Ancien ministre du Commerce, élu en 2022 président du Conseil des ministres du Commerce de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), Yves Fernand Manfoumbi a lancé ce vendredi 21 novembre 2025 un vibrant appel aux autorités nationales. Il réagissait ainsi à l’annonce d’un partenariat entre la ZLECAf et Google visant à former 7 500 petites et moyennes entreprises africaines aux compétences numériques et à l’intelligence artificielle. Une initiative à laquelle le Gabon ne participera pas.  

Yves Fernand Manfoumbi, le 7 octobre 2022, à Accra. © D.R.

 

Le programme, baptisé AfCFTA Digital Inclusion & Entrepreneurship Programme, soutenu par la Google Hustle Academy et géré par UpSkill Universe, a récemment été annoncé. Il prévoit des formations gratuites en anglais, en français, en arabe et en portugais, axées sur l’intelligence artificielle, le commerce numérique et les technologies cloud. L’objectif est de renforcer la compétitivité des PME, qui représentent près de 80 % des emplois sur le continent.

Pourtant, le Gabon pourrait bien ne pas en bénéficier. Le pays ne fait pas partie de ceux choisis par la ZLECAf et son partenaire. Alors qu’une étude conjointe de Google et de l’IFC soutient que l’économie de l’Internet en Afrique pourrait atteindre 712 milliards de dollars d’ici 2050.

Le Gabon, grand absent

Si cette initiative est saluée comme une avancée majeure pour l’intégration économique africaine, Yves Fernand Manfoumbi s’inquiète de l’absence du Gabon parmi les pays bénéficiaires. «Je ne peux rester silencieux devant un constat préoccupant : le Gabon ne fait pas partie des pays sélectionnés. Cette absence doit être prise comme un signal d’alarme», a-t-il posté ce vendredi sur Facebook.

Pour l’ancien ministre du Commerce, cette exclusion révèle les faiblesses de l’environnement économique national et la nécessité d’une mobilisation urgente. «Elle révèle l’urgence de transformer notre environnement économique, de soutenir nos entrepreneurs avec détermination, et de rendre notre pays plus attractif pour les initiatives structurantes de ce type», a-t-il insisté.

Dans son interpellation, l’ancien ministre exhorte les décideurs gabonais à agir rapidement, notamment en accélérant les réformes, en renforçant l’écosystème entrepreneurial et en soutenant les PME nationales avec «ambition et constance».

Le potentiel gabonais à valoriser

Yves Fernand Manfoumbi rappelle en effet que le Gabon dispose d’un «potentiel immense», mais qu’il risque d’être marginalisé si des mesures fortes ne sont pas prises. «Ne le laissons pas en marge des grandes dynamiques qui façonnent l’Afrique de demain. Mobilisons-nous pour que nos entrepreneurs aient, eux aussi, accès à ces opportunités décisives», a-t-il lancé.

Sa prise de position s’inscrit dans la continuité de son engagement à promouvoir l’intégration économique africaine, bien que n’ayant pas actuellement de fonction officielle connue dans la haute administration publique. Déjà en 2022, son élection à la présidence du Conseil des ministres du Commerce de la ZLECAf avait été saluée comme un succès diplomatique pour le Gabon. Aujourd’hui, son appel vise à éviter que le pays reste en retrait des grandes transformations numériques qui redessinent l’économie du continent. Il rappelle un enjeu crucial : faire du Gabon un acteur incontournable de la révolution numérique africaine, plutôt qu’un spectateur.

 
GR
 

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