Embargo américain contre Cuba : le Gabon vote pour la levée des sanctions
À l’Assemblée générale des Nations unies, le Gabon s’est prononcé en faveur de la résolution réclamant la levée de l’embargo américain contre Cuba. Adopté dans un contexte de tensions entre Washington et La Havane, le texte recueille un soutien international en recul, alors que l’île fait face à de graves pénuries économiques et énergétiques.

L’Assemblée générale des Nations Unies adopte une résolution réclamant la levée de l’embargo imposé par les États-Unis à Cuba. © ONU Photos
Le Gabon a voté en faveur de la levée de l’embargo économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis. Mercredi 28 octobre 2026, à New York, l’Assemblée générale des Nations unies a une nouvelle fois appelé Washington à mettre fin à ces sanctions, en vigueur depuis plus de six décennies. Si le texte réaffirme une position défendue par de nombreux États, le scrutin de cette année révèle néanmoins un recul du soutien international à La Havane.
Présentée par Cuba, la résolution exhorte également les autres pays à ne pas appliquer de mesures similaires, jugées contraires aux principes de la Charte des Nations unies. Elle dénonce notamment les effets extraterritoriaux de la loi Helms-Burton de 1996, qui permet de sanctionner certaines activités économiques étrangères liées à l’île.
Le texte a recueilli 130 voix favorables, contre 17 oppositions et 25 abstentions. En 2025, il avait obtenu 165 voix pour, tandis qu’en 2024, 187 pays s’étaient prononcés en faveur de la levée de l’embargo. Le vote du Gabon s’inscrit ainsi dans la continuité de la position défendue par les États favorables à la fin des sanctions américaines.
Une crise économique et humanitaire aggravée

Le détail des votes. © ONU Photos
Cette mobilisation diplomatique intervient alors que Cuba subit de graves difficultés économiques et énergétiques. Le durcissement des mesures américaines sous Donald Trump, notamment les menaces de droits de douane visant les pays fournisseurs de pétrole, accentue les tensions sur l’approvisionnement de l’île.
Les coupures d’électricité perturbent les transports, la distribution d’eau et le fonctionnement des hôpitaux. Des responsables onusiens ont également alerté sur les conséquences sanitaires de la crise, avec plus de 100 000 interventions chirurgicales reportées signalées en mai
Pour le représentant du Mexique, l’embargo constitue un obstacle structurel au développement cubain. « Mettre un terme à ce blocus est une urgente nécessité », a-t-il insisté. Le Ghana a, pour sa part, dénoncé des sanctions « iniques », appelant à un règlement négocié du différend.
Washington et La Havane à couteaux tirés
Le débat a également été marqué par une vive altercation entre l’ambassadeur américain auprès de l’ONU, Mike Waltz, et le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez Parrilla. Le diplomate américain a contesté l’existence même d’un blocus, mettant en avant les exportations américaines vers Cuba. La Havane accuse, au contraire, Washington de mener une politique d’asphyxie économique.
Si la résolution adoptée exprime une nouvelle fois la désapprobation d’une majorité d’États, elle reste non contraignante. La levée de l’embargo relève du Congrès américain. Le vote du Gabon marque donc une prise de position diplomatique, sans effet immédiat sur les sanctions qui continuent de peser sur l’économie et la population cubaines.
















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