Exploitation minière : le Gabon veut imposer le modèle «gagnant-gagnant»
Face à la demande mondiale croissante en minerais stratégiques, le Gabon entend défendre une nouvelle approche de l’exploitation minière, fondée sur la transformation locale, la protection de l’environnement et une meilleure redistribution des retombées au profit des communautés. Une stratégie qui vise à rompre avec le modèle de simple exportation des ressources brutes.

Le Gabon mise sur le «Win-Win» pour un développement durable de ses minerais. © D.R.
L’exploitation minière change de visage. Longtemps associée à l’exportation des matières premières et à de forts impacts sur les écosystèmes, elle cherche désormais à s’inscrire dans une logique de développement durable et de partage des bénéfices.
En Afrique, qui concentre près de 30 % des réserves minérales mondiales, notamment en cobalt, lithium et manganèse, les pays producteurs veulent désormais mieux valoriser leurs ressources et renforcer leurs exigences vis-à-vis des partenaires internationaux.
Transformer localement pour créer davantage de valeur
Au Gabon, cette orientation passe d’abord par la transformation locale. L’objectif est de ne plus se contenter d’extraire et d’exporter le minerai brut, mais de développer des activités industrielles capables de créer davantage de valeur sur le territoire national. «Exporter du minerai brut, c’est aussi exporter une partie des emplois, des compétences et de la valeur ajoutée qui pourraient être créés sur le territoire national», soulignent certains experts. La création d’usines de traitement et de transformation doit ainsi favoriser l’emploi qualifié, le transfert de technologies et de compétences, tout en augmentant les recettes fiscales.
Mais le «Win-Win» ne peut se limiter aux seuls intérêts économiques. La protection de l’environnement constitue désormais un autre pilier de cette nouvelle coopération minière. Réduction de l’empreinte carbone, recours aux énergies renouvelables, gestion responsable de l’eau, préservation des sols et de la biodiversité ou encore restauration des écosystèmes sont présentés comme autant d’exigences indispensables à une exploitation durable. Au Gabon, la lutte contre l’orpaillage clandestin occupe également une place importante, cette activité étant accusée de contribuer à la dégradation des cours d’eau, à la destruction des forêts et à la fragilisation de certains territoires.
Des retombées mieux partagées avec les communautés
Reste enfin la question des populations riveraines. Pour le Gabon, une mine ne saurait générer de la richesse tout en laissant les communautés locales à l’écart. Les nouveaux partenariats doivent donc davantage intégrer le contenu local, l’emploi, la formation et le co-investissement dans les territoires.
Les opérateurs sont également appelés à contribuer au financement ou à la réalisation d’infrastructures essentielles, notamment des écoles, centres de santé, réseaux d’eau potable et routes. L’enjeu est clair : faire en sorte que les investissements profitent aux populations au-delà même de la durée de vie des exploitations minières.
















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