Fin des violences à l’école : peut-on vraiment compter sur la police scolaire ?
Alors que des cas de violences et autres incivilités se sont multipliés ces derniers mois au sein et aux abords des établissements, la police scolaire, peu visible sur le terrain depuis sa création il y a près d’un an, a récemment procédé au recrutement de 300 agents supplémentaires. Hier, face au chef de l’État, le commandant en chef des Forces de police nationale, le Général de Brigade Serge Hervé Ngoma, a promis de faire mieux en 2026 pour assurer la sécurité des élèves et lutter contre la flambée du trafic de stupéfiants dans les écoles, aussi bien dans le Grand Libreville qu’à l’intérieur du pays.

Le commandant en chef des Forces de police nationale, le Général de Brigade Serge Hervé Ngoma, le 7 janvier 2026. © Communication présidentielle
Il l’assure, «la petite délinquance, souvent juvénile, demeure une préoccupation constante face à laquelle les Forces de police nationale s’emploient à redoubler d’ardeur afin d’en endiguer le phénomène». Seulement, le commandant en chef des FPN s’est bien gardé d’expliquer la recrudescence ces derniers mois des violences et autres actes d’incivisme enregistrés au sein et aux abords des établissements, alors qu’une police scolaire a été mise en place depuis près d’un an.
À l’occasion de la présentation des vœux de Nouvel An au président de la République, le général de brigade Serge Hervé Ngoma a néanmoins dévoilé, le 7 janvier, les mesures censées permettre à cette unité spécialisée de remplir efficacement ses missions. Signe de la volonté des autorités de consolider ce dispositif, la police scolaire vient d’être renforcée par l’affectation de 300 nouveaux agents. Une montée en puissance qui préfigure une extension progressive du programme à l’intérieur du pays. «Il s’agira, à terme, de prendre en compte l’intérieur du pays, afin que l’action sécuritaire ne se limite pas aux grands centres urbains, mais embrasse l’ensemble du territoire national», a-t-il annoncé.
42 établissements du Grand Libreville concernés à ce jour
Pour rappel, la police scolaire a été lancée avec un effectif initial de 269 agents. Opérationnelle depuis février 2025, elle a pour mission de sécuriser l’environnement éducatif et de prévenir l’enracinement de comportements déviants au sein des établissements. Elle est notamment chargée de «concevoir et de mettre en œuvre un protocole de collaboration sécuritaire permettant un échange permanent avec les établissements scolaires retenus par le ministère de l’Éducation nationale».
À ce jour, 42 établissements du Grand Libreville sont concernés par ce dispositif, qui vise également à améliorer les méthodes d’identification et d’interpellation des élèves impliqués dans des actes ou des réseaux de banditisme. L’objectif affiché est clair : «préserver l’école des dérives qui menacent son intégrité».
Des ateliers de sensibilisation et des échanges avec les parents
Au-delà des murs scolaires, cette nouvelle entité entend aussi s’attaquer aux influences extérieures qui alimentent la délinquance juvénile. «Il s’agit de mettre le grappin sur les individus externes auxdits établissements qui, par leurs agissements, contribuent à favoriser la gangrène de la délinquance juvénile», a insisté le commandant en chef des Forces de police nationale.
Cette approche globale cible aussi bien les trafics de stupéfiants que les vols, les rixes et les violences diverses. Elle repose sur une démarche dite plurielle, combinant actions répressives et prévention. Cette année, des ateliers de sensibilisation seront organisés au sein des écoles, tandis que des échanges seront menés avec les parents, afin de mieux encadrer «ces jeunes englués dans le vice», a promis le Général Ngoma dont les annonces affichent la détermination des FPN à faire de l’école un sanctuaire protégé, tout en inscrivant la lutte contre la délinquance juvénile dans une stratégie durable, inclusive et résolument nationale.
















0 commentaire
Soyez le premier à commenter.