Foncier au Gabon : la société civile interpelle les institutions sur la sécurité foncière
L’Union européenne (UE), en partenariat avec le collectif Tournons la page-Gabon (TLP-Gabon), a organisé une rencontre consacrée aux enjeux fonciers ce jeudi 29 octobre 2026, à Libreville. Les échanges ont réuni plusieurs acteurs, dont des représentants de la société civile, de l’Agence nationale de l’urbanisme, des travaux topographiques et du cadastre (ANUTTC) et de la Société nationale immobilière (SNI).

Photo de famille à l’issue de la rencontre. © D.R.
Placée sous le thème du «Renforcement des capacités des organisations de la société civile sur les plaidoyers et le suivi des recommandations en matière de sécurité foncière au Gabon et dialogue avec les institutions publiques», cette rencontre a permis d’aborder, sans détour, les obstacles législatifs et administratifs qui compliquent encore l’accès à la propriété foncière. Les participants ont également insisté sur la nécessité de consolider le dialogue entre les citoyens, les organisations de défense des droits humains et les administrations compétentes.
Dans ce sens, le directeur juridique et du contentieux de l’Agence nationale de l’urbanisme, des travaux topographiques et du cadastre (ANUTTC), Albin Mombe, a nuancé l’existence de barrières législatives, rappelant que le Gabon dispose déjà d’une réglementation foncière. Selon lui, les démarches d’accès à la propriété reposent sur des procédures engagées auprès des administrations compétentes. Il a également évoqué l’existence de mécanismes permettant de répondre aux difficultés rencontrées par les populations, notamment dans le cadre des opérations de régularisation foncière.
De son côté, le directeur juridique et foncier de la Société nationale immobilière (SNI), Michel Ekami, a présenté les politiques de logement et les actions de régularisation foncière menées par les pouvoirs publics. Il a notamment évoqué plusieurs litiges fonciers ayant connu une issue favorable grâce à l’intervention du ministre en charge de l’Habitat, dont celui du quartier Nzeng-Ayong, qui perdurait depuis plusieurs années.
L’expropriation et les déguerpissements au cœur des échanges
Pour la coordinatrice générale de TLP-Gabon, Blanche Simonny, la persistance des expropriations et des déguerpissements justifie la mobilisation des organisations de la société civile et des structures œuvrant dans le domaine des droits humains. «Personne n’est contre le développement», a-t-elle affirmé, estimant qu’il est essentiel de mieux expliquer aux populations les procédures foncières et les mesures prises par les pouvoirs publics. Elle a, par ailleurs, annoncé la tenue d’un forum avec les institutions concernées, dont la date reste à confirmer au regard des informations communiquées.
Au terme des échanges, le renforcement du dialogue entre les institutions publiques et la société civile apparaît comme un point essentiel pour améliorer la gouvernance foncière au Gabon.
Thécia Nyomba
















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