du « chef-dieu » , qui ressemble à tout point au régime Bongo, est pkus que nuisible à l’Afrique! Car n’oublions pas que ce sont pour la majorité des cas, nos chefs-dieux qui nous ont trahis et ont signé ces contrats d’exploitation gratuite des nos ressources par des puissances étrangères…toute chose qui nous maintient dans la misère absolue que l’africain et le gabonais en particulier, connait.

    Disons-le donc clairement, nos chefs ne sont pas des dieux. Ils sont faillibles comme tout individu lambda. Il faille circonscrire leurs décisions et les soumettre à des systèmes de contrôle très stricts…et ils ne doivent que représenter la volonté de la Communauté, sans rien inventer. Leur succession ne doit en aucun cas être dynastique. Tout cela me rappelle trop le régime déposé.

    C’est pour cela et d’autres raisons encore, que je prône pour un régime parlementaire. Cela fonctionne très bien en Angleterre et en Suisse et même en Allemagne…

    • DesireNGUEMANZONG dit :

      « C’est pour cela et d’autres raisons encore, que je prône un régime parlementaire. Cela fonctionne très bien en Angleterre et en Suisse et même en Allemagne… ».

      Monsieur Nathan Dzime, l’Angleterre est une monarchie parlementaire. L’Allemagne est une fédération de seize Länders qui fonctionne avec un régime parlementaire. En revanche, la Suisse est UNE DEMOCRATIE DIRECTE. Les Suisses et les Suissesses disposent d’un droit de vote (normal en démocratie) et du droit de voter sur des questions concrètes. Elle est gouvernée par un Conseil fédéral, un collège de 7 membres qui prends ses décisions par consensus.

      Ce sont bien trois régimes politiques différents. A ne pas confondre! Un proverbe dit : « Il faut tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler ».

      Vous donnez l’impression que les gabonais.es sont des idiot.es. Je rejoins dans ce sens le point de vue de Moussavou Ngoma Brice. Sans vous faire un procès en sorcellerie. Toutefois, globalement vos dissertations sont discutables.

      Bonne continuation à vous!

      • Nathan Dzime dit :

        Mon bon Monsieur Ngemazong,

        Je préfère vous demander d’aller au delà de vos premiers constats philosophiques. Demandez-vous simplement le modèle de gouvernance, (pas le régime politique)!

        Au Royaume-Uni, il y a bien un Roi mais qui n’interfère pas dans la vie politique (statut honorifique simple), par contre le Premier Ministre est le chef du parti politique ayant gagné les élections « législatives », c’est donc un régime parlementaire qu’on y trouve.
        En Allemagne on retrouve bien un président…mais là encore juste à titre honorifique. Là-bas le Chancelier est encore le chef du parti politique qui a gagné les « Elections législatives », c’est donc une gouvernance parlementaire.
        En Suisse, le peuple élit 7 Représentants locaux (sorte de super-deputé, qui constituent une sorte de « Collège de Représentants » et qui président à la destinée de l’Etat de manière collégiale.
        Comme vous auriez pu le voir avec un peu de recherche, dans ces trois modèles de gouvernance, il n’y a aucun modèle à là « Bantoue », où un seul homme décide d’absolument tout.

        Je suis d’accord, ne cherchons pas à calquer in extenso tout des autres, mais ayons le courage d’avouer le modèle bantou pur de super-président (qui descend des modèles de royauté d’antan), nous a causé trop de torts, pas seulement depuis les indépendances! Je dis qu’il faut prendre le meilleur de ces systèmes où on relativise la supériorité d’un seul individu au point de lui donner tous, absolument tous les pouvoirs. Cela ne peut que nous conduire à l’abîme.

        Patriotiquement Vôtre!

  3. Jean Jacques dit :

    Pour garantir les élections sans que olingui et sa bande séquestre le pouvoir,il faudrait louer négocier avec le Brésil la possibilité de louer leurs URNES ÉLECTRIQUES POUR VOTER le Président, député, sénateur, président de cour constitutionnelle et le procureur de la République, avec les URNES électroniques le résultat c’est le même jour. Et un fichier électoral électronique.

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