HABANA

 

Le Muay Thai Grand Prix, c’est lui ! Le Wicked One Tournament, c’est encore lui ! La promotion en France de la Boxe thaïlandaise, c’est toujours lui ! On le soupçonne même d’être derrière l’énorme succès en France du rappeur gabonais Benjamin Epps. Cette semaine, le coup de cœur d’Ika Rosira conduit à la découverte d’un Gabonais atypique : Éric Konako Faubert, ancien combattant de Boxe Thai et de Taekwondo, serial organisateur de gros événements sportifs et musicaux. Une référence dans son domaine en Occident. Un ovni dans le ciel gabonais.

© Gabonreview

 

Le MMA, vous connaissez ? Résolument inconnu de nombreux Gabonais, cette discipline n’est même pas autorisée au Gabon. Normal, nos ’’onclos’’ les Français ne l’ont adoptée qu’en février 2020. Et, derrière le tout premier gros évènement public de ce sport, en octobre 2020 en France (au Palais des Sports de Vitry-Sur-Seine), se trouve un Gabonais d’origine : Éric Konako Faubert… tout aussi inconnu de ses demi-compatriotes que le MMA.

Sport de combat longtemps décrié et interdit du fait de son apparence ultra violente, le MMA n’est que l’abréviation de Mixed Martial Arts, en français Art Martiaux Mixte. Dans ce mélange de boxe thaïlandaise, de judo, lutte gréco-romaine, etc. – tout est presque permis. Avant le MMA, Éric Konako Faubert, grand amateur de pieds-poings, était déjà connu en Occident comme promoteur du Muay Thai Grand Prix, un immense gala de Muay Thai, l’autre nom de la Boxe thaïlandaise. Comment donc ce Franco-Gabonais de 39 ans en est arrivé là ?

Né à l’hôpital Jeanne Ebori de Libreville, il passe 5 ans au camp militaire de Baraka, dans la capitale gabonaise, son père Joseph Faubert y étant officier. Cet univers martial l’amène à adorer les sports de combat avant même de se retrouver en France à l’âge de 12 ans. S’il s’y épanouit dans le sport, il ne découvre pas moins le Hip-hop dont il se passionne également. Un cocktail de genres qui l’amène alors à embrasser une formation en événementiel. S’il entend alors garder un pied dans l’Entertainment musical, il ne se lance pas moins un défi une fois son diplôme en poche : devenir le premier promoteur de Boxe thaïlandaise en France. Il y a d’abord et surtout qu’Éric Konako est un adepte de la Thaïlande, pays dont il aime la culture et pratique le sport national, en même temps que le Taekwondo Sud-coréen.

Obstiné, ce mec à la tête dure, limite borné pour rester en permanence focus et ne faire exactement que ce qu’il veut, transforme en qualité ce qui aurait pu être un défaut. Il en récolte l’effet positif en devenant un promoteur d’événements d’envergure internationale, uniques en leur genre. Le MTGP (Muay Thai Grand Prix) c’est lui. L’évènement a été organisé plusieurs fois à Paris, notamment au Pavillon des Champs-Elysées, au Palais de Tokyo ou au Bataclan. Le Wicked One Tournament, c’est encore lui. Ce tournoi de Boxe Thaï opposant en une seule soirée 8 combattants, a connu pas moins de cinq éditions, allant jusqu’à s’offrir, en membre du jury, des légendes tel que Kamel Chouaref, le «Monsieur 100 000 volts» des sports de combat, l’un des sportifs les plus titrés au monde.

Aujourd’hui, Éric Konako Faubert organise donc les galas sportifs les plus prestigieux en termes de show, d’affluence et d’acteurs. Un travail énorme en termes de négociations, de marketing, promotion, mise en avant des combattants et organisation. Du jamais vu dans le monde francophone, même s’il vit à Londres depuis un bon moment. La référence quoi.

Savant mélange d’art martiaux, de culture et de beaucoup d’abnégation, Éric Konako s’est ainsi fait sa place au soleil en étant motorisé par l’obsession d’être son propre patron. L’homme n’a vécu que de passions jusqu’à ce jour : passion pour le sport, passion pour la musique, passion pour l’humain et bien entendu passion pour la culture. Il se voit déjà, dans 5 ans, organisant des tournois dans toute l’Afrique, continent qu’il décrit comme un vivier inexploité dans le domaine du sport. Il peut en tout cas se vanter d’avoir à son actif 20 gros événements dans 8 pays différents.

Mais, l’homme n’évolue pas que dans le sport. Il a gardé une passion pour la musique. Prouvant que ces univers se côtoient très bien, il accompagné et organisé des concerts, des tournées, des spectacles pour des artistes de renom comme Youssoupha. Sa côte de popularité dans le milieu musical est montante et certains croient le voir derrière le succès de Benjamin Epps (ce qui reste à confirmer).

On dit d’Éric Konako qu’il est professionnel, qu’il est un homme de l’ombre et surtout qu’il a un talent fou pour ce qui est d’appuyer, encourager, emmener les autres à se dépasser. Il y a que, pour faire son métier, il faut apprendre à dealer avec les émotions, les imprévus, les déconvenues et les aléas de la vie. Il faut avoir les reins solides et le cœur à l’ouvrage. L’auditoire ciblé étant exigeant avec les combattants, les artistes et les organisateurs, il faut de ce fait être rigoureux, offrir du spectacle, faire le show, méduser ce public et le surexciter. Un travail d’Hercule qui ne se fait pas d’un claquement de doigt. Il n’y a pas de magie. Il n’y a que de l’acharnement au travail.

Ika Rosira

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GR
 

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