Etimboué : 50 milliards pour conjurer le paradoxe de l’abondance
Le Conseil départemental d’Etimboué a adopté un Plan de développement local 2026-2030 de 50 milliards de francs CFA, pour arracher au paradoxe de l’abondance un territoire qui nourrit la nation mais manque de tout. Face à une dotation budgétaire de 275,31 millions jugée indigne de son poids économique, l’assemblée présidée par Hans Augoula Avoungou engage, dans le même mouvement, recouvrement de créances, diagnostic institutionnel et offensive de plaidoyer national.

50 milliards sur 5 ans pour 10 500 habitants : le pari du Conseil départemental d’Etimboué (le bureau en photo) pour désenclaver 60 villages privés d’eau et d’électricité. © D.R.
Réuni, le jeudi 16 avril dernier, en sa première session ordinaire sous la présidence de Hans Augoula Avoungou, le Conseil départemental d’Etimboué a adopté, au terme de trois heures de débats, quatre délibérations structurantes. La plus ambitieuse : un Plan de développement local (PDL) 2026-2030 doté de 50 milliards de FCFA.

Un moment de la première session ordinaire du Conseil départemental d’Etimboué, le 16 avril 2026. © D.R.
Quinze conseillers présents, quatre représentés par procuration : le quorum atteint, l’assemblée a passé en revue six points sans fioritures. De la dotation budgétaire à la stratégie de financement, le département pose les jalons d’une ambition que la modicité présente rend presque insolente.
Un budget 2026 jugé indigne des richesses du territoire
Les élus ont entériné, non sans amertume, le budget prévisionnel arrêté à 275,31 millions de FCFA par la tutelle port-gentillaise, dotation dénoncée à l’unanimité comme sans commune mesure avec le poids économique d’Etimboué, première pourvoyeuse nationale de richesses (pétrole, gaz, forêt, pêche, tourisme). Sous quinzaine, une note chiffrée partira au ministère du Budget pour réclamer un collectif rectificatif et ouvrir le chantier d’une dotation indexée à deux pour cent des recettes fiscales locales. Dans la foulée, l’institution engage le recouvrement de près de 400 millions de FCFA auprès d’opérateurs défaillants, 60 % visés avant décembre, et commande un diagnostic organisationnel complet, livrable au 31 juillet.
Le PDL, architecture d’une ambition
Conçu sous la supervision du sénateur Georges MPAGA, membre du Conseil, et la coordination du président Augoula Avoungou, le PDL 2026-2030 répond au paradoxe criant d’un territoire de 10 500 âmes, riche de tout et dépourvu de presque tout : 60 villages sans eau ni électricité, un dispensaire vétuste, 80 % du territoire hors réseau. Quatre axes (services de base, capital humain, filières productives, désenclavement) doivent hisser, à l’horizon 2030, l’accès à l’eau et au courant à 95 % et la scolarisation secondaire au-delà de 75 %.
Le financement conjuguera subventions, PPP, PIH, PID, RSE et fonds communautaires, toute nouvelle convention avec les opérateurs extractifs, forestiers, halieutiques et touristiques étant désormais soumise à contribution mesurable au PDL, conformément à l’Exigence 6.1 a) de la Norme ITIE 2023. Offensive de plaidoyer dès avril, table ronde des bailleurs à Port-Gentil avant fin mai, Comité de pilotage installé sous trente jours : 10 milliards sont espérés dès la première année.












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