TATIE

En termes de pertes d’apprentissage pour les élèves dont les cours ont été interrompus depuis le mois de mars en raison du Covid-19, le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) compare la situation du Gabon à celle du Pakistan après le tremblement de terre de 2005.

Des élèves du Lycée Nelson Mandela de Libreville pendant un cours d’espagnol, Gabon, le 3 février 2020. © RFI/Yves-Laurent Goma

 

Après huit mois sans école, les conséquences seront inévitablement désastreuses sur le niveau des élèves gabonais. En cause, note le Pnud, «l’absence d’options alternatives de fournitures de services éducatifs» proposées par le gouvernement qui a décidé en mars de la fermeture de tous les établissements du pays pour freiner la propagation du coronavirus. Seulement, cette mesure, bien que louable, n’a pas tenu compte des nombreux manquements existants, notamment dans le domaine de l’enseignement à distance.

Dans son rapport sur l’impact de la pandémie dans le pays, le Pnud ne manque d’ailleurs pas de relever les «énormes contraintes de faisabilité» auxquelles fait face l’enseignement à distance au Gabon, alors que les autorités l’avaient présenté comme la solution après la fermeture des salles de classe. L’organisme onusien évoque quant à lui un «manque de plates-formes d’apprentissage, de connectivité, d’ordinateurs, de tablettes», ainsi que «le manque de formation des enseignants et de matériels didactiques numériques».

Au Pakistan comme au Gabon ?

Pour le Pnud, la situation occasionnée par la mesure gouvernementale qui devrait être levée en début novembre prochain «est problématique». Le Programme n’hésite d’ailleurs pas à faire la comparaison avec le Pakistan qui a connu un tremblement de terre en octobre 2005 et qui a vu ses établissements scolaires fermés pendant plusieurs semaines.

«Les leçons apprises du Pakistan, à la suite du tremblement de terre de 2005, montrent que les pertes d’apprentissage à moyen/long termes sont de loin supérieures aux pertes d’apprentissage à court terme du fait de la fermeture temporaire des écoles ; les enfants ayant raté 3 mois de scolarisation ont perdu l’équivalent d’une année et demie de scolarisation au bout de 4 ans après le tremblement de terre», indique le rapport.

De la fermeture des écoles au Gabon, le Pnud voit deux conséquences sur le développement humain : la perte totale de l’année scolaire 2019-2020 et le rattrapage des 3 mois de fermeture entre juillet et octobre 2020 et la jonction directe avec l’année scolaire 2020-2021. «Dans la première variante, prévoit l’analyse, le niveau de développement humain serait de 0,675 en 2020, soit une perte de 3,5% par rapport à 2019 ou de 3,6% par rapport au scénario de référence de 2020, ramenant le Gabon à la situation de l’année 2012, compte tenu des effets à long terme pouvant découler des leçons apprises du Pakistan. Dans la deuxième variante, le niveau de développement humain serait de 0,695 en 2020, soit une perte de 0,7% par rapport à 2019 ou de 0,8% par rapport au scénario de référence de 2020 ; ce qui pourrait ramener le Gabon à la situation de l’année 2016.»

 
GR
 

3 Commentaires

  1. MBOUITY GAËL ANNIE dit :

    Pitié de mon Gabon,

  2. Spiritlighter dit :

    Voici ce qu’on appelle faire des statistiques relative. Mais chez nous, les mémoires restent vraiment des mémoires. Aucune application des observations effectuées.

  3. Gayo dit :

    Depuis que l’ANINF est pris en otage par l’incompétent Alex Bongo qui n’a pourtant pas d’occuper ce poste de direction, les pays moins nantis avancent de manière qualitative dans la numérisation, le Gabon rien. Ali Bongo change les ministres et les directeurs generaux comme ses slips a part Alex Bongo.

Poster un commentaire