HABANA

 

La dernière production de Matamba Kombila, ‘’influenceu.ses.rs’’, un voyage initiatique dans l’univers des influenceurs et influenceuses africains, sera projetée le 21 octobre au marché international du cinéma africain et de la télévision (Mica) du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco). Gabonreview a rencontré la cinéaste autodidacte, le 12 octobre à Libreville, peu avant son départ pour le ‘’pays des Hommes intègres’’. Avec la simplicité et la bonne humeur qui la caractérisent, Matamba Kombila nous livre, dans cet entretien, toute l’histoire autour de ce documentaire qui, elle l’espère, va «circuler» partout sur le continent.

En diffusant son dernier documentaire au Fespaco 2021, Matamba Kombila espère toucher un «public plus large». © Gabonreview

 

Gabonreview : Votre dernière œuvre sera projetée au Fespaco 2021…

Matamba Kombila : Effectivement, mon dernier film qui est un documentaire court de 28 mn, dont le titre est ‘’Influenceurs’’, en écriture inclusive influenceurs-influenceuses, sera projeté au marché international du cinéma africain et de la télévision (Mica) du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) 2021, le 21 octobre prochain à 14 heures.  Il s’agit en fait d’un essai visuel sur les influenceurs africains.

Ce sera la première diffusion du documentaire ?

Celui-ci a déjà été présenté au Burkina Faso, en avril, durant le festival ‘’Koudougou Doc’’, une référence dans le domaine du documentaire africain. Il a été présenté à un public d’étudiants, qui l’a beaucoup aimé. D’autant qu’il a été créé pour la jeunesse. Donc, c’était un cadre idéal pour sa projection. Par ailleurs, le film a été projeté le 10 octobre à Kigali, au Rwanda, dans le cadre du Festival international du film féminin d’Urusaro, dédié au film féminin rwandais.

Où le documentaire a-t-il été tourné ?

Le documentaire a été réalisé en Guinée Conakry dans le cadre d’une résidence qui s’appelle Feccig (Festival de la création cinématographique de Guinée, ndlr). C’était un appel à projets pour cette résidence l’année dernière, où il était demandé de soumettre des idées de films sur des thématiques très précises comme les nouvelles technologies, environnement, droit féminin… Il s’agissait d’un projet financé essentiellement par la francophonie. A l’époque, j’étais très intriguée parce qu’en fait, des enfants de mes amis était influenceurs et gagnaient leur vie avec cette activité. J’ai donc décidé de soumettre cette idée de film sur les influenceurs africains pour essayer de comprendre ce qui se passe en Afrique. Ce film est particulier car il a été fait en octobre dernier, au tout début de la pandémie.

Et j’avais beaucoup aux États-Unis qui étaient enfermés chez eux et ne pouvaient pas travailler, il y avait beaucoup de confinements dans les pays africains… Je me suis donc dis, je vais faire un film où je n’ai pas besoin de tourner : tous les éléments utilisés dans le film sont recueillis sur Internet. Pour ce film, j’ai fait tout le montage et la recherche en Guinée. Mais il y a quand même une partie qui a été faite au Gabon, où j’ai réalisé des montages et interviews de personnes dans la rue, pour demander leur point de vue sur les influenceurs au Gabon. Grosso modo, on peut dire que le film est coréalisé en Guinée et au Gabon.

Pourquoi le thème des influenceurs ?

Comme je l’ai souligné tantôt, j’ai des enfants d’amis qui sont dans la vingtaine qui sont influenceurs et gagnent leur vie avec cette activité. Et lorsque je regarde ce qu’ils font, je me dis que c’est intéressant mais en poussant l’analyse, je me suis posée nombre de questions : à quoi ça sert ? Pourquoi les jeunes passent-ils autant de temps à suivre les influenceurs ? Quel avenir peut-on envisager pour cette profession ? Autant de questions pour lesquelles je me suis intéressée à ce sujet-là. Car, j’ai constaté qu’en temps de Covid-19, le jeunes passent beaucoup de temps sur les réseaux sociaux pour suivre des influenceurs. Je voulais donc comprendre et savoir s’il y a des connaissances qui sont transmises ou si c’est juste du divertissement.

Quels sont vos attentes en projetant ce film au Fespaco ?

Le Fespaco est le plus grand festival du cinéma africain. Donc, j’espère toucher un public assez large surtout qu’il y a beaucoup de personnes qui viennent de tous les pays africains, de différents horizons, que ce soient des distributeurs, vendeurs de salles de cinéma, producteurs, cinéastes, programmateurs de festival y compris la presse… J’espère que cette projection va me permettre de faire rayonner ce film, et éventuellement s’attirer les sympathies de toutes ces cibles, pour qu’il soit distribué dans le plus de pays africains possible. Car je pense que c’est un très bon outil éducatif pour la jeunesse : je souhaite vraiment que ce film circule.

Quels seront les prochains espaces de diffusion ?

Après le Fespaco, le film sera présenté au Cameroun au festival Yarha. Il va aussi être en projection privée ici au Gabon et, peut-être une projection publique à l’Institut français du Gabon. Et après, je veux vraiment faire le tour des festivals pour présenter le film.

Quel est votre regard sur les influenceurs au Gabon ?

Ceux que je connais font beaucoup dans l’humour. Il y en a également qui excelle dans les ‘’life style’’, produits de beauté, vêtements, etc. Je n’ai pas de point de vue à proprement parler, j’ai plutôt constaté que chaque influenceur a un marché, une audience, un public… Et donc, ils font ce qu’ils aiment. Je trouve qu’il y a des influenceurs gabonais qui sont vraiment bons dans ce qu’ils font.

 
GR
 

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