Ce 8 janvier 2026, lors de la présentation des vœux aux partenaires sociaux, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a confirmé la tenue des toutes premières élections professionnelles du pays pour le premier trimestre 2026. L’enjeu est limpide : filtrer les interlocuteurs de l’État par les urnes pour instaurer une « diplomatie du travail » basée sur la représentativité réelle et non sur le seul activisme de rue.

Fini le temps où n’importe quelle coalition syndicale pouvait s’inviter à la table des négociations. Le Chef de l’État a été d’une clarté chirurgicale : la légitimité ne se décrétera plus, elle se votera. © GabonReview (montage)

 

Fini le temps où n’importe quelle coalition syndicale pouvait s’inviter à la table des négociations. Le Chef de l’État a été d’une clarté chirurgicale : la légitimité ne se décrétera plus, elle se votera. «À l’instar des partis politiques, ne prendront désormais part aux concertations que les syndicats représentatifs», a martelé le locataire du Palais du Bord de Mer.

En instruisant la ministre du Travail, Jacqueline Bignoumba, d’organiser ce scrutin inédit, le pouvoir entend mettre un terme à l’émiettement syndical qui paralyse souvent le dialogue. Au-delà de l’aspect technique, c’est un véritable changement de paradigme qu’exige le président. Dans une charge contre la culture de la contestation systématique, il a rappelé les devoirs des représentants des travailleurs : «Le syndicat doit encourager les travailleurs à la conscience professionnelle rigoureuse, et non à la grève».

Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, le syndicalisme de la «Ve République» doit être un levier de productivité et non un frein à la relance économique. «Dans la Ve République, les droits vont de pair avec les devoirs. L’État-providence est révolu», a-t-il asséné, signant ainsi la fin d’une époque de revendications sans contreparties.

Un levier pour le PNCD

Ces élections professionnelles ne sont pas qu’une formalité administrative. Elles constituent la pierre angulaire de la paix sociale nécessaire au Plan National de Croissance et de Développement (PNCD). En institutionnalisant le dialogue social, le gouvernement espère transformer le climat de méfiance entre employeurs et employés en une coopération capable de stimuler la compétitivité nationale.

En impliquant directement les salariés dans les processus décisionnels, Libreville fait le pari d’une gouvernance inclusive où chaque acteur assume sa part de responsabilité dans la lutte contre le chômage. Reste à voir si les centrales syndicales, habituées aux rapports de force directs, sauront négocier ce virage vers la légitimité des urnes.

 
GR
 

1 Commentaire

  1. Akoma Mba dit :

    La grève est un droit et on ne se met pas en grève de gaieté de coeur. La grève signifie problème à résoudre.Le reste n’est qu’ignorance et prendre les travailleurs pour des idiots

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