Eau, électricité, pouvoir d’achat : Immongault promet de passer à la vitesse
Invité de Gabon 24 vendredi 16 octobre, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a défendu la nouvelle configuration de l’exécutif et décliné ses priorités, entre crise de l’eau et de l’électricité, pouvoir d’achat, emploi et réformes structurelles. Parmi ses annonces : la livraison prochaine de cinq centrales dans le Grand Libreville et 165 000 emplois potentiels d’ici cinq ans. Reste désormais à transformer ces annonces en résultats tangibles.

Le vice-président du gouvernement Hermann Immongault. © Capture d’écran Gabon 24
Présenté comme un ajustement destiné à gagner en efficacité, le récent remaniement gouvernemental répond, selon le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, à la volonté du chef de l’État d’accélérer la mise en œuvre de son projet de société. « Ce gouvernement a pour mission de poursuivre et accélérer la mise en œuvre de son projet de société », a-t-il affirmé. Des réaménagements ont notamment concerné l’habitat, les mines et l’entrepreneuriat, tandis que la séparation des portefeuilles des Eaux et Forêts et de l’Environnement doit favoriser la mobilisation des financements climatiques et des crédits carbone. La formation professionnelle figure également parmi les chantiers prioritaires, avec l’ambition de mieux répondre aux besoins du marché du travail.
Sur le front de l’eau et de l’électricité, où les attentes des ménages demeurent fortes, le vice-président du gouvernement a mis en avant le partenariat entre la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) et SUEZ pour améliorer l’approvisionnement en eau à Libreville. Il a également annoncé la livraison prochaine de cinq centrales représentant une capacité totale de 125 MW dans le Grand Libreville, en plus du projet hydroélectrique de Kinguélé Aval. Concernant la restructuration de la SEEG, Hermann Immongault a assuré que l’opération ne relevait pas d’un plan de licenciement économique, les agents devant être répartis entre les deux entités. Des assurances qui devront être jugées à l’aune de l’amélioration effective du service.
Pouvoir d’achat, santé, emploi : les mesures annoncées
Sur le plan social, l’exécutif défend le maintien des mécanismes de soutien au pouvoir d’achat, tout en questionnant leur efficacité. Selon le vice-président du gouvernement, l’État consacrerait ainsi 30 milliards de FCFA par mois à la stabilisation des prix des carburants. Une enveloppe dont la réorientation partielle vers les transports publics pourrait, selon lui, permettre de mieux cibler les étudiants, les élèves et les ménages vulnérables.
Autre mesure annoncée : le déblocage de 1,5 milliard de FCFA au profit de 150 fermes avicoles nationales, en préparation de l’interdiction d’importation des poulets de chair prévue en janvier 2027. L’enjeu sera de consolider la production locale sans accentuer la pression sur les prix.
En matière de santé et d’emploi, le vice-président du gouvernement a évoqué l’inauguration de cinq nouvelles infrastructures sanitaires, le renforcement des plateaux techniques et la restructuration de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS), après une aide d’urgence de 5 milliards de FCFA. À plus long terme, les projections gouvernementales tablent sur 165 000 emplois potentiels dans les secteurs clés d’ici cinq ans. Le recours temporaire à des cadres expatriés doit, pour sa part, être conditionné au transfert de compétences et à la formation obligatoire de jeunes Gabonais.
Entre investissements annoncés, réformes engagées et promesses sociales, le gouvernement affiche donc ses ambitions. Mais pour les populations confrontées quotidiennement aux difficultés d’accès à l’eau, à l’électricité et à l’emploi, l’accélération attendue se mesurera surtout aux changements concrets sur le terrain.
Thécia Nyomba
















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