Alors que l’Inspection générale des services (IGS) déploie ses équipes pour vérifier l’effectivité de la reprise des cours ce lundi 19 janvier 2026, le corps enseignant oppose une fin de recevoir cinglante. Entre une administration soucieuse de normalisation et des syndicats dénonçant un «mépris» face à leur précarité, le dialogue semble rompu.

Le bras de fer se durcit entre le ministère de l’Éducation nationale et les « travailleurs de la craie ». © GabonReview

 

Le bras de fer se durcit entre le ministère de l’Éducation nationale et les « travailleurs de la craie ». Par la note de mission n°169, la tutelle a lancé une opération de contrôle de dix jours visant à s’assurer de la présence des personnels et de la tenue effective des cours dans les établissements publics et privés. Si l’objectif affiché est de veiller au respect du calendrier scolaire après les congés de fin d’année, cette initiative se heurte à un mur de contestation.

La mission de l’IGS, qui s’étend du 19 au 30 janvier, ne se limite pas à un simple pointage. Les inspecteurs ont pour mandat d’évaluer le niveau de fréquentation des élèves et d’identifier les établissements où la reprise est «partielle ou inexistante». Pour le ministère, il s’agit de dresser un diagnostic des besoins urgents en personnel et en logistique pour garantir la continuité du service public.

La réponse du terrain : « On ne contrôle pas ce que l’on a fragilisé »

Pourtant, cette démarche est perçue par une grande partie des enseignants comme une manœuvre de «culpabilisation». Les enseignants en grève dénoncent un paradoxe : envoyer des missions de contrôle là où l’État est déjà informé des causes du débrayage. Ils pointent du doigt des maux profonds et connus : retards d’intégration, absence de rappels de solde, et dégradation des conditions de vie. Pour ces « piliers de l’école », le sentiment d’être considérés comme de simples exécutants interchangeables est devenu insupportable.

La colère se cristallise autour de points précis. Les grévistes exigent la mise en solde immédiate des 900 enseignants scientifiques et des sortants des grandes écoles (ENS, ENSET, ENIL, etc.), ainsi que la suppression du « pré-salaire », qualifié de synonyme de précarité. À cela s’ajoutent des réclamations sur la revalorisation des primes de logement, de transport, et le paiement des vacations.

« C’est tout ou rien », préviennent les syndicats, qui appellent le gouvernement à substituer les inspections par un dialogue social sincère et des engagements écrits. Alors que l’IGS parcourt les établissements, l’école gabonaise, elle, cherche son second souffle entre exigences administratives et cri de détresse sociale. La réussite de ce second trimestre dépendra moins des rapports d’inspection que de la capacité du gouvernement à répondre à l’urgence de la condition enseignante.

 
GR
 

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